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Michel Séonnet écrivain au Centre pénitentiaire de Réau

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  • 19-11-2014
  • Résidences d’auteur

Qu’est-ce qui fait que l’on tient ?

Journal de résidence :

Michel Seonnet2

Michel Séonnet

Depuis le mois d'octobre, dans le cadre du programme de résidences d'écrivains mis en place par le Conseil régional d’Île-de-France, en partenariat avec la Médiathèque départementale et La Croix Rouge, Michel Séonnet a entamé un travail d'écriture avec les détenus du Centre Pénitentiaire Sud-Francilien de Réau. Il en tient le journal sur son site.

Michel Séonnet en plus de ces rencontres et ce travail en atelier, est en écriture. Afin de prolonger d'une certaine manière l'écriture de La Marque du père, il s’est enquis de savoir pourquoi son grand-père, le père de son père, qui, semble-t-il, avait été l'instigateur de l'engagement de son fils et d'autres jeunes gens, n'avait pas été inquiété à son retour en France après qu'il avait fuit à Sigmaringen avec toute la cohorte pétainiste. Il avait mené des recherches auprès d'historiens, s’était rapproché des archives des Bouches-du-Rhône qui lui ont signalé que son grand-père avait été interné un temps au camp d'Ecrouves, près de Nancy. Des archives de Meurthe-et-Moselle, il a reçu quelques temps plus tard quelques documents, dont une lettre, étonnamment préservée, que son père, alors détenu aux Beaumettes à Marseille avait adressé le 11/9/45 à son père interné à Ecrouves. Il a aussitôt su que ce serait le point de départ d'un travail à venir.

Très cher petit père, les premiers mots de la lettre de son père à son grand- père est le titre provisoire du projet d'écriture.

Détermination et engagement :

Cette résidence est une première dans ce lieu. Accueillir un écrivain dans les bibliothèques d’une prison n’est pas si facile. Il faut une certaine détermination de part et d’autres, des relais engagés, un auteur avec une bonne part de militantisme et un esprit de persévérance chevillé au corps. Tous les ingrédients ont été patiemment réunis et la résidence a pu, malgré du retard, débuter en octobre dernier. En décembre, l’ensemble des partenaires se retrouveront à la Médiathèque départementale pour faire un premier point d’étape. Il est essentiel pour ces projets de résidence d’échanger, évaluer, réajuster : les projets ne passent d’un coup de baguette magique de la forme papier à la vie. Il faut savoir être créatif et garder le cap tout en souplesse. Lors de cette rencontre, nous établirons ensemble les rencontres que Michel Séonnet souhaitent autour de son projet d’écriture. Nos collègues de la Médiathèque de Combs-la-Ville nous rejoindront et donneront sans doute à ce projet une ouverture vers le public, comme le fait déjà à sa manière le journal de résidence sur le site des petits points cardinaux.

Bref, c’est une résidence qui va sortir à sa manière des murs de Réau et qu’il sera passionnant de suivre pas à pas.

Nouveau livre édité :

le pays


Michel Séonnet est un auteur qui creuse un sillon et l’on pourrait lire dans son actualité éditoriale que sa résidence à Réau n’est vraiment pas le fruit du hasard. Dans ce dernier texte publié Le pays que je te ferai voir aux éditions de l’Amourier, évidemment écrit depuis longtemps, on reconnait les interrogations constantes et souterraines qui sont pour ses lecteurs autant d’invitations à questionner nos parcours d’humains en quête. Michel Séonnet n’en finit pas de poser de petits cailloux sur le chemin d'une éthique singulière et d’aller voir et revoir d’où l’on vient, comment on est souvent arraché, malmené.

Dans ce livre, Michel Séonnet pose déjà cette lancinante interrogation : « Qu’est-ce qui fait que l’on tient ? »

Propos du livre

À l’âge des bilans, Louise entreprend de faire la vérité sur la mort de son père qu’elle n’a jamais connu. Adjudant incorporé dans un Goum marocain, il est officiellement mort au cours d’une opération en Indochine. Louise n’y a jamais vraiment cru. Ayant trouvé la piste d’un ancien goumier, elle part au Maroc en quête d’une explication définitive. Mais les histoires se brouillent. Celui dont on lui parle est-il son père ? Et qui est cette femme marocaine avec qui il aurait eu une liaison ? Louise parcourt le Maroc – un Maroc pétri de couleurs, d’odeurs et de saveurs, où la chaleur le dispute à la pluie, le sable à la boue – sur les traces d’un fantôme. Car pour ce qui est de la réalité présente, c’est celle des immigrants clandestins qu’il lui faut affronter. Celle des disparus en mer. Les fils même des anciens goumiers qui laissent derrière eux des orphelins. Le voyage de Louise est jalonné de découvertes, de surprises et d’émotions. Quel est donc ce pays que le destin s’obstine à essayer de lui faire voir ?

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