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Le web 2.0 et les bibliothèques
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- 16-08-2011
- Société de l'information
Ou, pourquoi les bibliothèques doivent-elles être présentes sur Facebook, Twitter et Babelio ?
Compte-rendu de la formation organisée en mai 2011 proposée par Lionel Dujol, responsable des services numériques et de la médiation numérique des collections du réseau des médiathèques du Pays de Romans.
Cette journée visait à appréhender les enjeux du web 2.0 pour les bibliothèques et à identifier les réseaux sociaux les plus pertinents afin d'être en capacité de mettre en oeuvre un projet de service autour de la médiation numérique des collections.
- Caractéristiques du web 2.0
- Comprendre les réseaux sociaux
- La bibliothèque ébranlée
- Projet de médiation numérique
Les bibliothèques sont au cœur des problématiques liées à l’essor fulgurant du web et plus récemment du web 2.0. Internet engendre de vrais bouleversements dans la manière d’accéder au savoir et de l'appréhender ; Bruno Racine, dans Google et le nouveaumonde , évoque ainsi des incidences équivalentes à celles provoquées par l’invention de l’imprimerie. Le web 2.0, ou web social, implique de nouveaux usages et attentes ; les services sont privilégiés par rapport aux contenus. Or les bibliothèques ont malheureusement une vision très documentaire du web, une approche trop étroite.
Dans ce contexte de transformations intenses, il s’avère essentiel pour les bibliothèques de s’interroger sur la place qu’elles peuvent occuper sur Internet et sur les outils du web 2.0 que les bibliothécaires peuvent utiliser aujourd’hui pour valoriser les collections et communiquer avec les usagers. Afin de répondre à ces questions, il est proposé, tout d’abord, de définir les caractéristiques du web social et de comprendre les réseaux sociaux. Puis, il convient d’appréhender les enjeux pour les bibliothèques d’utiliser les outils du web 2.0, d’identifier les réseaux sociaux les plus pertinents et de s'interroger sur la manière d'y être présent. Enfin, en prenant appui sur l’exemple des médiathèques des Pays de Romans, le constat est établi qu’un projet de médiation numérique ne peut être pensé indépendamment mais qu’au contraire il a des incidences sur toutes les actions de médiation et qu’il implique un projet global de bibliothèque.
Caractéristiques du web 2.0
Evolution du web
De grandes tendances dans l’évolution du web peuvent être distinguées au fil des décennies :
- les années 80 sont celles du règne d’IBM,
- les années 90 voient le développement de Microsoft et des logiciels, et des Personnal Computers (PC),
- l’enjeu des années 2000 est d’être connecté,
- aujourd’hui, c'est la mobiquité qui régit le web avec des services accessibles sans contrainte de temps, lieu ou terminal (Google documents en est un exemple ainsi que les systèmes de disques durs en ligne permettant d’accéder à ses données depuis n’importe quel terminal connecté à Internet).
Dans son livre De la démocratie numérique (Le Seuil, 2009), Nicolas Vanbremeersch distingue trois sphères du web :
- le web documentaire (froid)
- le web social (chaud)
- le web de l'information et des médiateurs (les journalistes notamment).
A la croisée des trois, se trouve wikipedia . Les bibliothèques doivent aussi se trouver à ce croisement.
Retour au menuDéluge informationnel
http://www.flickr.com/photos/hypothese/1204522193
L’information est exponentielle. Tim O’Reilly, qui avait déjà proposé le concept web 2.0 en 2005, parle maintenant de web². La maîtrise du flux n’est plus possible ce qui perturbe les bibliothèques centrées sur le stock et le classement des informations.
Retour au menuParticipation
Les contenus ne sont pas générés seulement par les organismes et institutions comme c’était le cas avec le web 1.0 mais par les internautes. Le web social met l’usager au centre, il repose en grande partie sur la notion d’ "UGC" (User Generated Content), c’est-à-dire des informations produites par les internautes eux-mêmes. Même le simple ajout d’un tag participe à la production de métadonnées (le tag équivaut en quelque sorte à une vedette matière, jusque là réservée aux bibliothécaires).
Les services s'améliorent à mesure que le nombre d'utilisateurs augmente : plus un service est utilisé, plus il est riche. L’exemple de Flickr peut être cité ; sur ce site de partage de photos en ligne, plus les internautes "taggent" les photos, plus le référencement est enrichi.
