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La littérature sonne numérique

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  • 15-09-2015
  • Résidence numérique

L'aiR Nu passe les frontières du 77.

Les artistes s'installent le 2 octobre 2015 en résidence numérique sur le territoire de Moret Seine-et-Loing, dans le cadre d'un Contrat Territoire Lecture.

Sauter dans l’aiR Nu

Mais que signifie donc ce nom aiR Nu ? De la nudité, du brut, de l’immédiat, de l’air du temps, de l’ère numérique, un courant d’air, des ondes qui traversent le ciel, de l’espace vide, pur… ? La graphie même est originale : ce R et N qui sortent du lot pour prendre un peu de hauteur. L'aiR Nu est une forme de radio web, un site pour entendre des auteurs lors de leurs trajets, voyages, chantiers, partout où les mène leur écriture. Il ne faut pas avoir peur de se questionner ni de se perdre dans leur cosmos, tant leurs galaxies sont jouissives pour la pensée et non dénuées d’humour. La ville, la carte, le quotidien, le journal, les photos, les sons provoquent chez chacun d’eux des créations que l’on ne finit pas de découvrir. Loin d’êtres des artistes enfermés dans leur tour d’ivoire, ils sont connectés à l’actualité. Ils offrent spontanément commentaires, images, enregistrements qui décalent notre regard. Google maps, smartphone, blog, Facebook tout est bon pour faire bouger les frontières de leur quotidien et du nôtre. Partir à la découverte de quatre membres du collectif : Pierre Cohen-Hadria, Mathilde Roux, Anne Savelli, et Joachim Séné. Leurs toiles sont denses et nombreux les fils tissés entre eux...

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Oser se perdre dans le cosmos

La galaxie Mathilde Roux

mathilde roux

Mathilde Roux

Artiste plasticienne, écrivaine, journaliste ? Mathilde Roux se présente volontiers comme une « chercheuse d’articulations ». Elle est auteur et artiste plasticienne vivant à Paris. Elle s’intéresse à l’interaction - celle des supports et matériaux comme celle des sens propres et figurés - et à la combinaison des différents espaces, temps et moyens de l’expression. Elle fabrique des textes, des sons et des images diffusés sur ses deux sites, et qu’elle présente lors de Festivals ( par exemple avec le collectif Général Instin). Elle est éditée chez publie.net et en revue. Son travail de collage mêle l’écrit et le document géographique et fait l’objet de diverses expositions.

Ses oeuvres à lire :
Via & Vers,
éditions publie.net, novembre 2014 (avec Nathanaël Gobenceaux et Rémi Froger)
Extrait : « S’orienter ne consiste pas à garder l’oeil crispé sur la série de suites verticales des panneaux du code routier. On peut très bien (ou en partie) se fier à la mousse sur les troncs, à la géologie du tracé (sols tendres, roches dures, zones boueuses, terrain propice), à tout ce qui fait saillie autrement, aux formes allongées dans le sens des plis, aux inégalités de surface, on peut suivre des lignes de crête, le bruit que font les rivières, repérer des couleurs, des odeurs, on peut tenir compte des témoignages, des détails susceptibles d’évoluer dans le temps, on peut accorder de l’importance au hasard ou à l’intuition, à leur application immédiate, on peut sonder l’espace disponible dans notre âme et ce qui fait frontière en nous. »

J’ai l’amour, éditions publie.net, collection Point vif, juin 2013
Quelque(s) Chose(s) (textes images sons articulations) A travers son site on peut explorer et faire un petit parcours dans la richesse de sa production.

Ses œuvres à voir :
À l’œil presque nu
Une vidéo qui fait tourner le monde, mais pas la tête : de la musique qui accompagne le rythme des pieds qui traversent l’espace urbain en se croisant dans l’image un paysage qui défile en vitesse, une voiture qui roule, des bruits et la voix d’une gamine qui chante, peut-être en train d’écouter de la musique avec ses écouteurs, présente et à la fois éloignée. Toutes ces images, ces textes et ces sonorités montrent la démarche de l’artiste, sa créativité presque artisanale, et son amour pour le quotidien, composés par des choses simples, jamais banales.

Carnet 1, Carnet 2
On y retrouve des textes à peu près rangés dans le tiroir et des textes et travaux littéralement en cours. Les 40 textes qui composent le Carnet 1 se lisent dans une chronologie inverse de celle de leur publication.

