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Des oreilles ouvertes aux musiques contemporaines

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  • 04-03-2015
  • Formation Ecoutes Actives

Provoquer des rencontres entre adolescents et musiques insolites.

Deux collèges s’impliquent en 2015 dans le cycle des Ecoutes actives. Sept classes vont suivre un parcours ponctué par un concert, des écoutes et une rencontre en juin avec deux compositeurs : Bernard Cavanna et François Sarhan. Bibliothécaires et enseignants, avant de se lancer dans la transmission de cette création contemporaine, étaient invités lors d’une journée à expérimenter par eux-mêmes cette entrée en musiques contemporaines.

Vous trouverez ci-dessous les pistes esquissées par Sylvie Cohen et François Cotinaud, musiciens, pédagogues, concepteurs et intervenants sur les cycles Ecoutes actives.

Des musiques contemporaines pour les ados

A la rencontre de la création musicale contemporaine

orchestre


Dans un premier temps, on peut réfléchir avec les jeunes autour de quelques mots et leurs évocations sous la forme d’un brainstorming : à quoi pensent-ils spontanément quand on dit « contemporain » ou « création contemporaine » ?

La musique contemporaine s’articule volontiers entre : Ecouter / Voir, Ecouter / Expérimenter, Commenter / Questionner.

Pour aller plus loin, l’entretien avec Matthias Pintscher, directeur artistique de l’Ensemble Intercontemporain, explore une démarche de chef d’orchestre dans un nouveau rapport à l’écoute : Composer et diriger

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Pour comprendre le passage vers une autre façon d’écrire la musique, quelques propos…

Satie debussy ravel


Claude DEBUSSY (1862 - 1918)

Debussy incarne le passage de la musique académique à une musique où la tonalité se déconstruit ou se dépolarise. Quelques uns de ses propos illustre son audace :

« Le bruit de la mer, la courbe d’un horizon, le vent dans les feuilles, le cri d’un oiseau déposent en nous de multiples impressions. Et, tout à coup (…), l’un de ces souvenirs se répand hors de nous et s’exprime en langage musical. »

« J’entrevois la possibilité d’une musique construite spécialement pour le « plein air », toute en grandes lignes (…) qui planeraient joyeusement sur la cime des arbres. (...) Il ne s’agit pas de travailler dans le « gros », mais dans le « grand » (…) Il me semble qu’il y a là du rêve pour les générations futures. Pour nous autres contemporains, j’ai bien peur que la musique continue à sentir un peu le renfermé. »

“Ce que je voudrais faire, c’est quelque chose de plus épars, de plus divisé, de plus délié, de plus impalpable, quelque chose d’inorganique en apparence et pourtant d’ordonné dans le fond...”

« - Émile Réty : Ainsi, vous prétendez que les accords dissonants n’ont pas à se résoudre en consonances ? Qu’elle est donc votre règle ?
- Claude Debussy : Mon plaisir !
- Émile Réty : Quel plaisir peut-on prendre à des dissonances ?
- Claude Debussy : Dissonances aujourd’hui, consonances demain ! » (extrait de … ?)

Edgar VARÈSE (1883 - 1965)

Pour Varèse, composer c’est organiser les sons dans le temps. Il se libère de l’histoire pour laisser aller l’oreille.

« Le matériau brut de la musique est le son. »

« La musique a finalement décidé de se servir de son oreille et non plus seulement de sa mémoire. » « L’oreille intérieure est l’étoile polaire du compositeur »

Olivier MESSIAEN (1908 - 1992)

En réponse à certaines critiques lui reprochant de jouer à l'église ou de composer pour elle rythmes et couleurs qui ne conviennent pas, il ajoute :

" Ces gens (...) attendaient de moi une musique douceâtre, vaguement mystique et surtout soporifique. En tant qu’organiste j'ai le devoir de commenter les textes propres à l’Office du jour. Ces textes exaltent des vérités très différentes expriment des sentiments très différents et suscitent des grâces très différentes, suivant la couleur spéciale du temps dont l’Office fait partie. Prenons simplement le Psautier : croyez-vous que le psaume dise des choses vagues et douceâtres? Le psaume hurle, gémit, rugit, supplie, exulte et jubile tour à tour".

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Déroulé des écoutes actives

Artistes et oeuvres

Kino1


DEBUSSY

  • Jeux (1913 au Théâtre des Champs-Elysées) : tournant décisif dans la composition musicale

La même année,
STRAVINSKY

  • Le Sacre du Printemps : nouvelles approches rythmiques

SCHOENBERG, 2e Ecole de Vienne

  • Livre des jardins suspendus (1908), Pierrot Lunaire (1912)

VARÈSE

  • Ionisation (1931) : première oeuvre pour percussions seules

BARTOK

  • Contrastes (1938)

MESSIAEN
Nouveaux systèmes compositionnels

  • Quatre études de rythme (1949)
    • Louange pour l’immortalité de Jésus (1940)
      • Quatuor pour la fin du temps (1940)
        • Un vitrail et des oiseaux (1986)

Avant le repas, nous avons expérimenté un atelier sonore : A partir de différents instruments de percussion et de consignes simples ( direction de chef d’orchestre sous la forme de sound painting, un trait court pour une note brève, un cercle pour une minute de jeu, laisser résonner le son de l’instrument ou le contenir etc…). L’enjeu était d’apprendre à écouter les autres, à jouer ensemble, à appréhender le rapport aux sons.

