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Festival de courts métrages de Clermont-Ferrand : ça suit son court !

Retour sur la 32e édition du festival de Clermont-Ferrand, fier de sa première place mondiale des festivals dédiés au court métrage.


« Le court-métrage ne roule pas en Cadillac. Le court-métrage ne se coiffe pas avec l’Oréal. Le court-métrage n’a pas de musée. Le court-métrage n’est pas le premier souci du ministre de la culture. Le court-métrage ne remplit pas les palaces. Le fils du président ne s’intéresse pas aux courts-métrages. Le plus grand festival de courts-métrages d’Europe ne se trouve pas au bord de la mer -ni en haut des marches- on n’y attrape pas de coups de soleil. Le court-métrage n’a pas laissé ses traces de pieds dans le ciment de Hollywood Boulevard, ni ses mains (ni son nez). Il n’y a pas de guerre entre le court-métrage d’auteur et le court-métrage grand public. Il n’y a pas de « grand public » de courts-métrages, il n’y a qu’un public sincère. Et pour toutes ces raisons le court-métrage c’est la liberté !!! »

Philippe Pollet-Villard, réalisateur de courts-métrages.

Le festival en court, en large et en travers

Retour sur image sur l'édition 2010

Retrouvez tous les films primés par catégorie

Les heureux festivaliers se sont pressés dans les salles obscures de Clermont-Ferrand du 29 janvier au 6 février dernier. Les plus courageux peuvent enchaîner les séances de 9h30 à minuit non stop. Et l’on peut compter sur la valeureuse équipe de la Médiathèque départementale pour souffrir pour vous !

Les 139.000 spectateurs de tout poil peuvent faire leur choix parmi 68 programmes (soit 365 films) répartis sur 15 salles, la plus grande réunissant quelques 1400 personnes. Pendant dix jours s’enchaînent des projections où alternent petits et grands chefs-d’œuvre, perles d’humour, drames, documentaires engagés, films poétiques, films d’animation créatifs et autres expériences cinématographiques.

Les films en compétition sont répartis en trois sélections : internationale, nationale, et labo. A cela s’ajoutent de nombreux programmes spéciaux.

  • Zombies, vampires et autres morts-vivants ;
  • Rétrospective Maroc ;
  • Regards d’Afrique ;
  • Wapikoni, premières nations ;
  • Courts de rattrapage, hommage à Luc Moullet et Lorenzo Recio ;
  • Court d’histoire : Nuit et brouillard d’Alain Resnais ;
  • Carte blanche à un producteur ;
  • Sélection de courts pour le jeune public ;
  • Minuit rose, le sexe au féminin pluriel –pour un public au regard plus averti–

En complément des projections, deux possibilités :

  • de passionnantes rencontres-débats entre spectateurs et réalisateurs chaque jour en matinée pour les lève-tôt
  • de non moins passionnantes discussions autour d’un verre sous le chapiteau de l’Electric Palace, salle de concert éphémère, pour les couche-tard.

Le festival est également le théâtre de rencontres professionnelles où auteurs, réalisateurs, producteurs et diffuseurs font leur marché.

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Rendez-vous du 4 au 12 février 2011 pour la prochaine édition ! Qui veut venir ?

Six bonnes raisons de participer au festival

1.Le festival reste le meilleur moyen de se tenir au courant de la production contemporaine

2. Pépinière pour le septième art, le court est souvent, pour les jeunes réalisateurs, un tremplin pour le long métrage

3. Le court est un espace de liberté et d’expérimentation qui permet une ouverture aux nouvelles tendances

4. Le festival permet un enrichissement culturel grâce aux rétrospectives consacrées à un thème ou à un auteur

5. Le court métrage n’ayant pas la visibilité qu’il mérite, la présence des vidéothécaires sur le festival permet de repérer les films d’aujourd’hui qui seront les acquisitions de demain

6. Le plaisir des yeux !!!

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Où prolonger ces instants de grâce ?

  • Sur Internet

Sur le site de Bref – le magazine du court métrage

La petite lucarne de Bref et France 3 Rhône-Alpes-Auvergne pour retrouver des interviews, des rencontres, se plonger dans l'ambiance du festival

Sur le site de 6nema pour visionner des courts métrages

  • A la télévision

Arte TV - magazine Court circuit , rubrique Voir et revoir et Courts métrages en ligne

France 3 - Libre court

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Le top ten de la Médiathèque

Autopilot (pilote automatique)

J. B. Herndon – Etats-Unis – 2009 – 13’
Festival Clermont Ferrand

Tout est sur pilotage automatique. Un vélo qui se déplace sans personne qui pédale, des adolescents filment pour mettre la scène sur Internet. La famille de Mark est à la dérive et tente d’échapper à l’ennui, mais la réalité revient au galop. Ce deuxième film du réalisateur fait le portrait d’une famille américaine, victime de la mécanisation du quotidien et de l’absence de communication. L’indolence et le désœuvrement adolescents sont exprimés avec une certaine poésie qui n’est pas sans rappeler certaines scènes d’American Beauty de Sam Mendes ou Paranoïd Park de Gus Van Sant.

