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Rencontres européennes de la lecture publique organisées par l’Enact en juin 2011
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- 06-09-2011
- Bibliothèques
Compte-rendu par deux bibliothécaires de la Médiathèque départementale parties pour un voyage d’étude à Londres.
Le périple a commencé à Paris, histoire de prendre de la hauteur ou de ne pas partir trop enthousiastes, c’est selon…
- La culture et l’Europe : des perspectives encore limitées
- La lecture publique version anglaise
- La British library
- L’Idea store de Whitechapel
- L’Institut français de Londres
- Le Learning Center de l’université de Kingston
- En guise de conclusion
La culture et l’Europe : des perspectives encore limitées
Enjeux
Stéphane Victor fait un point sur les actions de l’Europe en matière culturelle. La culture était initialement absente de la construction européenne et il existe une véritable difficulté à créer un marché culturel européen. Pourtant, il se dessine une stratégie en matière culturelle :
- Les états membres créent une place à la culture dans la stratégie de croissance sans minimiser le risque d’une culture axée sur la compétitivité…
- Un deuxième enjeu pour l’Europe sont les industries culturelles et créatives.
- Un troisième enjeu : l’agenda numérique, il faut s’armer pour l’ère numérique, trouver des infrastructures pertinentes, réfléchir aux droits de la propriété intellectuelle pour tenter d’avoir une approche commune.
- Le quatrième enjeu est le programme culture, quelque chose de très incertain, la proposition d’un cadre global dans lequel la valeur ajoutée de l’Europe serait probante. Un autre programme cadre est élaboré côté recherche et développement pour la formation.
Le programme culture
Critères de sélection
- Caractère innovant et reconductible
- Diffusion des résultats
- Effet de levier
- Réel partenariat.
Tout se passe sous la forme d’appels à projets avec critères d’inéligibilité. Il existe des points de contacts nationaux qui aident à monter les dossiers et diffusent l’information : Relais culture Europe à Paris et l’Agence Europe éducation (AEEFF) à Bordeaux.
Trois principes :
- financement additionnel à hauteur de 50%
- projet transnational avec au moins deux autres pays membres associés
- réalisation d’un projet.
Le programme culture a un budget de 400 000 millions d’euros. Son objectif est de promouvoir la mobilité des acteurs, des œuvres, de favoriser le dialogue inter-culturel. 80 projets sont financés par an soit 10% des dossiers déposés. On retient surtout une aide apportée aux festivals à dimension européenne, le soutien à la traduction, traduire d’une langue européenne vers une autre (forfait à la page). Dans le cadre de l’éducation et de la formation tout au long de la vie : 4 sous-programmes : Comenius, léonard de Vinci, Erasmus, Grundtvig...
Retour au menuPassé le Channel, une autre histoire commence celle des Idea Store..
La lecture publique version anglaise
Petit historique
Exposé de Kate Pitman, directrice de développement des Idea Store. Pour partir sur de bonnes bases : coup d’œil dans le rétroviseur ou la petite histoire des bibliothèques en Grande Bretagne.
Retour au menu 1850
- éduquer les masses
- démocratiser la connaissance
1850 : loi sur les bibliothèques publiques
C haque ville doit attribuer une part de ses impôts locaux au financement d’une bibliothèque, bâtiments et masse salariale exclus. Deux éléments ont joué : une meilleure représentation de la classe ouvrière au parlement et l’idée d’un meilleur contrôle social. Ce qui ouvre sur des missions, non dépourvues d’ambiguïté : éduquer les masses, avoir une classe ouvrière sobre et travailleuse mais aussi démocratiser la connaissance car la connaissance donne le pouvoir. L’approche des lieux est plus normative que philosophique, pas de réflexion d’ensemble..
1964
- augmentation du nombre des bibliothèques
- bibliothèques dans les zones urbaines
- bibliothèques itinérantes
1964 : Les bibliothèques publiques obtiennent des statuts : « Public libraries and museum Act »
Cette loi réaffirme la nécessité pour toute collectivité d’avoir une bibliothèque, qui permette à toute personne d’avoir accès, quel que soit son lieu de résidence, à un service complet, efficace et gratuit de lecture publique. Les termes restent donc vagues et ne donnent donc pas une définition précise des missions que les bibliothèques publiques devraient remplir.
