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Liseuses et bibliothèques : je t’aime, moi non plus
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- 03-12-2011
- Numérique
Retour sur l'expérimentation conduite par le MOTif et la BDP des Yvelines avec 7 bibliothèques municipales.
Livre numérique : fichier électronique contenant un texte au format numérique.
Liseuse : petit appareil léger et autonome permettant la lecture du livre numérique.
Quelle est leur place en bibliothèque ?
La journée professionnelle "Le numérique en bibliothèque" du 4 octobre 2011, qui s’est tenue à Viroflay, a été l’occasion d’en débattre.
- Prêt de liseuses dans 7 bibliothèques d'Ile-de-France
- Une expérimentation indispensable
- En conclusion
Prêt de liseuses dans 7 bibliothèques d'Ile-de-France
Présentation de l'expérimentation par le MOTif
Le prêt de liseuses dans 7 bibliothèques des Yvelines a été expérimenté de novembre 2010 à avril 2011. Il s’agissait de mettre des liseuses à la disposition des lecteurs et d’en assurer la médiation.
La Bibliothèque départementale des Yvelines (BDY) a passé une convention avec le Motif pour la fourniture de liseuses pré-chargées et avec les communes concernées.
Le MOTif a négocié avec Bookeen pour l’assistance technique et avec Bibliosurf pour le contenu : acquisition de livres numériques et rechargement si nécessaire en cas de problème avec les fichiers DRM.
Un questionnaire a été diffusé à chaque emprunteur de liseuse.
Retours des lecteurs de la bibliothèque de Méré
Méré est en zone rurbaine, la population passe beaucoup de temps dans les transports. Les liseuses ont été prêtées pour 3 semaines mais face à la demande le prêt a été ramené à 15 jours. Dans un premier temps les utilisateurs ont été motivés par la curiosité, certains furent convaincus et ont vu cela comme un complément du livre papier très pratique dans les transports ou pour les vacances. Le prêt de liseuse a concerné plus les femmes que les « geeks ».
Les « moins » : l’appareil n’est pas tactile ; en noir et blanc ; lenteur pour tourner les pages ; pas simple d’aller à une page précise ; manque de vision globale du livre ; pas de quatrième de couverture; appareil à usage unique, crainte d’abîmer l’appareil.
Les « plus » : prise en main facile ; méthode de lecture assez proche de la méthode papier ; bonne qualité de l’encre numérique, pas de rétro-éclairage ; appareil peu encombrant ; les caractères peuvent s’agrandir ; bien pour un usage ponctuel ; pratique dans les transports en commun.
Avis des bibliothécaires de Méré
L’usage est surtout ponctuel. Techniquement l’appareil est déjà dépassé, fragile. Il faut compter 6 mois d’existence pour une liseuse. L’appareil reste coûteux et le problème des DRM se pose. De plus les prix sont encore assez élevés pour les livres numériques.
Les maisons de retraite n’adhèrent pas entièrement car la manipulation des liseuses demande une certaine autonomie.
Le bibliothécaire doit prendre environ 10 minutes par personne, hors explication du téléchargement, pour former le public à l’usage de la liseuse. Il est important d’avoir du matériel en réserve en cas de panne.
Une expérimentation indispensable
Le numérique à la bibliothèque de Viroflay
BM de Viroflay
La Bibliothèque de Viroflay propose un service innovant de consultation sur place de liseuses (FnacBbook, Sony) et d’Ipad 2. Les liseuses contiennent des livres libres de droits et des nouveautés littéraires, les Ipad 2 des livres téléchargés depuis l’Itunes Store.
Le temps de consultation sur place est d’une demi-heure pour les Ipad 2 et 1 heure pour les liseuses. Des formations à l’utilisation des liseuses et de l’Ipad 2 sont organisées, ce qui demande un investissement important en temps et en énergie.
Reste à savoir comment acheter du contenu numérique en ligne quand on est une collectivité. Et peut-on acheter du contenu sans DRM ?
Vincent Monadé (Le MOTif) répond que le libraire ne peut pas décider la suppression des DRM, mais de plus en plus d’éditeurs ne l’utilise plus.
Le point de vue de l'Addnb
Pour Michel Fauchié, président de l’Association pour le développement du numérique en bibliothèque, « Notre rôle est de tester ces supports, de partager nos expérimentations, d’aider nos collègues et de déterminer ensemble un cahier des charges. » Bibliothécaires, libraires, éditeurs et distributeurs doivent adopter un protocole et une évaluation commune pour l'expérimentation.
Choisir une tablette ou une liseuse, penser à des systèmes sous Androïd comme pour les jeux vidéo est déjà une expérimentation.
Et pourquoi pas s’associer avec les libraires pour faire des démonstrations de livres numériques ou mettre en valeur la création littéraire en donnant un accès en streaming aux abonnés des bibliothèques?
