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Manger, réciter, regarder avec J. Jouet et J. Roubaud

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  • 23-10-2012
  • A Voix vives

Une soirée haute en couleurs !

Goûter en couleurs …

Livre en couleur

Dès 17h, tout était prêt pour accueillir l’oulipien Jacques Roubaud. Jacques Jouet avait sorti son automobile pour l’occasion et jouait au chauffeur. Le ciel avait sorti ses couleurs : un arc en ciel simple ou double selon les témoins saluait l’arrivée des oulipiens. Et comme deux ne va pas sans trois, ils furent trois : JJ et JR et Marcel Bénabou en invité surprise !
Dans l’atelier de Jacques Jouet, nos déclinions aussi les couleurs car nous savions que Jacques Roubaud les utilise pour écrire : noir, bleu, vert, violet, cyan…Jetez un œil sur les volumes de La Dissolution, de Tokyo Infra ordinaire et de L’Ode à la ligne 29 des autobus parisiens, qui paraît aux Editions Attila, avec de très belles couvertures réalisées par les élèves de l’Ecole Estienne !
Une brioche six couleurs et une boisson trois couleurs attendaient donc nos poètes avant des mets salés et après leur tour du Parc. Les bibliothécaires aussi savent s’amuser...

Soirée riche en poèmes et pas seulement

JRoubaud

Jacques Jouet a ensuite pris les choses en main et de main de maître. Il a orchestré la rencontre et ouvert le bal en récitant un poème du recueil dont le titre est le signe « appartenir ». Il a ensuite provoqué un trio avec Marcel Bénabou pour nous faire découvrir la contrainte du Baobab et la lecture d'un tel poème à trois niveaux de voix…moment d’improvisation exceptionnel et risqué…. Puis les échanges ont été ponctués par d’autres temps de lecture. Ainsi Jacques Roubaud a t-il lu en avant-première quelques poèmes de son nouveau recueil Ode à la ligne 29. Le fil rouge culinaire a même été inconsciemment suivi : avec quelques pages du Grand Incendie de Londres sur le croissant parisien et sur la fabrication de la gelée d’Azerolles, seule la root beer n'était pas au menu, faute de temps…D’autres surprises nous attendaient : trois opéras revus par Roubaud, projetés, comme trois manières de jouer avec titres et formes. En tout, cinq formes brèves filmiques ont été révélées…histoire de montrer, preuves à l’appui, que l’esprit oulipien ne se limite pas à la page. Un poème des Fastes a redonné aussi un aspect de l’œuvre de Roubaud : son dialogue fécond avec l’œuvre du peintre Marcheschi, le peintre à la bougie, qui avait exposé au Musée départemental de la Préhistoire à Nemours, une installation que personne n’a pu oublier….
Ce mince résumé ne dit rien de ce qui se passe vraiment lors d’une telle soirée…Il faut y être, sinon on reste frustré…C’est ainsi et même nous, qui pourtant y étions,…sommes repartis frustrés, tant de questions encore sur nos lèvres…tant de choses qui resteront dans l’intime de la lecture à jamais suspendues…C’est ainsi…sans doute même essentiel à notre construction de lecteur…
Alors vite retournons aux textes ! Et merci aux Jacques pour cette rencontre ! Jacques Jouet a une fois de plus réussi son pari, nous étions très nombreux ce soir-là car « La poésie c’est jour et nuit et toutes les heures sont propices ! ».

Attention le 7 décembre, c'est sa soirée de clôture ! A ne pas rater !