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Festival d'Annecy 2015

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  • 26-07-2015
  • Cinéma d'animation

Retour sur le festival du film d'animation d'Annecy, mouture 2015 !

Animation annécienne

Dates à retenir

Rendez-vous l'année prochaine, du 13 au 18 juin 2016 !

En attendant, ne manquez pas la fête du cinéma d'animation, au mois d'octobre. Toute structure culturelle peut y participer ! Modalités et inscriptions

Cette année encore, Annecy soigne ses festivaliers avec une sélection de qualité en longs métrages, courts métrages, films TV, films de commande, films de fin d'études, work in progress, honneur aux femmes et à leur place grandissante dans l'animation, hommage à l’Espagne, et une salle de projection entièrement rénovée pour profiter au mieux de tous ces joyaux !

Voici une sélection dans la sélection, en fonction de ce que nous avons pu voir et apprécier pendant ce marathon du cinéma.

Nos chouchous en court, en long et en travelling

Longs-métrages


Avril et le monde truqué

Franck Ekinci, Christian Desmares – Belgique, France – 2015 – 1h41mn

Napoléon V règne sur la France, où, comme partout sur le globe, depuis 70 ans, les savants disparaissent mystérieusement, privant l’humanité d’inventions capitales. Ignorant notamment radio, télévision, électricité, aviation, moteur à explosion, cet univers est enlisé dans une technologie dépassée, gouverné par le charbon et la vapeur. C’est dans ce monde étrange qu’une jeune fille, Avril, part à la recherche de ses parents, scientifiques disparus, en compagnie de Darwin, son chat parlant, et de Julius, jeune gredin des rues. Ce trio devra affronter les dangers et les mystères de ce Monde Truqué. Qui enlève les savants depuis des décennies ? Dans quel sinistre but ?

Certains films nous rappellent que le cinéma est un spectacle, on en sort naturellement avec l'envie de remercier l'équipe qui a travaillé dessus pendant des années (7 ans pour Avril...). C'est le cas ici avec ce film au graphisme magnifique. L'univers de Tardi, reconnaissable entre tous, est très bien servi par une histoire originale, il ne s'agissait pas d'adapter un album existant. Jacques Tardi a été chargé de la conception graphique, les réalisateurs en ont fait une uchronie menée à toute vapeur. L'atmosphère brumeuse et sombre du film invite à une réflexion sur l'usage de la science et du progrès technique.

Cristal du long métrage d'Annecy 2015
Bande annonce et site officiel du film
La page facebook du film

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Phantom Boy

Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli - France, Belgique - 2015 - 1h24. Ordinateur 2D

Un mystérieux gangster défiguré blesse Alex, un inspecteur de police lancé à ses trousses. Immobilisé à l’hôpital, Alex se lie d’amitié avec Léo, un jeune garçon de 11 ans qui possède la faculté de sortir de son corps. Comme un fantôme, invisible de tous, il s’envole et passe à travers les murs.

C’est avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons les personnages et l’univers de Jean-Loup Felicioli et Alain Gagnol. Après Une vie de chat, les réalisateurs se lancent dans une nouvelle enquête policière mâtinée de surnaturel et d’onirisme. Après Paris de nuit, c’est New-York qui sert de décor aux aventures pleines de suspense de nos héros, dans un joyeux mélange de film noir, de réalité et d’imagination enfantine. Le trait reste souple et gracieux, mais le graphisme introduit des touches plus cubistes avec l’homme au visage cassé, à la fois drôle et inquiétant comme certains portraits de Picasso. Si l’humour tient la part belle dans les films des deux complices, Phantom boy évoque le cancer de l’enfant avec émotion et délicatesse. Les pouvoirs de Léo lui permettent de confondre les méchants, mais ils lui montrent également sa famille dans la douleur de le voir malade. Ainsi, grâce à cette fabuleuse trouvaille de la sortie du corps pendant le sommeil (avec un temps limité de « sortie »), on saisit les deux faces de l’héroïsme : le héros qui sauve la ville d’une menace imminente et celui qui combat la maladie. Une réussite de tous les points de vue !