Rubrique vases communicants : échanges entre blogs et auteurs.

Séquences & Trames :
Les collages de Mathilde Roux sont des cartes qui font images, des écritures qui font paysages. Des images à lire, des textes à regarder. La mémoire intime et l’histoire collective se mélangent.
A visionner la vidéo sur l’atelier réalisé à Belleville à l’occasion du Festival Général Instin. La carte, c’est politique ! Le Général Instin ou GI, projet artistique et fantôme errant de soldat, annexe l’une des plus petites entités politiques qui soient : la rue, pour expérimenter une nouvelle citoyenneté jour après jour. Chaque soir, la rue a été sonorisée avec montage de divers sons enregistrés in situ, puis sons en direct (performances, conférences…). Le Mur de la rue Dénoyez est voué au street-art et a été occupé durant ces quatre jours par des équipes de street-artistes qui se sont relayés pour décliner le mot « instin ». Quelques lignes thématiques scandent l’occupation : le Belleville insurrectionnel du XIXe siècle, l’art contextuel, les fresques politiques, avec la participation de muséologues, historiens, architectes, écrivains…
Ce fut aussi l’ultime fête, façon de dire adieu à la rue Dénoyez telle qu’on la connaissait depuis des années – la rue berlinoise de Paris, la rue du street-art – puisque les bulldozers s’apprêtent à détruire les « boutiques », les ateliers d’artistes ou galeries, bientôt remplacées par des logements et une crèche.

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La galaxie Anne Savelli

anne savelli

Anne Savelli

Etudiante en lettres et audiovisuel, vendeuse en librairie, correctrice, documentaliste Web, Anne Savelli a exercé plusieurs métiers sans jamais cessé d'"écrire à côté". La preuve en est : son blog devient une œuvre tentaculaire, une mine, une richesse à exploiter sans fin. S'y promener c'est avancer dans un pléiade en version numérique.
Quelques pistes pour s’y retrouver :
Comment fonctionne mon blog par Anne Savelli :
« Ce blog, centré au départ sur mon premier livre, Fenêtres Open space, évoque depuis les autres textes parus (Cowboy Junkies ; Franck ; Des Oloé ; Autour de Franck ; Décor Lafayette ; Dita Kepler, Journal du silence ; Laisse venir ; Ile ronde) ; les inédits (Décor Daguerre, Journal du Blanc) et les projets en cours (Anamarseilles, Diptyque...), dont la création du site collectif L'aiR Nu. L'idée : à l'aide de photos, d'autres textes, de liens, travailler sur l'extension. »
Rubrique "En ce moment, à venir" :
Son actualité : Lancement de résidence le 2 octobre !
Rubrique "Ateliers d’écriture " :
Chaque atelier mené renvoie à un blog, qui précise les consignes et donne à voir les réalisations souvent avec textes et photos. Des idées concrètes et simples à essayer.
Rubrique sur ses textes et livres : On y trouve des textes non imprimés, des textes imprimés et ou en édition numérique, des textes édités sur d’autres sites. On y trouve en vrac : des aphorismes sur l’insomnie, écrits sur le blog d’Eric Chevillard, un texte sur toutes les formes de bibliothèques, publié sur remue.net, des articles sur les textes d’Anne Savelli, des textes écrits avec d’autres par exemple un texte sur internet écrit avec Thierry Beistingel, ou un texte numérique avec photos sur la Gare du Nord, extrait de Franck. Un ensemble hétéroclite passionnant !
Rubrique "Sons et vidéo" :
Films de trajets, de voyages, émissions de radio, lectures de textes par Anne Savelli.
Rubrique "Vases communicants" :
Des blogs dans lesquels elle écrit : celui de Pierre Ménard, Joachim Séné, Pierre Cohen-Hadria. Chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Original programme !
Rubrique "autres liens avec littérature et autres" :
Une mine de sites ou de blogs littéraires à exploiter en bibliothèque. Une veille professionnelle inégalable ! On repère aussi des lieux de prédilection : les librairies, l’association Pérec, la Ferme du Buisson…
Rubrique "Fenêtres du monde entier" :
Ses images légendées de villes dans le monde, des textes, des sons autant de voyages à faire avec elle. Une autre façon d’entrer dans son univers, de découvrir un auteur à partir des fenêtres qu'il croise lors de ses voyages dans le monde.

