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Rencontre avec Jacques Roubaud

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  • 29-09-2009
  • A Voix vives

Jacques Roubaud écrit les Fastes du Daïmon autour de l'exposition de Jean-Paul Marcheschi au Musée de la Préhistoire d'Ile-de-France de Nemours.

Programme


Informations pratiques

Samedi 19 septembre à 18h00

Musée de la Préhistoire d'Ile-de-France

Pour adultes et jeunes à partir de 15 ans. Entrée libre

Le 29 septembre dernier, plus de quatre-vingt perosnnes se sont déplacées pour venir écouter Jacques Roubaud au Musée de la Préhistoire de Nemours. Nous étions installés dans la salle d’exposition, au milieu des œuvres de Jean-Paul Marcheschi. Jacques Roubaud est entré, a déposé son inséparable sac Big Shopper au pied de la table et s’est lancé devant nous vers rien de facile en perspective. Il souhaitait nous faire entrer dans sa démarche de composition poétique, plus exactement nous inviter à suivre son cheminement pour définir de nouvelles règles poétiques, celles du trident et de la pharoïne, plongée franche, selon lui, dans l’univers de la création marcheschienne.

Avec humour, Jacques Roubaud a dévoilé les recherches mathématiques récentes sur le Jeu de Faro, cher aux joueurs de cartes, aux magiciens, aux tricheurs et aux détectives qui tentent de les démasquer. Une légende veut que le nom de ce jeu soit une déformation du mot « Pharaon », dont un portrait prétendu apparaissait au XVIIè siècle sur les cartes françaises, pour représenter le Roi de cœur. Le Pharaon noir tient une place privilégiée chez Marcheschi : Roubaud a donc inventé, pour lui, la pharoïne qui impose des disparitions ou apparitions de successives de vers comme autant de cartes apparaissent ou disparaissent d’un jeu.

Le trident est quant à lui une forme brève comme son nom et sa résonance avec le chiffre trois, l’indiquent presque. Il est l’outil incontesté du Daïmon, figure qui appartient, comme les héros, à une classe d’êtres situés dans un entre-monde, entre celui des humains et celui des dieux. Les Daïmons envoient les songes aux hommes et c’est à eux que l’on adresse les purifications. Jean-Paul Marcheschi avec son pinceau de feu, dans son atelier sous-terrain, jouant à maîtriser le ciel, la terre et l’eau, est bien le Daïmon de nos temps modernes.

Nous sommes repartis avec le sentiment d’avoir goûté à une pensée complexe en grande simplicité. Notre guide avait été à la hauteur, n’abandonnant personne sur sa route et traçant à sa façon, par la vie qu’il crée, une entrée dans ces Projets, celui du peintre et celui du poète.

Si vous n’étiez pas au rendez-vous, vous pouvez rejoindre l’aventure en visitant l’exposition jusqu’en février, en découvrant le livre Les Fastes aux éditions Lienart et les autres textes de Jacques Roubaud. Une malle spéciale Jacques Roubaud a été constituée par la Médiathèque départementale. Bon voyage ! .

Présentation de l'auteur


Jacques Roubaud

Compositeur de poésie, retraité de la mathématique, Jacques Roubaud a été coopté à l’Oulipo en 1966 sur proposition de Raymond Queneau. Co-fondateur de l’Alamo avec Paul Braffort, Jacques Roubaud a ouvert en 1989 avec le Grand Incendie de Londres un long cycle de prose, entreprise qui constitue son « projet, regardé et raconté par [lui] ».

Inventeur de plusieurs contraintes (dont le « baobab » et le « haïku oulipien généralisé »), il est l’auteur du premier « voyage », suite du Voyage d’hiver pérecquien, le Voyage d’hier, préparant la voie au premier roman collectif de l’Oulipo.

Il est l’un des traducteurs de la « Bible des écrivains » publiée en l’an 2001 par les Éditions Bayard et par ailleurs, jusqu’en 2001 a été directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Un état plus complet et « provisoirement définitif » de sa biographie – établi par Pierre Lusson – se trouve dans les Cahiers de poétique comparée No 49, p. 389.

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