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Zoom sur le 14 octobre 2010
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- 02-11-2010
- Lecture jeunesse
Lire le monde aujourd’hui : ce qu’en ont dit les invités du jour et ce que d’autres en disent…
Mission impossible
Cette journée portait hélas bien son nom !
La mission fut presque impossible tant les changements furent constants : certains intervenants avaient alerté sur leur impossibilité d’honorer leur engagement, d’autres au dernier moment n’ont pas pu venir, les transports étant compliqués en raison des grèves… Il a fallu rebondir : trouver d’autres chercheurs familiers avec la problématique de l’information, de la connaissance et des nouvelles technologies et garder le cap ! Heureusement ceux qui étaient là ont collaboré efficacement pour donner à cette journée le sens qu’elle méritait. Nous les en remercions vivement !
Philippe Petit, en sa qualité de philosophe, a été le fil rouge des débats et il a introduit la journée en opposant savoir et croyance, en développant la tension qui existe entre savoir et croyance au monde, en ce monde-ci. Proposant de s’arrêter sur l’image de l’école, du rapport au savoir dans les films : des 400 coups, à Passe ton bac d’abord pour en finir avec L’année de la jupe. L’évolution de la vision est assez stupéfiante. Il a réinterrogé l’image de la vitesse, image cliché aujourd’hui. Nous serions dans un monde où tout « s’accélère ». Selon Philippe Petit, la pensée a toujours été prise entre vitesse et ralenti. Disons plutôt que face au déluge d’informations, il y a plus que jamais nécessité de mise en intrigue des événements, et de l’histoire pour lire le monde. Le réel n’est pas rationnel en soi, il est construit. Tout est donc, comme le disait Baudrillard, dans le faire croire au monde. L’information n’est pas une connaissance en tant que telle, l’information intégrale est un mythe, il faut élaborer une intrigue de l’histoire capable de nous orienter dans un monde en lequel nous sommes sommés de croire.
Nous vous proposons de revisiter les idées développées lors de ces échanges, soit en retrouvant les interventions de nos invités, soit en prolongeant la réflexion grâce aux liens et aux livres sélectionnés dans ce dossier.
Les intervenants de la journée
Daniel Bougnoux
Daniel Bougnoux, philosophe, est professeur émérite à l'université Stendhal de Grenoble-III. Il a enseigné depuis 1973 dans cette université la littérature moderne et contemporaine, avant de se tourner vers les sciences de l'information-communication, discipline dans laquelle il a soutenu en 1988 sa thèse d'État, consacrée à la communication circulaire et aux jeux de l'auto-référence. En 1976, il a fondé la revue trimestrielle Silex, puis participé aux côtés de Régis Debray à l'aventure des Cahiers de médiologie, devenus aujourd'hui la revue Médium.
Cette sensibilité ou curiosité médiologique l'a conduit à écrire une dizaine d'ouvrages (notamment Introduction aux sciences de la communication, coll. Repères à La Découverte, et dernièrement La Crise de la représentation, chez le même éditeur).
Louise Merzeau
Louise Merzeau est maître de conférence en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, membre du laboratoire MoDyCo, ancienne corédactrice en chef des Cahiers de médiologie (avec D. Bougnoux), et actuellement membre du comité de rédaction de Médium et du comité scientifique des éditions de l'ADBS. Elle mène des recherches en médiologie sur la question de l’image, de la mémoire et de la médiation.
" L'intelligence de l'usager " L'Usager numérique , Séminaire INRIA 2010 ADBS éditions, septembre 2010
Conférence "Les Traces numériques" Colloque "La Révolution numérique : libération ou aliénation ? "Printemps de l'Académie d'Orléans Muséum d’Orléans, mai 2010 La présence plutôt que l'identité . Documentaliste - Sciences de l'Information - Vol 47 n°1 / Février 2010
Jean-Marie Charon
Jean-Marie Charon est sociologue, chercheur au CNRS. Ses thèmes de recherche sont : les transformations de la presse écrite, les évolutions de la profession de journaliste, les relations entre les médias et la justice.
Le journalisme / Jean-Marie Charon / Milan / Les essentiels
La presse quotidienne et la presse magazine / Jean-MarieCharon / La Découverte / Repères
Francine Foulquier
Ancienne directrice de bibliothèques municipales, Francine Foulquier est désormais responsable du livre pour la jeunesse au Conseil général du Val-de-Marne. Elle est aussi membre de l’Agence nationale des pratiques culturelles autour de la littérature jeunesse «Quand les livres relient ».
Philippe Petit
Philippe Petit est philosophe, auteur de plusieurs essais, et journaliste à Marianne. Il anime une émission sur France Culture : « La Fabrique de l’humain » et commente chaque matin en trois minutes un essai récemment paru dans l’émission « Pas la peine de crier ».
Blandine Raoul-Réa
Professeur-documentaliste, chargée de mission au CLEMI Le CLEMI est chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif français depuis 1983. Il a pour mission d’apprendre aux élèves une pratique citoyenne des médias. Cet objectif s’appuie sur des partenariats dynamiques entre enseignants et professionnels de l’information. Tous les enseignants, quels que soient leur niveau et leur discipline peuvent avoir recours au CLEMI, tant au plan national que régional, pour se former, obtenir des conseils ou des ressources.
Pour conclure
D’autres pistes à poursuivre
- Livres
L’Université du désastre /Paul Virilio /Galilée
L’économie de culture / Françoise Benhamou/ La découverte/
- Articles récemment parus dans la presse sur le sujet
Nicolas Carr : « Est-ce que Google nous rend idiot ? »
Thierry Vedel : « Internet creuse la fracture civique. »
Laure Belot : « L’intelligence à l’épreuve de Google : dans plusieurs pays, le QI des adolescents stagne. La faute d’Internet ? » Le Monde, p23 dimanche3 - lundi 4 octobre 2010
Sophie Lherm : « Internet rend-il bête ? » Télérama n°3106
Philippe Petit a conclu la journée en affirmant que le journalisme n’était pas mort. La presse est en crise pour des raisons économico-politico-symboliques et aussi, car en France, à la différence d’autres pays, existe un vrai problème de lectorat pour la presse écrite. Il faut, selon lui, également rétablir la différence entre le journalisme d’informations et le journalisme d’idées. Nous avons plus que jamais besoin d’intercesseurs, c’est-à-dire de journalistes d’idées. Face à la masse de livres édités, un besoin d’échelle de valeur, de repérage est urgent. Il faut donner à lire en offrant un maximum de pistes de compréhension. Il y a aujourd’hui beaucoup de penseurs méconnus à faire découvrir : Pierre Legendre, notamment avec son livre La Balafre chez Fayard, Bernard d’Espagnat et son Réel voilé chez Fayard, les livres d’Elie During, de Christophe Dejour et d’Yves Clot pour ne citer qu’eux. L’histoire des sciences, des techniques est une discipline extrêmement développée en France et pourtant peu transmise. Le livre de poche reste un moyen simple et efficace de circulation des idées, il existe une floraison de petits éditeurs même s’il reste à faire des efforts côté traduction pour les penseurs étrangers. Aujourd’hui, il est important de traiter des essais et pas uniquement les vingt titres dont on parle partout.
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