Dans la partie centrale :
Sorte de journal littéraire, culturel et photographique où l’on retrouve Moret Seine et Loing à la date du 2 juillet :
« Tout comme Pierre Cohen Hadria avec son journal des frontières, j'ouvre aujourd'hui une rubrique liée à la résidence de L'aiR Nu dans la région de Moret-sur-Loing. Un "journal de la ville au Loing", disons, pour chercher à saisir ce que je vois, ce que je perçois quand je m'y trouve, y pense, y vais, en retourne, en rêve et enregistre, lis, écris, pense déplacements, frontières, appels d'air... et qui commence ainsi plusieurs mois la résidence elle-même, laquelle débutera le 2 octobre. »

Quelques œuvres :
Franck :
Ecouter l’entretien d’Anne Savelli à la librairie Dialogues

Des Oloés : espaces élastiques où lire où écrire
Où lire sur une avenue ? Comment réussir à écrire quand les radios, leurs flashs, leurs tubes ont envahi les cafés, les boutiques et le système nerveux, les couloirs, les entrées, les quais ? Où s’asseoir quand tout nous porte à marcher en pressant le pas, serrer son sac et droit devant rentrer chez soi le plus vite possible ? Où penser ? Où rêver ? Les « oloé », ce seraient ces endroits où lire où écrire (le second o pouvant se comprendre également, c’est au choix, comme un où sans accent), de ville, de mer, de campagne qui font une brèche, nous y accueillent. L’idée, développée ici par Anne Savelli, n’est pas de fuir mais plutôt de creuser. Parfois les « oloé » seront désignés avec précision, comme c’est le cas pour la chaise-table du CentQuatre trouvée dans un jardin aujourd’hui disparu. Lorsque l’ « oloé » sera privé, on se réservera le droit de rester vague. Des lieux où s’attacher, se concentrer, se laisser distraire ; s’alléger, se lester, jouer des dimensions. Oui, c’est facile, un inventaire, facile de dresser une liste, moins simple de s’y inscrire, d’abandonner ses impatiences et son désir de résultat (réconfort tangible du chapitre lu, de la page au net) pour s’amalgamer à sa chaise au centre des cris. S’en emparer, de ces lieux conçus on ne sait plus pourquoi, les épier au moins : le poste d’observation c’est l’urgence.

La carte des oloés est interactive.
N’hésitez pas à ajouter vos oloés et d’inviter vos lecteurs à le faire ou à s’y promener !

L’Ile ronde :
Dita Kepler est un personnage du jeu en ligne Second Life créé par Anne Savelli il y a plusieurs années. Il s'agit donc de son avatar : un être qui, contrairement à elle, à nous, possède certains pouvoirs, dont celui de voler, de se métamorphoser. Cependant, ce qui intéresse l'auteure, c'est de placer Dita Kepler dans le monde réel. Dès lors, l'avatar doit s'adapter, ce qui ne se fait jamais sans mal : sa « virtualité » en fait un être poreux, flou, mal défini, qui se laisse facilement traverser, se demande quelle forme prendre. Ici, Dita, survolant les côtes, tombe près de Nantes et du lac de Grand Lieu. La voilà happée, comme appelée par la légende de l'île de Dun, laquelle met en scène un géant enfermé dans un puits et une jeune fille censée le délivrer. Hantée par leurs voix, Dita Kepler se dédouble, devient le géant et la jeune fille dès qu'elle approche de l'île. Mais un dialogue entre eux est-il possible ? Et qu'en est-il de cet avion qui plane sans cesse au-dessus du lac, fascine la jeune fille, la détourne de sa mission ?

Décor Lafayette :
Fascinante promenade dans les grands magasins, voir ce qu'en dit le blog danactu resistance