Retour au menuPlateforme de services
Les sites qui génèrent le plus de flux ne sont pas ceux d’institutions mais ceux qui proposent des services.
Exemples :
- Youtube : c'est d'abord un service, le partage de vidéos.
- Tous les sites de journaux sont devenus des plateformes de services.
Les contenus et les services proposés permettent de faire la différence : si l’internaute adhère aux contenus, il adhère de fait à la marque (cette stratégie marketing se retrouve par exemple sur la chaîne du bricoleur sur Youtube, qui renvoie vers les magasins Castorama). Ce principe peut s’appliquer en bibliothèque : si des contenus attractifs sont proposés, les internautes peuvent s’y intéresser et identifier ensuite la bibliothèque comme la source de ces contenus.
Certaines fonctionnalités fidélisent les internautes, même s’ils ne s'en servent pas obligatoirement (commentaires, liens vers Facebook, options de personnalisation…) : cela contribue à construire l’image de la structure représentée par le site, en l’inscrivant dans une logique de services et de mise en avant de l’usager.
Retour au menuOuverture des données
http://www.flickr.com/photos/chechipe/180002202/
Le web 2.0 est constitué de silos interconnectés ; sa richesse provient des données ouvertes. Or ce que produisent les bibliothèques reste fermé. De fait, elles disparaissent du paysage ; la Bpi et le Louvre cherchent à y remédier.
L’ouverture des données facilite la dissémination, car les informations s’interpellent, se complètent de lien en lien.
Retour au menuDéplacement du centre de gravité
Le contenu est approprié par l’internaute ; ce qui est important c’est non seulement sa publication mais qu’il soit recommandé par la communauté, que l’internaute y adhère, se l’approprie, en assure la diffusion.
Par exemple, une comparaison des Unes de Libération en ligne sur 10 années d’intervalle permet d'en mesurer l'évolution. En 1999, la Une était la même pour tous les internautes. Aujourd’hui, après identification, la Une est personnalisée en fonction des centres d’intérêt de l’usager ; l’article peut être partagé.
Sur les sites des bibliothèques, ces codes sociaux du web ne sont malheureusement que très rarement présents.
Retour au menuDésintermédiation
Illustration humoristique
The New 24 Hour Song Discovery Cycle (en anglais)
http://www.hypebot.com/hypebot/2010/08/chart-the-new-24-hour-song-discovery-cycle.html
L’«homo numéricus» se caractérise par une surestimation de soi car il agit avec un sentiment d’autonomie. De fait, les intermédiaires traditionnels disparaissent (ex : les agences de voyage). Ce phénomène, les bibliothèques le subissent aussi.
En fait, l’internaute a toujours recours à des intermédiaires mais de manière inconsciente. Le terme «désintermédiarisation» est maintenant utilisé pour évoquer le changement d’intermédiaire.
Retour au menuMobilité
C’est la caractéristique du web qui va se développer le plus dans les années à venir. Plus d’un million de iPads a été vendu en un mois au moment de leur mise en vente.La notion de sédentarité change pour adopter la formule « Etre partout chez soi », devenue possible grâce à la «mobiquité» : les services peuvent être utilisés quel que soit le lieu, le moment et le terminal.
Certaines bibliothèques – encore rares – l’ont compris et développent aujourd’hui des versions mobiles de leur site (ex : la Bibliothèque de Toulouse et son application Bibli&co ).
Retour au menuMais le web ...
La règle du 90-9-1
- 90% des internautes consomment l'information (1.0)
- 9% éditent (notation, commentaires de temps en temps)
- 1% amène du contenu
- n'est pas réellement un espace de liberté n’est pas un modèle économique : on ne touche pas d'argent.
- propose des services qui ne sont jamais pérennes.
- n’est pas un lieu de participation de tous ; la règle du 90-9-1 s'y applique. Sur Youtube, seulement 0.3% des usagers sont contributeurs c'est suffisant pour ce site. En revanche pour une bibliothèque, la masse critique n'est pas suffisante.
- pose la question du stockage des données, le cloud computing : où sont les données ? qui les conserve ? dans quels buts ?