On assiste alors à une forte augmentation du nombre de bibliothèques, surtout dans des bâtiments industriels et essentiellement dans les zones urbaines. Le mouvement est beaucoup plus lent dans les zones rurales. Des bibliothèques itinérantes se développent avec une offre de romans faciles mais les systèmes de fonctionnement restent irréguliers et les fonds disparates.
C’est aussi à ce moment là, que le gouvernement crée un ministère des bibliothèques dans le département de la culture même si les bibliothèques sont gérées par les collectivités locales. Dans la loi, le ministre est censé superviser la promotion et l’amélioration des structures. Dans un cas extrême, il peut prendre le contrôle d’un lieu.
L’état des lieux est donc très disparate : 151 bibliothèques publiques avec des normes différentes, des manières de travailler très variables.
Londres est aussi dans un situation étrange avec 33 arrondissements, 33 autorités avec leur politique propre. Les bibliothécaires sont placés dans différents départements et s’occupent aussi des problèmes de rue, de parking….
1974
- baisse des prêts
- baisse des heures d'ouverture
- spirale du déclin
Après 1974 : coupes dans les dépenses (choc pétrolier)
Pourquoi dépenser de l’argent pour les projets de bibliothèques ? Les professionnels n’ont pas de réelles réponses à fournir aux politiques, car il manque toujours une vue philosophique solide. Baisse des prêts, baisse des heures d’ouverture, spirale du déclin. On s’aperçoit que les bibliothécaires sont bons pour faire fonctionner les établissements mais mauvais pour défendre un projet..
1997
- rôles éducatif et social
- modernisation du service public
- évolution du métier de bibliothécaire
- multiplication des statistiques et tableaux de bord
1997 : gouvernement travailliste? mise en place de tout un système de mesures
Le ministre défend les bibliothèques comme lieux importants qui aident à l’éducation à tous les âges de la vie. La bibliothèque a désormais un objectif éducatif fort : accès à l’information sur le monde. les bibliothécaires promeuvent l’insertion sociale, la cohésion des communautés. Une communauté qui se rassemble dans une bibliothèque est en bonne santé.
Modernisation du service public . Les bibliothèques deviennent un bras du gouvernement : elles fournissent les services du gouvernement. Grâce aux ordinateurs, les bibliothèques fournissent au public des informations sur les hôpitaux, le permis de conduire, des documents administratifs en ligne. Elles jouent à plein leur rôle social.
Explosion des tâches pour les bibliothécaires , mise en place de formations pour devenir efficaces et apprendre à transmettre, développer un rôle d’éducateur.
Pour prouver l’efficacité des bibliothèques : multiplication des statistiques, des tableaux de bord, réalisation de plans annuels de développement, mesures d’impact, enquêtes auprès des usagers. Elaborer une vision pour les 10 prochaines années. Période intéressante de réflexion.
2010
- 485 bibliothèques menacées de fermeture
- création des Idea store
- recherche d'efficacité
2010 : série d’idées mais déception pas de nouvelle loi stimulante créée
Coupes budgétaires de nouveau pour réduire le déficit sur 3 ans. Les bibliothèques sont toujours vulnérables, 485 sont menacées de fermeture.
Avec les Idea Store, à l’inverse de ce qui se passe pour les bibliothèques traditionnelles, augmentation des horaires d’ouverture, soutien des collectivités locales.
Il y a une recherche d’efficacité : faire mieux avec moins, baisse de personnels : le service bibliographique est passé de 12 personnes à 1 seule : indexation et couverture externalisées, développement de services partagés et standardisation des systèmes informatiques pour une plus grande efficacité (comparaison des coûts des bibliothèques sur une même activité).
A Londres, les 30 bibliothèques sont regroupées au sein d’un consortium, qui a permis la mise en place d’un système partagé de gestion : cela a donné la possibilité aux usagers d’emprunter sur tous les sites avec une seule carte et d’accéder à un catalogue partagé avec un système de réservation.
Pour les bibliothèques, la gestion des stocks est partagée : une seule autorité qui passe contrat avec les fournisseurs, ce qui a permis d’obtenir une réduction de 44% pour la fourniture de documents équipés avec puce RFID et indexés.
Le consortium a permis aussi d’acheter des e-books de différents éditeurs sauf le kindle d’Amazone (idée de faire progresser le marché qui est très concurrentiel) et de s’abonner à de nombreuse ressources en ligne de référence (Britannica, journaux, quotidiens, test permis de conduire, etc)... .