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Sabogal

Juan José Lozano, Sergio Mejia Forero - Colombie - 2014 - 1h46. Ordinateur 2D, Ordinateur 3D, Photos, Vues réelles

Thriller judiciaire qui nous plonge dans un univers visuel hybride et fascinant, où Sabogal, avocat et défenseur des droits de l'homme, enquête sur des crimes contre l'humanité dans la Colombie des années 2000. Un pays en crise et un personnage constamment en danger, qui reste pourtant engagé de façon obsessionnelle dans son combat pour la justice.

Ce film de 106 minutes est inspiré de faits réels et tiré d’une série télévisée animée colombienne en 13 épisodes. C’est un objet cinématographique qui mêle différentes techniques d’animation en un projet pionnier. Si le rendu final tout en clair obscur rappelle un peu Renaissance : Paris 2054 de Christian Volckman dans des tonalités gris-bleu, le film joue sur le mélange de techniques pour argumenter son propos. Seuls les rêves -souvent désagréables- sont en couleurs tranchées et vives, et les prises de vues réelles, photos ou archives convoquent brutalement une réalité sanglante dans cet univers visuel onirique. Si l’histoire est un peu compliquée à suivre pour qui ne maîtrise pas bien l’histoire de la Colombie, on saisit vite l’essentiel. L’atmosphère sombre entretient le suspense, la tension et on baigne en permanence dans le crime organisé, la corruption, les surveillances, les attentats, la suspicion, la peur. Une vraie réussite visuelle que ce film, qui présente également l’intérêt de faire de la politique un sujet à part entière dans un film d’animation définitivement pour les adultes !

Pour aller plus loin

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Tout en haut du monde

Rémi Chayé - Danemark, France - 2015 - 1h20. Ordinateur 2D

1892, Saint-Pétersbourg. Sasha, une jeune fille de l'aristocratie russe, a toujours été fascinée par la vie d'aventurier de son grand-père, Oloukine. Explorateur renommé, concepteur du Davaï, son magnifique navire de l'Arctique, il ne revint jamais de sa dernière expédition à la conquête du pôle Nord. Et à présent, son nom est sali et sa famille déshonorée. Pour laver l'honneur de la famille, Sasha s'enfuit. En route vers le Grand Nord, elle suit la piste de son grand-père pour retrouver le fameux navire.

Voilà un premier long-métrage qui emporte le jeune public vers de grandes aventures ! On retrouve dans Tout en haut du monde le frisson des romans de Jack London et des grands auteurs de romans d’aventures en mer : Conrad, Melville, les récits d’explorateurs aux prises avec une nature hostile. Ce sont des personnages au caractère bien trempé qui évoluent devant nous : Sasha, intrépide et têtue, Olga, la tenancière à poigne et tout l’équipage du bateau, du ténébreux capitaine au mousse naïf. Sont parfaitement rendus les grands sentiments qui animent chacun, les difficultés face à la nature, les relations humaines en terre hostile, la gestion des vivres qui viennent à manquer, la mutinerie qui couve quand l’espoir s’éloigne, la foi dans la quête envers et contre tous, sans oublier l’humour qui resurgit quand on ne l’attend plus. La relation complice entre le grand-père absent et sa petite-fille est belle, malgré quelques invraisemblances. Ce qui frappe surtout dans Tout en haut du monde, c’est l’animation : fluide et basée sur de grands aplats sans texture mais jouant sur des dégradés de couleurs, souvent sans trait, pour faire fonctionner l’imagination du spectateur. Un délice acidulé et galvanisant !

Prix du public.
Le blog du film
Le blog de Rémi Chayé
Extraits de films de Rémi Chayé sur Vimeo

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Courts-métrages

Birth

Signe Baumane - États-Unis, Italie - 2009. 12 mn. Dessin sur cellulos, Ordinateur 2D

Amina a 17 ans. Elle est enceinte et a peur de l'accouchement. En quête de réconfort, elle va questionner des femmes plus âgées, dont les histoires ne font que l'effrayer plus encore.