Comprendre les réseaux sociaux
Vecteurs d'audience
Depuis mars 2010, ce n’est plus Google qui amène le plus de trafic vers les sites mais Facebook. Facebook compte 600 millions d’utilisateurs soit la moitié des internautes (23 millions de comptes en France soit 1/3 de la population). Il est en train de récupérer les membres des autres réseaux sociaux (MySpace est en train de s’écrouler).
Aujourd’hui on peut considérer qu’un lien recommandé sur Facebook a plus d’audience que le prime-time de TF1.
Retour au menuAudiences ciblées
Quelques chiffres
- 90 % des internautes déclarent faire confiance à des recommandations d’amis,
- 70 % font confiance aux recommandations d’internautes inconnus,
- 42 % se fient à de la pub.
Le réseau social amène des audiences ciblées avec un fort potentiel de réutilisation des contenus. On parle de « dissémination virale » car une communauté d’intérêt est rapidement touchée. Le web est structuré par les communautés d’intérêts et de pratiques (même métier, mêmes goûts, même cursus…).
Ce qui marche, c’est la recommandation, le conseil, or c’est le cœur du métier de bibliothécaire. L'importance n'est pas seulement le contenu mais de savoir s'il sera recommandé derrière.
Retour au menuImportance de l'individu
L’individu est au cœur du réseau social et pas l’institution. L’expertise du bibliothécaires est reconnue mais oubliée.
Le web social permet l’interaction et assure d’être au cœur des conversations.
Retour au menuQuelques réseaux sociaux
Les réseaux sociaux et les jeunes
Aujourd'hui, 96 % de la génération Y (les jeunes nés après 1997) est membre d’un réseau social.
Il est conçu comme un club privé, fermé. En effet, pour y accéder, il faut une autorisation. Le réseau se tisse sur des affinités : la notion d’« amis » implique des centres d’intérêt partagés. Des contenus, des événements peuvent y être crées. Facebook peut être utilisé comme un outil de veille professionnelle.
C’est le réseau social du livre ; il comprend 1 200 000 amateurs en France qui partagent leurs lectures, leurs critiques. Babelio existe également dans le même domaine.
Retour au menu La bibliothèque ébranlée
C’est le modèle conçu sur le stock, la rareté qui est ébranlé car aujourd’hui, c’est l’abondance qui caractérise notre société. La bibliothèque est le lieu du prêt temporaire, de la centralité, alors que le web permet l’accès permanent, la dissémination. En Grande-Bretagne, les bibliothèques ferment dans un contexte de crise et de purge des services publics ; elles sont considérées comme accessoires alors qu’elles devraient être considérées comme le pilier fondamental de la démocratie. Les pouvoirs publics avancent l'argument que le web pallie ces fermetures. Dans ce contexte, il ne faut pas attendre que les usagers viennent jusqu’aux bibliothèques. Les bibliothèques doivent aller sur le terrain des usagers par le biais de leurs pratiques sur le web notamment.
La bibliothèque doit s’aligner sur le principe clé du web, qui est de se servir, de trouver ce que l’on cherche. Quelques clins d’œil à ce principe :
- le livre de Steve Krug, Je ne veux pas chercher ! Optimisez la navigation de vos sites et menez vos internautes à bon port.
- l’option de recherche de Google : « J'ai de la chance »
- la déclaration de Roy Tennant, de l’OCLC : « Seuls les bibliothécaires aiment chercher, tous les autres aiment trouver »
- le site de la Cuyahoga County Public Library : pas de bouton «search» mais une rubrique «stop searching, start finding».
En outre, la visibilité des bibliothèques est remise en question sur le web (et ce d’autant plus que la profession fait l'objet de stéréotypes tenaces !). Elles doivent donc y être présentes, et y être bien référencées (la bibliothèque de Lyon, par exemple, apparaît rapidement dans certains résultats de recherche, mais ce n’est pas le cas de la majorité des bibliothèques). Les usagers étant multiples, la bibliothèque doit s’ouvrir à tous ces usages, et donc travailler sur des codes d’usages du web, pas des bibliothèques.
Le concept des bibliothèques troisièmes lieux peut apparaître comme un prolongement de cette idée : la bibliothèque – et son site – deviennent le lieu où peuvent s’épanouir et s’exprimer toutes les pratiques, personnalisées et collectives. L'objectif n'est pas seulement de plaire à l'usager, ni d'abandonner les collections ! Il s'agit de trouver un équilibre entre l'offre et la demande.