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La galaxie de Pierre Cohen-Hadria

pierre cohen hadria

Pierre Cohen-Hadria

Serait-ce l’intrus du collectif ? Ses domaines d'activité et d'intervention (la sociologie, le champ des publics de la culture, le développement durable et l’écologie, le cinéma, l’archéologie, la ville, les sciences….) pourraient le laisser croire. Pierre Cohen Hadria pendant la semaine n’est peut-être pas celui du Week end. Du moins c’est ce que sous-entendrait ce qu’il écrit sur le blog, Pendantleweekend, qu’il co-anime avec Hélène Clémente, avec la quelle en 2007 il avait aussi créé melico, site dédiée à la mémoire de la librairie contemporaine. Pendantleweekend est un chantier à ciel ouvert, un laboratoire de voyages imaginaires, rêvés et réalisés sans se déplacer, un atlas de frontières à dépasser. Est-ce que la sociologie et l’archéologie du présent peuvent nous apprendre à développer un regard empathique pour les paysages humains et urbains qui nous entourent ? Pourquoi pas ! Ce n’est pas anodin d’ailleurs si Pierre Cohen-Hadria, comme les autres membres du collectif aiR Nu, est un vase qui communique constamment avec d’autres.

Journal des frontières :
Le journal des frontières est son journal personnel de résidence à Moret-Seine-et-Loing Explorer un territoire, faire des rencontres, capter des images : c’est dans ce cahier partagé qu’on suit en direct ses pas en Seine-et-Marne. Des flèches signalétiques indiquent peut-être la piste à suivre. Sera-elle la bonne ?

Le Tour du monde :
C’est en se promenant dans la mare magnum du web que Pierre Cohen Hadria découvre la possibilité de s’éloigner sans qu’aucun déplacement ne soit nécessaire. Il utilise Google Maps comme une fenêtre : il l’ouvre, la déplie pour imaginer et visiter de nouveaux lieux. L’écriture accompagne ses voyages imaginaires et donne forme à des rêveries numériques qui mènent ailleurs et qui orientent ou désorientent. Les captures d’écran, les images satellite, dévoilent des paysages presque abstraits. Où-sommes-nous ? Où passent les frontières ?

Oublier Paris
« J’ai regardé doucement le monde changer, j’ai vu sur le dos de mes mains se glisser quelques taches (j’ai souvenir des mains d’Agnès Varda dans son magnifique film (« les Glaneurs et la glaneuse », 2000) c’était en deux mille, oui, le boulevard Edgar Quinet après le marché, oui), je n’avais pas cinquante ans, le temps passerait, les guerres continueraient, un jour, dans Paris, non loin de cette allée Verte on tuerait encore et encore, non, bien sûr ça n’a rien à voir, non, bien sûr des jeunes gens de trente ans, qui n’ont plus rien à perdre, sans doute, non bien sûr que je mélange tout mais comment fait-on, d’habitude, sinon tout mélanger parce que tout arrive, dans le même temps, dans la même vie, sur le monde même ? »

Extrait de Quelquefois, des fleurs (Oublier Paris #57) .

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La galaxie Joachim Séné

joachim sene

Joachim Séné

Il se présente avec humour :
Né à Amiens en 1975, où des études le poursuivent jusqu'à Belfort, Joachim Séné vit à Paris et paie ses impôts en France. Après avoir produit quelques textes sur un site web aujourd'hui disparu, il échappe miraculeusement à la fin du monde, lors de l'éclipse du 11 août 1999. Issu de multiples sources contradictoires, avec diplômes le prouvant, Joachim Séné n'est pas un très bon nageur. Il est de cette génération d'écrivains dont la biographie endort avant même d'avoir cité un seul titre, présent sur Twitter, Facebook, Les 807, Les Vases, Le Convoi des Glossolales, Urbain trop Urbain, les ateliers Liminaire, on en passe, on en passera ; de le voir partout, on en a marre, et pour en apprendre plus, une bio illisible, par dessus le marché et qui ne signale même pas qu'il développe des sites web dans le domaine de la littérature, pour vivre.

Textes
C'était, Publie.Net, 2011.
Sans, Publie.Net, 2010.
La crise, Publie.Net, 2010.
Roman, Publie.Net, 2009.
Hapax, Publie.Net, 2008.

Textes revues, ouvrages collectifs
Nø City Guide Shanghaï, la revue de villes, Urbain, trop urbain, 2012.
Les 807, saison 2, Publie.Net, 2012.
Un moment calme, OnLit.Net, 2012.

Participations presque régulières à D'Ici Là, revue dirigée par Pierre Ménard, Publie.Net.

Son blog en cache trois :

/txt/ Fragments, chutes et conséquences
Le titre est déjà en lui-même énigmatique mais annonce des « Fragments » donc des textes courts, des « Chutes », quelque chose qui tombe ou qui est la fin bien trouvée d’une histoire, des « Conséquences », celles de la chute ou de l’écriture ? Dès ce titre, pointe l’humour, l’esprit critique, un certain recul, une prise de distance ironique par rapport à ce que l’auteur compte afficher sur cette page.