Envie d’un film humoristique autour de la naissance ? Birth vous comblera ! Malgré le dessin naïf, le propos est souvent cynique, et cette pauvre jeune fille ignorante provoque l’occasion de dévoiler une multitude de non-dits et d’aigreurs féminines. Les images sont parlantes et hilarantes : l’éléphant poussé vers la petite porte de sortie rend bien compte des difficultés de l’accouchement ! La relation mère/enfant n’est pas épargnée : une fois né, le bébé se montre très autoritaire avec sa jeune mère, qui approuve tout sans réserve…

Voir le film (VO non sous-titrée) 

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Dans les eaux profondes

Sarah Van Den Boom - France, Canada - 2015 - 12 mn. Ordinateur 2D, Photos, Techniques diverses

Dans le ventre de leur mère, les jumeaux en développement tissent des liens étroits dès les premières minutes de leur conception. Mais que se passe-t-il lorsqu’un seul d’entre eux se rend à terme ? La vie du jumeau survivant reste à jamais marquée par ce deuil profond.

Voici un petit film qui a tout du grand. Sarah Van Den Boom nous avait déjà touchés avec son film précédent, la femme squelette, mettant en scène une femme en proie au doute au sujet de son couple. Aujourd’hui elle nous bouleverse avec ce film délicat sur le deuil incompris d’hommes et de femmes qui sentent que quelque chose leur manque sans savoir quoi. Avec ces personnages aux vies très différentes, on découvre ce nouveau type de deuil qui entraine en amour des comportements très fusionnels, des personnes à la sensibilité exacerbée redoutant la solitude et l’abandon. Ces récits très introspectifs sont l’occasion de montrer de belles relations entre une mère et son fils, notamment. Le mélange des techniques d’animation et de prises de vues réelles pour concrétiser les décors apporte une touche d’étrangeté qui brouille les frontières entre ressenti et réalité, et place les personnages dans un monde où sentiments et raison s’entremêlent. Un film magnifique et bouleversant, et une réalisatrice à suivre !

Interview de Sarah Van Den Boom et bande annonce

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Guida

Rosana Urbes - Brésil - 2014 - 12 mn. Dessin sur papier

Guida, une dame douce qui travaille depuis 30 ans comme archiviste pour le tribunal de la ville, change sa routine ennuyeuse en voyant une petite annonce pour un cours de dessin d'après modèle vivant donné dans un centre culturel.

Ce court-métrage est une sorte de manifeste : la réalisatrice, qui a travaillé dans les studios Disney, souhaite aujourd’hui promouvoir son style à elle, tout en sepia et aquarelle douce et chaude. Tout est dit par le dessin : il s’anime devant nous, le grain du papier canson reste visible, les personnages bénéficient d’une parfaite liberté sur l’écran, aucun dialogue ou voix-off ne vient troubler la pureté du message qui nous est délivré. Et quel message ! La vraie vie commence lorsqu’on s’accepte soi-même, on peut trouver bonheur et liberté grâce à l’art, et le vieillissement est aussi un bel âge de la vie. Une bien belle leçon de vie !
Prix de la première œuvre

Interview de la réalisatrice
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Nuggets

Andreas Hykade - Allemagne - 2014 - 6 mn. Dessin sur papier

Kiwi goûte une pépite d'or. C'est délicieux.

Au début, on croit voir un petit film sympathique et sans prétention, mais nous voilà devant un film très dur qui utilise la simplicité pour dénoncer les méfaits de l’addiction, quelle qu’elle soit. Il suffit d’un décor minimaliste (une ligne noire sur fond blanc, un oiseau qui avance, des pépites dorées sur le chemin), d’une musique douce et d’un simple jeu de couleurs pour nous faire prendre la mesure de la dépendance et de la déchéance qui l’accompagne invariablement. L’effet de la drogue est de plus en plus court, la chute de plus en plus rude, l’environnement s’assombrit. En quelques minutes, on saisit ce mécanisme universel et on tend à s’interroger sur ses propres addictions : à chacun sa pépite…