Perspectives d'avenir ?
2012
- e-gouvernement et éducation online
- retour aux valeurs centrales : la lecture, l'information
- augmentation des bénévoles et délégation de la gestion à sociétés privées
Race online 2012 : les bibliothèques apparaissent comme un élément crucial du e-gouvernement : très économique de mettre tout en ligne. Les bibliothèques ont un rôle social déterminant à jouer : important pour l’éducation online des gens : tout citoyen doit pouvoir utiliser un ordinateur pour accéder aux services publics.
Augmentation des services des bénévoles : ils ont lutté contre la fermeture des bibliothèques. Se met en place une réflexion entre bibliothécaires professionnels et bénévoles avec une répartition des tâches et un programme de formation (selon l'idée de la « big society » : les gens prennent le pouvoir et la responsabilité de ce qui les concerne).
Evolution des modèles de propriétés : apparition de sociétés privées qui prennent en charge la gestion de bibliothèques et introduisent les bénévoles pour réduire les coûts. Implication des population locales : consultations locales avant nouveaux projets. Agence pour la lecture et lutte contre l’illettrisme : volonté de relever les standards de lecture pour les enfants. Travailler le plaisir de lire. Revenir aux valeurs centrales : la lecture, l’information.
Beaucoup de bibliothèques ont fermé mais celles qui ont fait leurs preuves se développent…la réflexion sur leur raison d’être est à poursuivre... .
La British library
Visite du lieu mythique
Présentation par Andy Stephens.
Déjà le bâtiment en lui-même ne laisse pas indifférent : entre usine, bateau, pagode, les briques rouges font écho aux bâtiments voisins de Saint Pancras. En fait, c’est un iceberg de 14 étages qui accueille 1200 lecteurs, 500 000 visites par an et 150 millions de documents dont seuls 40 % sont réellement à Londres, le reste en grande banlieue dans un nouveau bâtiment construit pour un stockage ultra-moderne.
C’est un service ouvert aux chercheurs, au monde des affaires, un soutien aux bibliothèques, et qui joue un rôle aussi auprès du grand public. Quiconque a un projet peut venir s’inscrire et sera orienté. Une ouverture sur l’innovation et le monde des entreprises se développe avec des lieux de rencontres proposés, des réponses aux demandes diverses, des coachings.
Visite des lieux et notament découverte intéressante du Learning center avec Ria Batlett : un endroit entre atelier et petit auditorium ultra design pour expérimenter avec les jeunes, essentiellement les scolaires, des approches interactives des expositions ou collections de la British, une approche fondée sur le ludique mais en lien étroit avec les projets pédagogiques. Une équipe de médiateurs est là en permanence et ne fait que cela : plusieurs groupes sont accueillis par jour.
L’Idea store de Whitechapel
Le vif du sujet
En compagnie de Sergio Dogliani, son directeur.
L’Idea store est au cœur d’un quartier le plus défavorisé de Grande Bretagne, très métissé. Il a un taux d’utilisation de 50 % ! A la base du concept d’Idea Store, une consultation de la population : quel type de bibliothèque voulez-vous ? Il y a eu une étude de Marketting sérieuse : 1 heure de questionnements pour les gens, des réponses détaillées. Un projet de consultation ambitieux, les gens étaient dédommagés de 20£ pour leur contribution.
Il ressort de cette étude que pour 98% des gens, les bibliothèques sont importantes. Ils veulent plus de livres et plus d’informatique. Ils souhaitent pouvoir combiner les activités de la bibliothèque avec d’autres choses, ne pas devoir aller dans un quartier éloigné. Ils veulent un lieu central. L’Idea Store sera construit à côté du métro, de l’hôpital, des commerces, en face du marché, le point le plus central même s’il aura fallu attendre plusieurs années pour acquérir cet emplacement.
Les gens voulaient de nouveaux services, ils trouvaient que les services publics étaient moins bons que ceux du privé. Il fallait donc ne pas mettre en avant l’image municipale mais faire appel à une agence d’architectes de design, de communication pour travailler sur l’image du lieu.
L’idée fut de se concentrer sur quelques points forts :
- l’apprentissage tout au long de la vie
- importance de l’environnement, d’un certain type de bâtiment, d’une localisation centrale
- importance des services proposés : livres, accès informatique, cours, café, expos, spectacles
- la communication comme axe essentiel : communiquer avec la population et consultations régulières du public.