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Nyarma

Edgar Bartenev – Russie – 2008 – documentaire – 40’

Gosha est un jeune fermier de 17 ans, qui, malgré son âge, est déjà propriétaire d’un élevage de rennes assez important, dans l’Oural. Amateurs de grands espaces, ce film est pour vous. La rude vie des éleveurs de rennes, partagés entre tradition et modernité, est magnifiquement transcrite, avec un beau travail sur la photographie.

Roos Djaj (têtes de poulet)

Bassam Ali Jarbawi – Palestine, Etats-Unis – 2009 – 14’

Quand sa gazelle, Mish-Mish, tue accidentellement le précieux mouton de la famille, Youssef dissimule les preuves et accuse Max, le chien de son frère. Son père décide d’abattre Max. Youssef se confessera-t-il ou laissera-t-il Max payer à sa place ? C’est à un véritable voyage que nous convie ce film. Odeurs, couleurs chaudes, acteurs excellents donnent vie à cette terre brûlée par le soleil. Il suffit de 14 minutes pour être plongé dans la vie aride de cette famille de bergers : la vie et la mort des animaux, l’opposition des points de vue du père (pas de pitié pour les animaux fautifs, importance du côté commercial de l’exploitation) et de l’enfant (complicité et attachement aux animaux, jeu, rêve).

Sinna Mann (L’homme en colère)

Anita Killi – Norvège – 2009 – 20’

Lorsque la maman-poisson meurt, Boj n’y tient plus. Il trouve dans son imagination la force d’aller de l’avant. Un film sur les secrets qui ne devraient pas rester secrets. La force et l’intérêt de ce film résident dans le sujet abordé : difficile de parler de violence familiale avec subtilité. La technique utilisée, à base de collages animés, renforce encore la sensation de violence et d’âpreté, jusqu’à la leçon finale : parler, accepter de se faire aider pour mieux guérir.

Tomorrow-yeah ! (A toi de jouer !)

Daniela Abke – Allemagne – 2008 – documentaire – 13’

Le basket. Entraînement dans le gymnase, mélange chaotique de bruits de pas, de chaussures qui crissent, du ballon qui rebondit. Les mouvements sont mémorisés, les combinaisons répétées. Le match qui arrive est décisif. En compétition dans le programme labo, ce film en noir et blanc est un hymne à la sensualité. Tous les sens sont sollicités : la prise de son nous fait entrer dans l’ambiance du gymnase ; les corps sont filmés de près, dans l’effort, la tension ou la concentration. Un documentaire sur le dépassement de soi par le sport, avec d’indéniables qualités esthétiques !

L’homme à la Gordini

Jean-Christophe Lie – France – 2009 – animation – 10’

Fin des années 1970, la coutume est de ne porter ni slip, ni pantalon, uniquement des hauts orange. Avec l’aide d’un insurgé masqué en R8 Gordini bleue, Monsieur R et sa femme préparent une révolution vestimentaire. Ce film d’animation sans dialogue est un régal d’humour et de subversion. En 10 minutes, tout système totalitaire est tourné en ridicule. Ce premier film donne envie de se battre pour la liberté vestimentaire dans le monde. Un réalisateur à surveiller !

Adieu général

Luis Briceno – France – 2009 – animation – 5’

Retour d’un Chilien sur le Chili des années 1980, à la fois lucide sur les espoirs face à la dictature de Pinochet et nostalgique d’une époque où les rapports humains étaient solidaires et généreux. Cinq minutes de voix off suffisent pour faire un portrait au vitriol de cette période de l’Histoire, avec humour et autodérision. L’animation, volontairement saccadée, accentue encore le côté absurde du commentaire. Un plaisir dont on aurait tort de se priver !

Zombie-American (Zombie-Américain)

Nick Poppy – Etats-Unis – 2006 – 9’

Voici Glen. Glen aime la lecture, les mots croisés et le basket. Il se cherche une petite amie. Ah, et autre chose aussi, Glen est un zombie-Américain. Bienvenue dans sa vie ! Ce faux documentaire éducatif, tour à tour drôle et émouvant, permettra au public de prendre conscience des difficultés que rencontrent les zombies dans notre société.

La cabale des oursins

Luc Moullet – France – 1991 – 17’

Et si les terrils du nord de la France étaient considérés comme un centre d’attraction touristique, au même titre que le Grand Canyon du Colorado ou les Pyramides d’Egypte ? Vous êtes prêts ? Alors partez dans le monde loufoque de Luc Moullet et laissez-vous guider par sa voix à la diction si particulière qui arrachera un sourire aux plus sombres. Comme à son habitude, le réalisateur triture dans tous les sens une thèse de départ plus ou moins absurde avec tout le sérieux scientifique nécessaire.

Videogioco (Loop experiment – jeu vidéo)

Milkyeyes – Italie – 2009 – animation – 2’

Un événement grotesque et amusant est raconté de manière ludique. Le film dure deux minutes, mais on imagine sans peine le temps qu’il aura fallu pour le préparer. Les personnages s’animent devant nous, sur une immense feuille de papier, grâce à des volets que l’auteur ouvre et referme à toute vitesse afin de créer l’illusion du mouvement. Une prouesse technique et ludique.

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