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La résidence à Rentilly ou les premiers pas dans le Parc et l’atelier.
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- 02-04-2010
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"L'écriture est une activité qui implique aussi le corps." extrait de l'entretien avec Françoise Ascal.
Entretien avec Françoise Ascal
Par Valérie Rouxel de la Médiathèque départementale et Dan Bouchery de la Maison de la poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines.
V.R : Vos premières impressions en vous installant dans cette résidence et vos premiers rendez-vous.
Françoise Ascal : Dès la première rencontre, j’ai été extrêmement bien accueillie par la petite équipe qui travaille sur le site. Attention, dialogues ont été au rendez-vous. J’ai perçu aussitôt qu’on ne tenterait pas de me transformer en animatrice sociale, ce qui malheureusement est parfois le cas. Au contraire on attendait de moi que je sois moi-même porteuse de projets, d’idées, que je fasse preuve de créativité. Plusieurs cartes blanches sont prévues. Elles me permettront d’élaborer un spectacle pour le Printemps de paroles (avec une comédienne, un musicien, et peut-être un vidéaste) et de faire des invitations inhabituelles (sociologues ou philosophes). L’une d’elles est déjà programmée en juin avec un architecte paysagiste.
Par ailleurs, le Parc culturel fixe des rendez-vous réguliers avec la population chaque année aux mêmes périodes, ce sont les temps forts du festival musical «Frisson baroque» en janvier, les journées du «Printemps de paroles» en mai. S’y ajoutent des manifestations ponctuelles comme ce colloque Sciences humaines qui se déroulera le 13 avril prochain. Tout naturellement certaines de mes interventions s’inscriront dans ce calendrier.
D’autres événements sont prévus au cours de ces neuf mois : une soirée À Voix vives avec Patricia Castex-Menier animée par Marc Blanchet, une après-midi avec la poète québécoise Denise Desautels, et plusieurs temps de rencontres, de lectures et d‘échanges avec des bibliothécaires, des collégiens et enseignants qui m’amènent à me déplacer sur le territoire de Marne et Gondoire.
V.R : Vos premiers pas en écriture dans cette résidence.
F.A : Au début, je me suis demandée si les mots allaient arriver. Une fois installée, j’ai été sensible à la qualité du silence du lieu, différent du silence de chez moi. La lumière de la verrière de l’atelier, les arbres, dessinent un graphisme pendant cet hiver qui m’a séduite. J’ai vite recréer un peu d’intimité avec une théière, un tissu, un plat avec les noix de mon jardin. Cela a suffit, je ne voulais pas être encombrée. Cette nudité de l’espace renforce la sensation qu’il n’y a pas d’obstacle entre moi et les mots, qu’ici, je suis en dehors de mon histoire personnelle, je suis déplacée, tout-à-fait disponible. Cela m’aide à ne pas être dans la répétition, dans mes habitudes, ce grain de décalage a déjà produit des changements. Je tiens depuis trente ans mon journal, je l’écris à la main et ici le journal est passé sur l’ordinateur. Cela met plus de distance. Pour l’instant, je reste ouverte, sans idée préconçue. Je relis Bachelard. J’accepte ce qui vient. J’arrive vers 10h. J’écris, je marche dans l’atelier ou dans le parc : l’écriture est aussi une activité qui implique le corps. Je fais des photos. J’amasse des matériaux. Le midi, je ne sors pas, je mange mon casse-croûte, j’aime l’idée d’être retirée, à l’écart. Jusque fin juin, je me laisse ce temps de la cueillette, je collecte. Cet été, je chercherai l’angle d’attaque pour mettre en forme.
Voilà mon point de départ : j'entretiens depuis l’enfance une relation privilégiée avec le paysage - et le monde paysan privé de mots.
V.R : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre projet littéraire ?
F.A : Le projet littéraire, c’est le lieu lui-même qui l’a fait naître, avec son charme particulier. Il m’a donné le goût d’ouvrir un nouveau chantier, quitte à mettre de côté le travail en cours. Pour l’instant, mais ce n’est qu’un titre provisoire, à usage intime, je l’appelle « Bachelard à Rentilly ». Il s’agit pour moi de faire une relecture de Bachelard en la confrontant au parc et à ses enjeux. Voilà mon point de départ : J’entretiens depuis l’enfance une relation privilégiée avec le paysage — et le monde paysan privé de mots. Très tôt Bachelard a nourri ma sensibilité et ma pensée. C’est avec ce bagage que j’assiste aux métamorphoses de nos campagnes et à l’émergence des villes nouvelles. Aujourd’hui, force est de constater que la poésie contemporaine est essentiellement urbaine. Le thème de la relation à la nature semble appartenir à un passé révolu. Mais qu’en est-il dans la réalité ? Et surtout de quelle « nature » s’agit-il aujourd’hui? Qu’a-t-elle à nous dire de nous-mêmes ? De notre société où pourtant elle fait retour sous des formes variées ? L’idée rassurante de « terre-mère » qui accompagnait nos ancêtres a sombré en même temps que les grands effondrements du XXe et en deux ou trois générations, la relation s’est inversée : il appartient désormais aux habitants de la terre de soigner leur planète. Souci écologique, obsession du « naturel » (avec marchandisation à la clé) répondent-ils à des besoins nouveaux d’hommes « séparés » ? D’humains manquant d’humus ? À l’ère du virtuel, quelles forêts imaginaires, quels mythes habitent encore nos pensées les plus « modernes » ? .
Reportage réalisé par Canal Coquelicot 77
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Le répertoire de la vie littéraire en Seine-et-Marne -
Journal de Rentilly (extraits)
Sur Internet
- Le Parc culturel de Rentilly
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Printemps de paroles
Festival de toutes les expressions artistiques, 17-23 mai 2010. - Canal Coquelicot 77
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Sur Françoise Ascal
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La seconde peau
, par Françoise Ascal
Un texte inédit pour le dossier "bibliothèque(s) en littérature(s)" de la revue, été 2006.
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