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Trois nouvelles résidences en 2015

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  • 14-01-2015
  • Résidences d’auteur

Trouver sa voix avec Geneviève Huttin à Avon, sur les traces de la guerre avec Luc Tartar au Châtelet-en-Brie, dans les pas de Frédéric Forte à Champs sur Marne ...

En plus de suivre l’accompagnement de Michel Séonnet au centre Pénitentiaire de Réau, et la résidence mission de Jacques Jouet au Musée départemental Stéphane Mallarmé, la Médiathèque départementale accompagne trois nouvelles résidences dans les établissements scolaires et universitaire.

Trois auteurs, trois projets singuliers de résidence

1, 2, 3 c'est parti !

Lancement des résidences
Luc Tartar : mardi 19 janvier
Frédéric Forte : lundi 26 janvier
Geneviève Huttin : mardi 27 janvier


Ces trois projets prouvent qu’aucune résidence ne ressemble à une autre. Chaque fois, la symbiose du projet littéraire de l’auteur et la démarche du lieu qui l’accueille sont sources d’idées nouvelles qui fédèrent des partenaires. Le principe d’une résidence inscrite sur le temps long au moins 6 mois, permet de revisiter les enjeux de lecture publique.

Trouver sa voix avec Geneviève Huttin : au collège de la Vallée d’Avon

Cérémonie d'ouverture1

Geneviéve Huttin et les élèves de 4è et 6è,
séance de pose pour la presse !

Quand on a approché Geneviève Huttin, elle venait de quitter France Culture, après 23 ans de présence sur les ondes, la nuit. La voix fait partie de son histoire. Elle écrit : « La résistance à la parole, la difficulté de la parole, sa valeur très grande en même temps, dans le partage et la transmission de la culture et de l’histoire, est un sujet de préoccupation que j’aimerais exprimer dans le cadre d’une résidence. Comment on suscite une parole, comment on approche quelqu’un pour le mettre en mesure de vous dire « ce qu’il sait » et même ce qu’il ne sait pas qu’il sait… mais découvre, en situation de parole, de confiance. On a besoin de l’écriture pour être, j’ai eu besoin de la radio pour exister. Ce n’est pas pareil. Entre les deux : la parole, quand a-t-elle voir avec l’être et comment se faire exister ? ».

C’est autour de ce rapport à la voix que va se construire cette résidence avec les collégiens. Ils vont expérimenter ce qu’est l’écoute de l’autre, comment construire un échange, un entretien, comment aller chercher une parole, un témoignage. La ville d’Avon qui commémore la résistance par la mémoire du père Jacques de Rémy Dumoncel et des enfants qu’ils avaient courageusement cachés au couvent des Carmes, et qui a inspiré le film de Louis Malle Au revoir les enfants est un lieu qui résonnera pour tenter cette aventure de la voix.

Sur les traces de la guerre avec Luc Tartar : au collège Rosa Bonheur du Châtelet-en-Brie

luc tartar

Luc Tartar

Luc Tartar a commencé un projet il y a quatre ans mais l'a laissé à l'abandon, faute de temps. Ce projet de roman sur la Grande Guerre prend sa source dans un épisode mystérieux de son histoire familiale. En 1915, son grand-père Fernand, estafette de sa compagnie, et son beau-frère Abel, reclus pour une grave dépression à Wissant, Pas-de-Calais, ont correspondu pendant quelques mois jusqu'au décès mystérieux d'Abel, le 17 juin 1915, dans sa chambre d'hôtel. Le thème, l'histoire, les personnages, tout le passionne.

Le théâtre de Luc Tartar, qui prend à bras le corps les questionnements adolescents (découverte de l'amour et de la sexualité, différence, souffrance psychique...) est un appui solide pour ce projet de résidence auprès des collégiens, de même que l'intérêt porté de part et d'autre au thème de la guerre. Le collège Rosa Bonheur mène en effet un travail ambitieux autour du théâtre et de la guerre (mise en place d'une classe APAC, travail avec la Comédie Française et la Scène Nationale de Melun-Sénart). Au cours des contacts et des discussions pour rêver à cette résidence et préparer ce dossier, il est apparu évident qu'un projet de roman sur un tel sujet allait intéresser plusieurs disciplines et mobiliser une grande partie de l'équipe pédagogique. Un voyage avec des élèves et Luc Tartar se profile du côté de Verdun, comme des temps de recherches dans les archives. Les élèves seront plongés au cœur de la création romanesque entre imaginaire et sources documentaires.

Dans les pas de Frédéric Forte : à l'université de Champs-sur-Marne

frederic forte

Frédéric Forte

Frédéric Forte a grandi à la Cité blanche, et sa mère avant lui. Une cité ouvrière des années 50 – « cité-jardin » disait-on aussi – du nord de Toulouse, dans le quartier des Trois Cocus ( Tres cocuts en occitan : « trois coucous »). La démolition de la Cité blanche a commencé il y a plus d’un an. Sa mère, ainsi que ses derniers voisins, se sont (ont été) relogés ailleurs, et il se dit qu’il est temps, maintenant que la cité n’existera bientôt plus essentiellement que comme espace mental pour celles et ceux qui l’ont connue, de faire un projet, sous la forme d’un livre. Son travail fera appel à des disciplines comme la géographie, la cartographie, l’urbanisme. Pour la « Cité des cartes », soit l’université de Champs-sur-Marne, il sera question, par le travail poétique et littéraire, d’importer, et mettre en espace sur le campus d’autres lieux, voisins mais extérieurs (voire le même lieu dans un état antérieur), les convoquer en quelque sorte grâce aux regards que portent sur eux leurs habitants, leurs usagers.

La lecture de Cité blanche – audioguide, exposition précédemment réalisée, sera transposée en d’autres lieux. Faire en sorte, par le jeu formel, que le lecteur puisse s’approprier ce quartier et le superposer au territoire de son choix, comme s’il posait un plan imprimé sur papier calque par dessus un plan de ville. L’idée est encore assez abstraite mais Frédéric Forte pense à des exemples comme, notamment, les exercices proposés par Perec dans Espèces d’espaces ou certains pièces de l’œuvre du plasticien Pierre Huyghe (voir le catalogue de son exposition récente au Centre Pompidou). L’incroyable et non hasard est qu’une bibliothèque Georges Pérec va ouvrir sur le Campus, raison de plus que l’oulipien Forte y traîne ses bottes. En plus des étudiants, les lecteurs du réseau de lecture publique du Val Maubuée, comme les spectateurs de la Ferme du Buisson se retrouveront nécessairement à suivre les pas de Frédéric Forte.

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Notes d'intention

En savoir +

Lancement de la résidence de
Frédéric Forte

Lundi 26 janvier 2015 de 16h30 à 18h