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Ils lisent, ils écrivent, ils jouent

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  • 18-06-2012
  • A Voix vives collèges

« Le théâtre, c’est pas que pour les intellos ! » déclame joyeusement un collégien.

Karin Serres et Luc Tartar, deux auteurs dans les collèges


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Ils étaient attendus de pied ferme par les collégiens. Depuis janvier, l’aventure des A voix vives était lancée pour neuf collèges de Seine-et-Marne. Les professeurs avaient participé à une journée de formation avec la Compagnie Bouche Bée. Des comédiens étaient venus lire une pièce devant les élèves. Ces derniers avaient, à leur tour, lu les pièces au Cdi et en classe, les professeurs les avaient accompagnés dans ces découvertes littéraires. Restait le temps de la rencontre avec les auteurs. Et voici le joli moi de mai ! Karin Serres ne dirait pas cela, ayant dû braver les pluies torrentielles à Meaux et patauger avant d’atteindre le collège mais qu’importe ! L’enthousiasme chaleureux des jeunes a vite séché les chaussures.

Des collégiens inventifs pour des rencontres singulières


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Chaque rencontre a eu son lot de surprises pour nos deux auteurs. Quelques saynètes écrites par les élèves resteront dans leur mémoire : celle des rapports parents-enfants, des étiquettes que l’on colle sur les autres -du geek au gothique, en passant par l’intello- et la cerise sur le gâteau celle du coup de foudre. Qu’est-ce qu’un coup de foudre ? Le savez-vous, Monsieur Tartar, vous qui écrivez sur le langage amoureux ? « C’est comme un manège : au début, tu fais le malin et après, tu tombes ». Karin Serres s’est vue accueillie en star par ses petits bonhommes verts et rouges… Et les questions ont fusé. Les auteurs ont répondu, relancé le dialogue avec les jeunes. Et quelques idées reçues sont tombées : non, il ne faut pas avoir de l’imagination pour devenir écrivain, il faut juste apprendre à écouter ce que l’on a dans la tête. Non, écrire, ce n’est pas attendre que tombe l’inspiration mais c’est un entraînement identique à celui d’un sportif : il faut écrire beaucoup et parfois on ne garde que les mots qui disent au mieux l’histoire qui est née en vous. Non, il ne faut pas avoir des parents écrivains pour le devenir soi-même ! Non, on n’écrit pas que la nuit à la lueur de la chandelle, on peut travailler un texte de 8h à 18h comme un autre travail. Non, on n’écrit pas d’un coup, tout juste. L’auteur est celui qui produit le plus de brouillons avant d’arriver à quelque chose qui tienne… Non, tous les écrivains ne se ressemblent pas : il y en a qui plongent dans leur quotidien, d’autres qui ne parlent que de mondes imaginaires, d’autres qui partent de rythmes, de mots. Il y a ceux qui ont un cinéma dans leur tête, d’autres plutôt une radio… Non, on n’est pas obligé de trouver un sens unique à un texte, il y a souvent plusieurs significations et même certaines qui entrent en contradiction les unes avec les autres. C’est comme dans la vie où souvent il n’y pas qu’une seule solution. Non, on n’est pas obligé de penser tous la même chose… Au théâtre, différentes mises en scène donnent différentes versions d’une même pièce. Ce qui importe c’est que l’écrit devienne vrai pour les lecteurs, devienne ce que les lecteurs vont imaginer, que les langues, les langages inventes résonnent. Bref, il se produit au moment du départ un frisson joyeux. Ecrire semble rendre heureux, lire aussi, et bizarrement c’est ouvert à tout le monde ! On a bien fait de venir !

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