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Retour de chez Jacques Jouet

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  • 15-02-2012
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  • Par Contributeur Médiathèque

Comment vivre la contrainte dans la joie ?

Les bibliothécaires découvrent l'Oulipo

Jacques Jouet

Impossible de tarder à produire un texte pour le site : il nous faut être digne des oulipiens. Fixons donc cette contrainte : ne pas finir le jour sans voir écrit pour la rubrique « Zoom », contrainte légère en comparaison de celles élaborées par Jacques Jouet. N’a-t-il pas écrit sur un navet, pendant quatre ans, un poème par jour? Il est digne de figurer dans le livre des records. Il fait pire encore : il écrit un poème par jour depuis le 1 avril 1992. Il compte tenir jusqu’à son dernier souffle. L’obsession du record et de la quantité sont, sans aucun doute, deux atouts oulipiens. Nous ne sommes que des bibliothécaires : avoir écrit avant ce soir quelques mots de cette rencontre « ouverture de résidence », sera un début. Faire confiance à la contrainte, sera notre nouveau credo.

bibliothèque J Jouet

Queneau affirmait que la contrainte était « un relais vers la profondeur ». A écouter Jacques Jouet décrire son parcours poétique, du poème par jour, aux Poèmes de métro, aux poèmes portrait, on est convaincu. De plus, ces fameuses contraintes, en lien avec les mathématiques, permettent des expériences insolites et non dénuées d’humour. Grâce à sa contrainte du poème de métro, Jacques Jouet a raconté son voyage de 15h30 dans le métro parisien. Il est passé par toutes les stations, de toutes les lignes, selon un parcours optimisé, construit par un spécialiste des labyrinthes, Pierre Rosensthiel, mathématicien, oulipien comme il se doit.

Au parc culturel de Rentilly, pas de métro en vue, Jacques Jouet a dû trouver une autre veine à explorer. Il a opté pour le poème paysager, dans sa forme monostique (un seul ver). Il a prévu de composer pendant les 12 mois de l’année, pour expérimenter toutes les saisons. Cette fois, à la manière des peintres impressionnistes, il va écrire sur le motif, sortir dans le paysage et produire un poème d’une seule ligne. Certaines lignes sont déjà en ligne ! (remue.net). Il est des hommes et des femmes (même si elles sont encore peu nombreuses, selon nous, à l’Oulipo), qui vivent ainsi. C’est plutôt rassurant sur l’âme humaine.

jouet

Jacques Jouet n’est toutefois pas toujours oulipien. Nul n’est parfait. Il écrit des romans, des pièces de théâtre et même certains poèmes, non oulipiens. Il prévient pour éviter à des lecteurs obstinés de chercher une contrainte là où il n’y en a pas. Certains doutent de son honnêteté et cherchent encore…

A Rentilly, il s’attèle ainsi à l’écriture d’une pièce de théâtre dont l’intrigue s’articulera autour de la notion de justice. Cette idée lui est venue à lecture de quelques phrases de La Philosophie dans le boudoir de Sade. On n’en sait pas plus sauf qu’il nous invite déjà le 23 juin à minuit à entendre ce texte lu et à partager café et croissants au lever du jour. Et voilà, il a encore inventé une contrainte, cette fois duvet et oreiller sont autorisés.

Si vous avez raté ce 31 janvier, il y ades sessions de rattrapage pour croiser Jacques Jouet.

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