Le catalogue 2.0 : un outil de médiation des collections
- Dissémination
Actuellement, les gens ne cherchent pas spontanément leurs informations sur les catalogues des bibliothèques. L’enquête « Perceptions of libraries 2010 » montre en effet l'absence de recours aux sites de bibliothèques pour une recherche documentaire : 0 % en 2010 contre 1 % en 2005 ; 84 % des internautes utilisent un moteur de recherche et 3 % vont directement sur wikipedia.
Les catalogues ne sont pas vraiment pensés pour être sur le web mais plutôt conçus uniquement comme des outils de recherche documentaire. La question est donc de savoir si les bibliothèques sont dans l'environnement quotidien des usagers : ceux-ci n’allant pas vers le catalogue, c’est au catalogue d’aller jusqu’à eux, grâce à une logique de dissémination.
Exemples d’outils de dissémination :
- les flux RSS : attention, il faut penser à la granularité des abonnements en déclinant les flux : pas un flux «catalogue» mais des flux «nouveautés», «poésie», «bd», «premiers albums»… (voir, par exemple, les Fils de nouveautés de la Médiathèque Intercommunale Ouest Provence ). Peuvent être proposés également des flux personnalisés ; par exemple, suite à une recherche, l'usager peut s'abonner à un flux pour être tenu au courant de toutes les acquisitions ultérieures correspondant à cette recherche (cf : fils RSS des Médiathèques du Pays de Romans) .
- les plug-ins : permettent d'enrichir la recherche documentaire. LibX par exemple propose à l'internaute d'installer, par exemple, la barre d'outils du site de la bibliothèque dans son navigateur (cf : bibliothèque d’Angers , bibliothèque francophone multimédia de Limoges ).
Ces outils s’inscrivent dans le quotidien web des internautes et réduisent le nombre de clics pour accéder à l’information. Ils font aussi appel à la notion de sérendipité (l’art de trouver ce que l’on ne cherche pas, contrairement à la «zemblanité» : ne pas trouver ce que l’on cherche !) : la recherche amène « par hasard » l’internaute au site de la bibliothèque, bien que cela ne relève pas d’une démarche volontaire de départ.
Google inverse la logique du catalogue et donne l’habitude d’aller au cœur du contenu (recherches d'occurrences). La Bibliothèque Universitaire Paul Verlaine de Metz a travaillé suivant le même principe : au niveau des notices, sont proposés des liens vers Google livres pour voir les aperçus du livre.
Retour au menu- Enrichissement de notices
Le catalogue 2.0 permet un enrichissement des notices grâce notamment aux web services qui récupèrent des informations fournies par d’autres sites.
Quelques exemples :
- la bibliothèque de Saint Herblain propose sur son catalogue des notices proches de celles des sites de librairies. Elles comprennent un résumé et une couverture récupérés d’Amazon, des extraits musicaux, la possibilité de d’évaluer et de critiquer les documents...
- la BDP du Haut-Rhin propose sur son catalogue, Calice 68, des notices conçues comme des plateformes de contenus et services : bibliographies, écoute en ligne depuis last.fm, vidéos de l’Ina… Les sites sont sélectionnés (l’Ina a ainsi été préféré à Youtube) de manière à enrichir la notice avec des sources validées.
http://www.flickr.com/photos/smemon/5684115572/
- Recommandation
La recommandation statistique (historique des achats, des prêts, sur le mode «ceux qui ont emprunté, ont également emprunté») est pertinente car elle est liée à la communauté. En bibliothèque, elle est moins efficace en raison de la remise à zéro tous les 4 mois des transactions (cf : Cnil).
La recommandation des usagers peut fonctionner mais le bibliothécaire doit participer afin d'éviter la scission entre recommandation validée des bibliothécaires et «les autres». L’interactivité est dans la conversation : le bibliothécaire doit signer le commentaire (au moins par prénom). Ce type de recommandation permet de créer une communauté d’intérêt par sujet avec une expertise. Cette fonctionnalité peut être ouverte à tous, même aux non-abonnés (c’est par exemple ce que fait la bibliothèque de Saint-Herblain).