Le Journal éclaté
Au centre, se trouve le journal éclaté de l’auteur, appellation originale. Fait de nuits numérotées et non de jours datés, ce journal est une suite de textes courts, sans lien apparent les uns avec les autres. Il contient non seulement des textes mais aussi des photos comme autant de vues éclatées du monde, éclaté aussi car les textes évoquent l’univers non structuré de la nuit, des rêves et des visions nocturnes, qui coexistent sans jamais faire récit…

Une rubrique « Au hasard » :
Des pages de journal, de jour, des citations, des réflexions sur l’actualité, des critiques de films, de livres, apparaissent au hasard. L’éclatement, la surprise perdurent ainsi que les conséquences inattendues. Quelque chose ne fait que passer, comme une idée dans la tête, qui n’a pas de raison de s’étaler en pleine page.

Joachim Séné vit au cœur de notre monde, bousculé par lui. On a I’impression d’être dans la tête d’un créateur avec toutes les pensées et images qui le traversent, impression d’être dans le chaudron de son imagination, dans l’atelier du peintre. C’est mouvant, instable, déstabilisant au départ mais ce blog traduit la manière que nous avons tous de fonctionner.

/pnt/ Couleurs-Formes
D’après le titre, on serait du côté du point et moins du texte, du côté des couleurs et des formes, du côté de la peinture. Ce site présente des textes de Joachim Séné (le fils) écrits à partir des peintures de Paul Séné (le père).

/relire.net/ Relire.net
Un site qui relit d’autres sites. On y trouve aussi des comptes-rendus d’ateliers écriture numériques menés par Joachim Séné.

Quelques œuvres :
Sur le site d’aiR Nu :

Les Bruits de trains : Sons de TGV sur des images qui défilent, Joachim Séné décrit les sensations d’un TVG en marche. Deux ans après, comme un train peut en cacher un autre, Pierre Ménard explique à Anne Savelli d'autres bruits de train. Comment le fait le fait de nommer un train permet de se familiariser avec les sons, les apprivoiser, ne plus les vivre comme une agression.

De Paris au Lac : Joachim Séné trace un itinéraire sonore : moments d’attente dans les gares, marche, captation d’une lecture de l’Ile ronde, texte d’Anne Savelli, sur le lac de Grand Lieu, près de Nantes. Ces déambulations sont une manière d’entendre Joachim Séné expliquait sa démarche. Poser un appareil enregistreur dans un lieu perturbe plus que de faire des photos. Pourquoi se savoir enregistré dérange plus que de savoir pris en photo ? Réminiscence des écoutes secrètes, des régimes totalitaires comme dans le film La Vie des autres ? Avons-nous une mémoire auditive aussi fine que notre mémoire visuelle, olfative ? Joachim Séné dépose son enregistreur dans les gares enregistre et s’enregistre. Soudain, les vies dans un café de la gare Montparnasse, les réflexions sur le plan de la gare Montparnasse, sur les pianos installés dans les gares, sur les bruits des pas lors d’une randonnée avec Anne Savelli deviennent paroles qui donnent à voir. Donner à entendre devient engagement dans la cité et donc politique.

C’était : Un an d’écriture au quotidien (2010-2011), contrainte des 5 jours par semaine. Ce récit retrace le quotidien d’un salarié, sans doute Joachim Séné, quand il était codeur dans une entreprise informatique. Le livre est composé de 53 chapitres soit 53 semaines. Les phrases commencent toutes par « C’était », indiquant que ce temps de salarié est désormais révolu et que l’auteur écrit après coup, d’où une certaine distance ironique sur la situation. Le quotidien d’un salarié dans un bureau version Openspace : les mails à lire, les urgences de dossiers, le temps à la machine à café, les relations avec les autres collègues et les commerciaux, les réunions, les power point, les projets vide sens, qu’il faut faire vite pour réduire les coûts, la réduction du personnel, les syndicats absents, les temps volés sur les trajets, les repas, les jours qui se répètent, les coups de stress, la solitude…On lit d’une traite et plonge dans cette observation intérieure, aussi intense qu’un journal intime, aussi redoutable qu’un pamphlet sur le monde du travail.

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