- le comportement des professionnels : pas de rigidité, de formalisme. Le défi est de ne pas faire une bibliothèque stricte.
Des valeurs comme base du service :
- s’inscrire dans un processus constant de culture de l’amélioration pour offrir au public un réel apprentissage tout au long de la vie
- s'engager pour attirer les gens, les faire revenir, interagir avec eux.
- partager la responsabilité : écouter vraiment les citoyens, donner au public le moyen de faire par lui-même, cf information et services en ligne….
- développer l’enrichissement personnel : accueil dans le lieux de tout un programme de cours très diversifié (danse, stretching, yoga, massage, aux cours de langues, d’hygiène alimentaire, de comptabilité, littérature financière, permis de conduire, cours pour les familles, etc.) : 200 cours proposés, en collaboration avec d'autres services publics et associations.
Pour la communication :
- importance de l’image de marque,
- avoir une identité claire : couleurs, logos, tous les détails doivent être pensés.
- Communiquer avec la population : un magazine à 20000 exemplaires 4 fois par an.
- Avant l’ouverture : bombardement de messages auprès de la population.
Stratégie :
- être exigeant : trouver l’emplacement parfait pour ce lieu. Pas de compromis possible sur cette stratégie géographique. Etre au point central près du marché qui a lieu 6 jour sur 6 !
- intégrer volontairement les lieux d’apprentissage dans les lieux de consultation et de lecture
- savoir répondre à 90% aux demandes
- apprendre du secteur privé : le design des grands magasins, même standard de qualité pour la vitrine et la façon de présenter les livres : on montre les couvertures, on place à l’entrée les romans accrocheurs.
- ouvrir sur des plages horaires larges avec des horaires simples : 7j sur 7 toute l’année.
- pas de barrière physique à l’entrée : on entre dans un espace ouvert (le comptoir de prêt et d’accueil est placé sur le côté afin d’éviter l’intimidation)
- importance du café (il y a une cafétéria au dernier étage lumineuse, conviviale et appétissante), possibilité d’emporter partout sa tasse, idem pour les sandwichs, pas de règles affichées mais un savoir vivre ensemble mis en place avec les gens au coup par coup. On n’est pas au travail ou à la maison mais dans un troisième lieu (ex des nuits avec les familles et petits déjeuners collectifs, animations nocturnes pour une familiarisation de tous avec l’espace…)
- recruter les meilleurs : pas seulement un nouveau bâtiment mais une nouvelle façon de travailler. Recrutement sur un profil psychologique : personnes ayant le sens de la communication et de la convivialité, esprit ouvert, forte aptitude aux échanges. Les compétences professionnelles arrivent en deuxième place. Les futures recrues sont mises en situation de test sur une journée avec les autres membres de l’équipe, qui à la fin valident ou pas le recrutement.
- recruter des gens du coin
- programme complet ensuite de formation initiale
- emploi du temps : 1h par zone. Avoir une approche générale du lieu. Tout le monde doit savoir tout faire pour mieux répondre à toutes les demandes. Personne ne doit s’ennuyer. 180 personnes travaillent. 200 enseignants. Avec 2000 visites par jour, c’est l’Idea store le plus visité de Londres.
Dernières orientations :
- focalisation sur la lecture
- changements des espaces à l’intérieur du lieu
- Deux priorités : l’emploi et la santé
- Le lieux est en constante évolution en fonction des retours du public et des changements sociétaux.
- Budget : les cours sont financés par le gouvernement central soit 2,5 millions de £ 9 millions d’euros pour l’Idea Store.
- Les gens participent à 50% du coût des cours par leur inscription.
Difficultés à toucher les enfants de 0 à 5 ans et les personnes âgées en raison notamment d’espaces peu adaptés : réaménagements prévus et réflexion en cours mais il reste à trouver des financements.
L’Institut français de Londres
Petite visite dans le quartier « français » de Londres
L’institut français a pour mission première la mise en valeur du français. L’institut a 100 ans. Le prestige du français, des lettres françaises perdure. Le français demeure la langue étrangère la plus apprise. C’est aussi le pays de destination de voyage avant l’Allemagne.