L’indexation sociale, ou folksonomie, correspond au phénomène de l'intelligence collective. Pourquoi ne pas le faire sur le catalogue? Les nuages de tags amènent de la souplesse à la rigueur du thésaurus.
Certains catalogues permettent de mettre des icônes facebook, twitter sur les notices : grâce à ces outils, l’usager devient le VRP de la bibliothèque ! Ces fonctionnalités peuvent se révéler utiles pour ceux qui sont habitués aux codes d’usage web, et contribuer à la dissémination de l’information.
- Participation des usagers
Il faut miser sur la participation en bibliothèque, toutefois elle reste très limitée. Pourquoi?
- il faut s'identifier
- la mise en valeur de la participation des usagers n'est souvent pas faite, leurs recommandations restent invisibles
- les bibliothèques ne participent pas.
Les bibliothèques qui ouvrent aux non abonnés, mettent en valeur les contenus produits par les internautes et participent eux aussi dans le même espace restent confidentielles (cf : règle du 90-9-1). Pour autant, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas important de le proposer, car ces fonctionnalités fidélisent. En revanche, elles n'amènent pas de nouveaux usagers, il n’y a aucune conquête de publics par ce biais.
http://www.flickr.com/photos/lloydm/391392106/
- Mobilité
En 2010, on compte 43% de mobinautes et 23% sur smartphone. Il y a donc de vraies propositions à faire de ce point de vue. Certains OPAC ont des versions sur iPhone, comme celui de Toulouse. Cette fonctionnalité est à intégrer dans le cahier des charges des SIGB.
Robert Darnton affirme que « le livre est disqualifié pour cette nouvelle génération car il ne répond pas aux critères qui sont les leurs », parlant notamment de la notion d’immédiateté : réintroduire de la mobilité peut rapprocher les internautes du sentiment d’immédiateté.
Les bibliothèques au cœur des réseaux sociaux
Quelques bibliothèques sur Facebook
- Dole : Médiamus (sur la musique)
- Pays de Romans : en mai 2011, 400 "fans" sur la page généraliste et 700 sur Médiabédé , page consacrée à la bande dessinée... d'où la pertinence d'une approche thématique !
Beaucoup de bibliothèques utilisent Facebook comme outil pour communiquer avec leurs usagers, faire des annonces... Il est recommandé d'avoir une page et non un profil, et de proposer des informations par thématiques afin de cibler les internautes par communautés d'intérêts.
Exemples de fonctionnalités à proposer :
- mettre un onglet catalogue (cf : page Facebook de la bibliothèque d'Angers),
- donner accès au compte lecteur,
- créer des « événements » correspondant au programme d’actions culturelles, et auxquels les internautes peuvent choisir de participer ou non.
Twitter représente également un canal possible pour les bibliothèques.
Flickr peut donner une visibilité que le site institutionnel ne possède pas. Par exemple, la bibliothèque de Toulouse a numérisé un fonds de photos anciennes et les a mises en ligne. Au départ, c'est un échec sur le site institutionnel. Puis en les mettant sur Flickr, les usagers se les sont appropriées, les ont taggées.
Certains catalogues intègrent Babelio comme webservice (ex : Toulouse) pour un coût d’environ 2 000 €.
Retour au menuLa bibliothèque productrice de contenus
Quelques blogs thématiques de bibliothèque
- Mediamus : le blog de la bibliothèque de Dole est l’un des 20 blogs musicaux les plus visités en France
- Le 68 fait des bulles : le blog BD de la Médiathèque départementale du Haut-Rhin, avec des critiques, des actualités...
- Le blaireau durable : le blog sur le développement durable de la Médiathèque d'Antibes
- Dimension ados : le blog des bibliothèques de Brest dédié aux adolescents, avec des coups de cœur, un comité de lecture, des émissions, spéciales...
- SOS Devoirs : un site d'aide aux devoirs présenté sur le portail jeunesse des bibliothèques publiques de Montréal, proposant des informations thématiques, des références de livres, des sitothèques...
- Points d’actu : le blog consacré par la bibliothèque municipale de Lyon à l'actualité, sous forme d'articles et de dossiers thématique
Il faut se poser la question de ce qu’une bibliothèque peut apporter au web et non seulement l’inverse : c’est la question des contenus qui est essentielle. Les bibliothèques peuvent apporter leur expertise, par des choix, une politique documentaire, en proposant des alternatives face à la pléthore des contenus du web.