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Passages

Marie-Josée Saint-Pierre - Canada - 2008 - 25 mn. Ordinateur 2D

Ce court métrage d'animation raconte le premier accouchement de la réalisatrice Marie-Josée Saint-Pierre. La cinéaste a découvert avec beaucoup d’émotion qu'elle était enceinte de son premier enfant. Elle attendait avec tout son amour ce petit ange, loin de se douter que son accouchement serait un réel cauchemar, tournerait au drame et qu'ils se retrouveraient, son bébé et elle, aux frontières de la mort.

Ce qui commence comme une gentille fable sur le bonheur d’être enceinte tourne rapidement à la dénonciation incisive du système de santé canadien où il ne fait pas bon accoucher en été, période de sous-effectif et de négligence criants. La mère et son enfant ont frôlé la mort, et il n’est pas certain que Fiona puisse marcher un jour. Le film privilégie la sobriété pour ce sujet délicat, avec une animation presque naïve : tout se déroule sur fond noir, les personnages sont détourés par un trait blanc qui ne dévoile pas leur visage. Le personnel médical, tout-à-tour clown, robot, animal sauvage, n’a pas droit à la parole : tout passe par le filtre de la voix-off de Marie-Josée Saint-Pierre, qui déroule calmement son pamphlet pourtant impitoyable. Un film-témoignage fort en émotions, à voir absolument !

Passages est le cinquième film de Marie-Josée Saint-Pierre

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Pierre et le Loup

Suzie Templeton - Grande-Bretagne, Pologne - 2006 - 33 mn. Marionnettes

Bravant l'interdiction de son grand-père, Pierre s'aventure dans la forêt. Avec l'aide d'un oiseau farceur et d'un canard rêveur, il trouve le courage de capturer le loup. (d'après l’œuvre de S.Prokofiev)

Librement inspiré de l’œuvre de Sergueï Prokofiev, Pierre et le loup est un petit bijou filmé en animation image par image. La réussite de cette version cinématographique tient à son atmosphère, que magnifie l'artisanat des marionnettes. Associée à la musique de Prokofiev, l'absence de dialogues donne à l'intrigue minimale une grande puissance dramatique. Suzie Templeton livre une version remarquable, originale et personnelle, du conte musical. Pas de narration, juste la musique pour faire danser les images et porter le spectateur dans un univers poétique et réaliste.

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Uncanny Valley

Paul Wenninger, France, Autriche - 2015 - 14’. Pixilation

Nous sommes projetés en plein combat dans les tranchées de la première guerre mondiale. Deux jeunes soldats luttent pour leur survie, la terreur se lit sur leur visage. Explosions, chaos, brouillard : à chaque tir, ils se recroquevillent.

La technique utilisée dans ce film, la pixilation, nous projette avec force dans la réalité des combats. Cette technique de prise de vues réelles image par image donne à la fois un côté fluide et entrecoupé à l’action, et la peur est parfaitement rendue par les mouvements accélérés et saccadés des deux hommes. Il suffit de quelques minutes pour ressentir l’intensité psychologique et physique de ces séquences qui s’apparentent à un cauchemar hypnotique. La pirouette de fin annihile la distance temporelle qui existe entre nos vies quotidiennes et la première guerre mondiale. Chapeau bas pour ce film qui dit tout sans un seul dialogue !

Les p’tits déj du court avec le réalisateur
Bande annonce

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Zepo

Cesar Diaz Melendez - Espagne - 2014 - 3 mn. Animation de poudres

Un matin d'hiver, une petite fille sort ramasser du bois pour le feu. Lorsqu'elle s'éloigne de sa maison, elle se retrouve sur un chemin ensanglanté... et elle le suit.

L’animation est aussi belle que le film est violent. Sans une parole, malgré la beauté de l’animation de sable, on assiste impuissant à un double meurtre, inattendu et gratuit. Encore un de ces films qui nous surprennent et nous confirment que tous les sujets peuvent être abordés en animation !

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