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Coup de projecteur sur François Sarhan

François Sarhan

François Sarhan

Compositeur, interprète et artiste pluridisciplinaire français né le 30 septembre 1972 à Rouen.

Après un cursus académique classique auprès notamment de Jonathan Harvey, Magnus Lindberg, Philippe Manoury, Tristan Murail et Guy Reibel, ainsi qu’un premier prix d’analyse (1999) et de composition (2000) au Conservatoire de Paris, François Sarhan crée un univers artistique protéiforme. Fondateur en 2002 de crWth, structure de production de théâtre musical et de concerts, il conçoit des spectacles (King Lear, 2010), réalise des films d’animation et des vidéos (Home Work, 2011) et participe à diverses manifestations autour de la danse, du théâtre…

En tant que compositeur, il s’illustre dans tous les genres : orchestre (Dibbuk, 2010), musique de chambre (Bobbok pour quatuor à cordes, 2002), opéra de chambre (Kyrielle du sentiment des choses, créé au Festival d’Aix-en-Provence en 2003), musique électronique (Les demoiselles du Docteur Krü pour une chorégraphie d'Anja Hempel, 2004), musique mixte (Testimony pour narrateur, instruments solistes, ensemble amplifié et sons enregistrés, 2007). Ses œuvres sont souvent regroupées en cycles, tel celui de La fleur inverse inspiré par le poète Jacques Roubaud, dont il suivit les séminaires à l'École des hautes études en sciences sociales. Artiste pluridisciplinaire, François Sarhan est l’auteur de l’Encyclopédie du professeur Glaçon, recueil surréaliste d’articles et d’illustrations fictifs sur divers sujets, fondement d’une série de spectacles, conférences et expositions. vu par CDMC (centre documentation de la musique contemporaine)

A écouter et voir :

Homework

Homework II

L’imagination

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Coup de projecteur sur Bernard Cavanna

Bernard Cavanna

Bernard Cavanna

Compositeur français né en 1951 à Nogent-sur-marne.

Principalement autodidacte en matière de composition, Bernard Cavanna est encouragé dans cette voie par Henri Dutilleux, Paul Méfano et Georges Aperghis. Il est fortement influencé par la musique et la pensée du compositeur roumain Aurèle Stroë. Sa musique se distingue esthétiquement par un éclectisme associant veine populaire, legs romantique et traditions modernes savantes. Parmi ses œuvres citons Io (1980), La confession impudique (1988), Fauve (1994), Messe, un jour ordinaire (1994), Concerto pour violon (2000), Trio avec accordéon n° 2 (2004), Shangaï concerto (2007), Zaïde actualités (2005), Trois strophes sur le nom de Patrice Lumumba (2008). Il a également travaillé pour le théâtre, la danse et le cinéma. Il dirige l’École nationale de musique de Gennevilliers depuis 1987 et préside l’ensemble 2e2m.

A écouter et voir :

Un entretien avec Bernard Cavanna et sa relation avec l’accordéon.

Un lied de Schubert transcrit pour trio par Bernard Cavanna.

Concerto pour violon

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Quelques repères

Partition1


François Sarhan et Bernard Cavanna,  compositeurs contemporains à l'affiche, ont eu aussi des précurseurs et des pairs :

Helmut LACHENMANN (1935 - )

Fassade (1973-87)

Gérard PESSON (1958 - )

Nebenstück (filtrage d’une sonate de Brahms) (1998)

John CAGE (1912 – 1992)
Du côté de l’ œuvre ouverte, de la révolte, du hasard et de l’aléatoire. C’est un courant proche d’un Manifeste. Pour en savoir plus sur ce « Génie ingénu », voir son Discours sur rien (1949)

Pour l’écouter :

Water walk (1960) :
Version originale de Water walk précédée d'une interview d’époque.

Version contemporaine avec Samuel Bore.
Il est aussi intéressant de jeter un œil sur ses partitions .

Steve REICH (1936 - ) et la musique répétitive à la limite de la transe dans un rapport renouvelé aux musiques primitives, du côté des microcellules rythmiques en mouvement.

Piano phase revu par Anne Teresa de Keersmaecker dans sa création chorégraphique Fase .

Du côté du Théâtre musical, on découvre la libération du corps, du langage, la vocalité, l’humour et une autre occupation de la scène.

Thierry DE MEY (1956 - )

Musique de tables (1987) par l’Ensemble Intercontemporain.

Mauricio KAGEL (1931 – 2008)

Pas de cinq (1965) par l’Ensemble Intercontemporain.

Georges APERGHIS (1945 - )

Récitations (1977-78)

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Voir aussi

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