Missions :
- développer les échanges artistiques
- créer des échanges avec les étudiants
- développer une programmation culturelle riche : cinéma, conférences, concerts
- soutenir les expositions de jeunes artistes français sous la forme d’appels à projet, idem en matière de musique contemporaine et musiques actuelles. Partenariat avec les universités britanniques.
Etat des lieux du livre en Grande Bretagne
Le marché éditorial anglais est le plus épouvantable au monde. Le plus gros des ventes de livres se fait sur Amazon et en grandes surfaces. Il n’y a plus de librairies indépendantes mais des géants de la librairie. Les éditeurs ont subi la crise de plein fouet. Les négociations entre éditeurs et libraires sont très tendues : pas de prix unique ! Le livre est un bien comme un autre : on achète au poids, 2 achetés = un gratuit. L’illettrisme est un fléau : 1 enfant sur quatre ne sait pas lire.
La littérature étrangère représente 2 à 3% seulement de la production, seuls 200 livres français sont traduits par an : des essais dits difficiles (ex Rancière, Badiou) ou des bestsellers qui ont des prix et qui ont déjà été traduits dans 5 ou 6 langues. (ex l’élégance du hérisson).
La langue anglaise offre par elle-même un marché immense, la nécessité de traduire ne se fait pas ressentir. La forme narrative est aussi différente : les anglais veulent qu’on leur raconte une histoire, ils aiment les storystellers. Ils détestent les romans courts. Un livre doit faire entre 200 et 500 pages.
Retour au menuLe Learning Center de l’université de Kingston
La bibliothèque est au cœur du processus d’apprentissage.
Le learning center a remplacé les cours en amphithéâtre au cœur de l’université.
Le principe est l'apprentissage actif :
- créer un environnement de travail équipé au mieux pour les étudiants : salle entière d’ordinateurs mis à disposition, postes de travail, productions multimédias. C'est un véritable changement du modèle éducatif.
- créer un triangle de fonctionnement : tuteur, étudiant, information ; plus de schéma de transmission verticale.
Le learning center est ouvert 24h sur 24h : 40% des étudiants le fréquentent tous les jours, 50% une fois par semaine, 90% taux de satisfaction.
Un personnel de bibliothécaires à l’écoute, souvent le premier contact avec les étudiants, un personnel qui étend ses compétences. Une réactivité par rapport aux demandes et des consultations régulières du public pour faire évoluer les services.
En guise de conclusion
Points de vue plus subjectifs
Nous avouons nous être questionnées au moment du départ, ayant lu des articles sur les Idea stores, sur l’état de la lecture publique au Royaume-Uni, nous étions en plein doute et assez sceptiques…Bref, nous pensions que ce voyage finirait de nous persuader que le libéralisme ne peut pas faire bon ménage avec de réelles ambitions de lecture publique.
Grâce à ce séjour, après des interventions de réelle qualité (le choix des intervenants était plus que pertinent), notre point de vue a bougé. Lire des articles dans la presse, assister à des conférences lors de journées d’étude, ne remplace pas ce temps qui nous a été offert. Nous étions non seulement en situation d’écoute, de recevoir des informations, mais aussi sur les lieux et donc dans la possibilité de réagir aux propos tenus, d’aller plus loin, d’être des observateurs avisés.
Cela va aussi modifier les formations que nous donnons auprès des professionnels de la culture. Nous ne sommes bien évidemment pas dans une fascination béate de ce que nous avons découvert mais les tentatives menées tant du côté des Idea stores que des Learning Centers prouvent que les bibliothèques ont une place fondamentale à jouer dans le monde d’aujourd’hui et dans la formation tout au long de la vie. Loin d’être dans un asservissement aux nouvelles technologies, pour faire moderne et attirer ainsi du public, les anglais semblent plus pragmatiques sur la question, ils font, tout en ne se lançant pas tête baissée (c’est notamment le cas pour les ressources numériques, puisque les Idea stores n’ont aucunement investi dans le cinéma et la musique en ligne, se contentant de fournir toutes les ressources de référence et d’autoformation déjà bien rôdées.) Leur force est sans doute dans une certaine réactivité face au public.
Nous avons beaucoup apprécié avoir des temps assez longs avec les intervenants, deux heures minimum. Ils étaient passionnants et passionnés, sans être donneurs de leçons, nous invitant plus à questionner la problématique de lecture publique aujourd’hui à partir de leur exemple. L’humour britannique a montré une fois encore son importance.