Le travail de «curator» prend tout son sens, en tant que travail de sélection et d'orientation parmi la masse. Cela change les piliers du métier de manière intéressante car l’aspect intellectuel est très développé (critique, sélection…). Par exemple, le service Music Me de Calice 68 permet une éditorialisation de la page : la bibliothèque assure ainsi des recommandations (plus de 450 abonnés). Le travail de sélection consiste également à réfléchir à la place à donner aux indépendants (par exemple Publie.net ).
Les bibliothèques peuvent créer elles-mêmes des contenus et les mettre en valeur de multiples façons :
- blogs (voir encadré)
- géolocalisation : les cartoguides des médiathèques du Pays de Romans permettent de visualiser sur une carte du monde les documents de la bibliothèque en fonction des pays auxquels ils se rattachent (cartoguide pour les guides de voyage, cartorecettes pour les livres de cuisine, cartovoyages pour les carnets de voyages…). Elles peuvent être réalisées avec un logiciel simple, en accès gratuit sur Internet ( Batchgeo ) ; il existe un outil similaire pour établir des chronologies ( Dipity ).
- QR codes : ils permettent de renvoyer les internautes vers des contenus web, et peuvent donc être utilisés par les bibliothèques pour apporter des contenus. Il s’agit de «redocumentariser l’espace» avec des données contextuelles la bibliothèque devient mobile ? On peut ainsi imaginer en mettre sur les livres, renvoyant à une critique, une animation, une version numérique…
- réalité augmentée : elle peut être pensée au sein des bibliothèques, pour des expositions, des événements… Le document existe dans l’espace (cf : application Culture clic utilisée notamment par le musée du Louvre).
Retour au menu
Projet de médiation numérique
Un projet global de bibliothèque
Avant de s'engager dans un projet de médiation numérique, il est essentiel d'en définir les enjeux et les limites. C'est, en effet, en partant des missions de la bibliothèque et des besoins documentaires des usagers que les outils de médiation et les contenus peuvent être décidés (cf : Pyramide d'un projet de médiation numérique proposée par Silvère Mercier). De plus, la médiation doit être appréhendée de façon globale car les outils du web 2.0 ne sont qu'une partie de la valorisation des collections et les services en ligne doivent impacter les services "réels". De fait, un tel projet de service implique toute l'équipe.
Force est de constater que la bibliothèque hybride ne relève pas de compétences techniques mais plutôt d'un état d'esprit. Ce n’est pas une révolution mais une évolution. Il est donc important de :
- faire confiance aux usagers
- répondre aux nouveaux besoins
- se débarrasser de la culture de la perfection
- être attentif aux nouvelles technologies
- faire de la veille.
L'identité numérique
La bibliothèque doit alors gérer son identité numérique qui varie d'ailleurs selon les outils utilisés. Sylvère Mercier dans un article publié dans Bibliobsession en distingue quatre :
- l’identité institutionnelle (le site de la bibliothèque),
- l’identité de service (cf : Guichet du Savoir )
- l’identité thématique (cf : Mediamus , Points d’actu …),
- l’identité de personnes ressources, qui s’expriment nominativement (cf : Trollire , le blog des bibliothécaires jeunesse de Grenoble).
L'exemple des médiathèques du Pays de Romans
Les accès aux collections sont diversifiés :
- le catalogue sur le site institutionnel
- un blog Everitoutheque
- Facebook avec une page généraliste et une page spécialisée Médiabédé
- la revue mensuelle papier.
Il n'y a pas qu'une médiation, mais elle existe partout grâce à une redondance des dispositifs.
Retour au menuVoir aussi
Sur ce site
- Lire le monde aujourd'hui
Zoom sur
Sur Internet
- Everitoutheque
Blog des Médiathèques du Pays de Romans
- Bibliothèque apprivoisée
Blog de Lionel Dujol - Développer la médiation documentaire numérique
Enssib - Mettre le numérique au service d'un nouveau modèle de bibliothèque
Tosca Consultants
Consulter
- Web social au service des bibliothèques
PowerPoint de la formation

