Affinités sélectives

Retour sur « Jeunesse quoi de neuf 2021 », une coopération BIB77 / Médiathèque départementale

La presse jeunesse sur le devant de la scène !

Cette année nous avons été accueillis virtuellement mais chaleureusement par le Centre National de la Littérature Jeunesse de la BNF et son formateur Christophe Patris pour une journée consacrée à la presse jeunesse.

Toutes les bibliothèques proposent des revues pour la jeunesse, mais nous les traitons souvent machinalement et leur laissons vivre leur vie auprès des lecteurs. Cette journée nous a donné envie de passer plus de temps à les découvrir et à les valoriser par la richesse des échanges et des sujets abordés : historique, panorama des titres connus ou plus originaux, tendances actuelles, place du numérique, contraintes (place, budget, temps), médiation.

Le saviez-vous ?

  • La presse jeunesse française est unique au monde par la qualité de ses titres et la disparité des thématiques proposées.
  • Elle est le miroir des enfants et le témoin de leurs attentes à un instant T.
  • Elle plaît énormément aux jeunes jusqu’à 13 ans. Après hélas, comme pour les livres, elle est un peu moins lue.
  • C’est toujours l’indétrônable « J’aime Lire » qui est la revue jeunesse la plus vendue.

Un peu d’histoire…

Le premier titre et le plus lu encore aujourd’hui est Le Journal de Mickey (1934) suivi de près par Le Journal de Spirou (1938), son ADN est donc directement relié à la bande dessinée.

Suivront plusieurs évolutions successives : l’arrivée de la presse d’éducation et de moralisation (Perlin et Pinpin, Pomme d’Api), la presse documentaire (Wapiti, Images Doc, La Hulotte, etc.), la presse d’actualité (Astrapi, Petit quotidien, Dong !, etc.), les titres pour les tout-petits (Popi, Picoti, Youpi, etc.), et la naissance de la presse indépendante. L’offre d’aujourd’hui est protéiforme et complémentaire.

Un modèle économique très particulier

Des grands groupes se partagent ce marché : Bayard, Milan, Fleurus, Disney Hachette, au gré de rachats et de fusions. Autour de ces éditeurs incontournables, gravitent tout de même de plus petits éditeurs, voire une offre indépendante.

Le modèle économique est celui de l’abonnement et du chaînage (les titres se suivent pour accompagner le même enfant de la petite enfance à l’âge adulte). Ce système a été mis en place par Bayard, éditeur catholique présent depuis la fin du 19ème siècle.

Et le numérique ?

Les ressources numériques dans la presse jeunesse viennent surtout enrichir les titres existants. Par exemple, la plateforme BAYAM (de l’éditeur Bayard) propose des jeux, des coloriages, des podcasts ou des documentaires interactifs qui complètent l’offre papier.

La presse d’actualité et d’information (comme Le Monde des Ados, 1 jour 1 actu, Sciences &Vie Junior, Albert, etc.) offre des contenus numériques sur leur site internet (parfois gratuitement) qui ont une valeur ajoutée très intéressante.

A noter également que les « kiosques en ligne » cafeyn, epresse.fr ou pressreader permettent de s’abonner et d’accéder à des titres de presse jeunesse.

Quelle veille pour ce fonds ?

Il y a peu d’outils de veille pour les professionnels.

Cependant la Revue des livres pour enfants propose à chaque numéro une sélection presse jeunesse, avec une présentation des nouveaux titres et des articles thématiques.

D’autre part, le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse est le rendez-vous incontournable pour aller à la rencontre des éditeurs de presse et découvrir leurs titres.

Et la médiation dans tout ça ?

  • Si vous gardez vos anciens numéros, ils peuvent vous servir pour aborder avec les enfants la notion d’époque, de temps qui passe, en les comparant avec des numéros actuels.
  • Il peut également être intéressant de présenter de nouveaux abonnements lors d’accueils de classes avec la lecture d’articles et le prêt d’un numéro à l’enseignant.
  • Certaines revues peuvent servir pour des rencontres thématiques : la revue Phileas & Autobule propose un dossier consacré à la médiation ; la revue Popcorn permet de prévoir des animations sur le cinéma ; les éditrices de la revue Georges proposent des ateliers créatifs et des mallettes ; la presse animalière est très intéressante à utiliser en comparant les types d’animaux présentés dans des revues différentes…
  • La presse jeunesse peut servir pour initier à la démarche journalistique : création d’une « Une » à partir de différents journaux, revue de presse faite par les enfants.
  • L’Education aux Médias est évidemment un axe de médiation très présent, à faire avec expertise et en étant formé aux enjeux (le CLEMI est un des organismes de référence sur le sujet).
  • Les anciens numéros désherbés peuvent être utilisés lors d’ateliers créatifs, ils deviennent alors autre chose, peuvent permettre de recréer des histoires.

Il y a beaucoup à inventer à partir de ce fonds ! Et ne pas oublier de valoriser les créations des enfants, sur les réseaux sociaux par exemple.

Si vous souhaitez explorer cette thématique en profondeur, le Centre National pour la Littérature Jeunesse propose une formation sur 3 jours sur cette thématique : La presse jeunesse, de la collection à la médiation. Vous pouvez également vous rendre à la BNF, dans la salle I du CNLJ pour découvrir la collection de périodiques (environ 70 abonnements à la presse jeunesse).

La Commission jeunesse de Bib77 vous propose tout au long de l’année des rencontres sur l'actualité éditoriale, une journée professionnelle en partenariat avec la Médiathèque départementale sur l’édition jeunesse et sa médiation, et surtout des échanges conviviaux sur nos pratiques professionnelles.

Pour plus d’information : rendez-vous sur la page facebook de Bib77.