Les bibliothèques de St Raphaël sont également très actives dans le domaine du numérique.
Le soutien du Ministère de la Culture
L’expérimentation numérique doit être intégrée à la politique de l’établissement
- démarche globale et collective
- quelles ressources, pour qui, comment ?
- ressources à la fois en accès sur place et à distance
- accès avec authentification unique
- stratégie de communication autour de la bibliothèque numérique
De son côté Pauline Le Goff-Janton du Service du Livre et de la Lecture du Ministère de la culture, pense qu’il faut expérimenter pour comprendre les nouveaux usages des lecteurs (culture de l’écran, Internet comme média à tout faire, déclin de la presse et des livres, stagnation de la fréquentation des les bibliothèques).
Elle cite les exemples de la bibliothèque du Chesnay pour les ressources numériques, celui des Médiathèques du Grand Troyes pour les services en ligne et la bibliothèque de Locminé pour le prêt de liseuses.
L’expérimentation numérique en bibliothèque se développe sur les territoires ruraux et dans les grandes bibliothèques municipales grâce notamment aux BDP qui apportent expérience et aides financières.
La ministère de la Culture et de la Communication a lancé depuis 2009 un appel à projets autour des « Services numériques culturels innovants ». Les projets soutenus sont présentés sur la plateforme Culture Labs.
Retour au menuLe rôle des libraires et des éditeurs
Jérôme Dayre (Atout Livre et Libr’Est) estime qu’il n’a pas les moyens de proposer du numérique. Il pense que les liseuses n’ont pas leur place dans sa librairie et craint qu’avec le numérique il n’y ait plus de médiation. Avec le livre numérique le libraire a au mieux 20 % de remise et il est obligé d’avoir un site pour communiquer. Enfin le livre numérique coute 1,50 euro moins cher que le livre papier. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Toutefois Libr’Est proposera bientôt l’achat de livres numériques sans DRM ; mais le choix sera restreint. Il est donc nécessaire qu’éditeurs et libraires développent ensemble des plateformes numériques. Et attention en cas de marchés car une offre double (numérique + papier) pourrait être plus intéressante que d’avoir 2 fournisseurs différents.
D’après Hervé Bienvault (Aldus Conseil) le DRM est une contrainte pour les usagers : ils ne sont plus propriétaires de l’achat effectué et l’accès aux livres est verrouillé. Des parades existent comme le watermark (tatouage numérique), plus simple à gérer que le DRM. Au Québec le marché est plus en avance que nous. Des livres avec fichiers chronodégradables sont proposés : 1 fichier = 1 livre = 1 personne.
Les éditeurs prennent peu à peu conscience de ces obstacles et craignent que le livre numérique fasse disparaître le livre de poche. Et il y a le risque qu’Amazon capte 50 à 60 % du marché du livre numérique en France. L’Allemagne a su s’organiser avec une plateforme commune.
Vincent Marty (Dilicom) présente ce service interprofessionnel destiné à faciliter le développement des Echanges de Données Informatisés (EDI) dans le secteur commercial du livre. Il est avant tout destiné aux distributeurs et aux libraires ; il ne travaille pas en direct avec les bibliothèques. Dilicom propose plus d’1 200 000 références auxquelles s’ajoute le livre numérique. Les normes Onix et Hubb référencent les catalogues de toutes les plateformes à l’exception de Numilog. Iznéo et Immatériel sont en pourparler avec Dilicom sur l’idée de la notion de bouquet. Mais Dilicom pense proposer aussi du titre par titre.
Retour au menuEn conclusion
Un marché émergent qui laisse la place à l'expérimentation
Le marché du livre numérique n’existe pas actuellement, le coût est prohibitif : 17 à 18 €. Pour Vincent Monadé (Le Motif) « il n’y a pas d’urgence à s’équiper de contenants numériques dans les médiathèques. » En revanche elles doivent jouer un rôle de « fournisseurs de contenus. » Il y a une demande autour du numérique et le bibliothécaire doit être le médiateur de ces outils technologiques.
Retour au menuEt en Seine-et-Marne ?
La Médiathèque départementale propose depuis septembre 2011 une offre de ressources numériques : Medialib77. Ce service destiné à tous les seine-et-marnais donne accès à de la VOD, de la musique en ligne, de l'autoformation et des ebooks.
30 liseuses (Cybook Orizon et Pocket Book) sont actuellement mises à disposition des bibliothèques du département pour des ateliers. L'Astrolabe de Melun a également acquis quelques liseuses pour les prêter à ses usagers.
Par ailleurs, un groupe de travail départemental composé de 10 bibliothèques a été constitué pour partager et évaluer ces expérimentations.
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Sur ce site
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