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Annecy, écrin de l'animation

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  • 31-07-2012
  • Cinéma d'animation

Retour sur l’édition 2012 du festival international du film d’Annecy

Annecy animé

Dates à retenir

Rendez-vous l'année prochaine, du 10 au 15 juin 2013 !

En attendant, ne manquez pas la fête du cinéma d'animation, au mois d'octobre 2011. Toute structure culturelle peut y participer ! Modalités et inscriptions

Cette nouvelle édition du festival international d’animation d’Annecy a été copieusement arrosée. Les envoyés spéciaux de la MD77 n’ont donc pas eu de mal à mouiller leur chemise entre deux séances… Pour autant, la qualité des sélections était comme toujours au rendez-vous.


Une fois n’est pas coutume, ce retour sur festival commence par un hommage : Délégué artistique du Festival depuis 14 ans, Serge Bromberg passe le flambeau. Un grand merci à lui pour tout ce qu’il a apporté au festival et au public !


Son successeur, le canadien Marcel Jean, est entré à l’ONF en 1998 comme producteur. Sous sa direction, le studio poursuit son engagement à produire des œuvres d’animation d’auteur. Au cours des années, Marcel Jean a consolidé les efforts entrepris avant lui du côté de la coproduction internationale, en concrétisant un accord avec le studio français Folimage, dans le cadre de "La Résidence" pour cinéaste d’animation. Il a également œuvré à diverses fonctions dans le milieu du cinéma et de l’édition : critique de cinéma, auteur et directeur de collections, conservateur du cinéma d’animation à la Cinémathèque québécoise et professeur d’histoire et esthétique du cinéma d’animation. Il a lui-même réalisé cinq films. Puisse ce nouveau directeur nous transporter comme l’a fait son prédécesseur !


En 2012, comme les années précédentes, les festivaliers ont pu se régaler. Au menu : longs métrages, courts métrages, films TV, films de commande, films de fin d’études, thématiques « entre les images making-of », « entre les images Work in progress », hommage à l’Irlande, une sélection « politiquement incorrect », des projections en plein air sur écran géant, des expositions et d’autres surprises !

Mêlés à une foule enchantée, les prosélytes de la md se sont laissés emporter dans le tourbillon des images animées. Ils en ramènent des merveilles… En attendant de retrouver ces films en dvd, voici un florilège subjectif du meilleur d’Annecy 2012.

Nos chouchous en court, en long et en travelling

Longs-métrages

Arrugas / La tête en l'air

Ignacio Ferreras – Espagne – 2011 – 1h29mn – ordinateur 2D

Emilio, ancien directeur de banque, est âgé, il n’est plus en mesure de rester seul chez lui. Ses enfants décident de le placer dans une maison de retraite. Cocktail détonnant d'amitié, d'esprit de résistance et de vitalité dans le cadre inhabituel d'un centre de soins pour personnes âgées.

Le film aborde joliment un sujet peu développé en animation, la vieillesse, avec ce qu’elle peut comporter de solitude, de problèmes liés aux maisons de retraite, à la maladie d’Alzheimer. Ces sujets sont traités sans tabou et le film réussit à ne verser ni dans l’angélisme, ni dans la mièvrerie. Un bon équilibre pour livrer au final une belle histoire d’amitié. L’animation est certes classique, mais l’intérêt du film réside dans la psychologie des personnages et la façon d’aborder, souvent avec humour, une question sociétale, la vieillesse.


Adapté de la bande dessinée de Paco Roca, Rides, aux éditions Delcourt.
Pour les hispanophones, le site du film.
Le film a reçu une mention spéciale du jury longs-métrages.

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Couleur de peau : miel

Laurent Boileau, Jung Henin – France, Belgique, Corée du Sud – 2012 – 1h15 mn – ordinateur 3D

Jung a été l'un des 200.000 enfants orphelins ou abandonnés après la guerre de Corée, en 1953. Né en 1965, il a été adopté à l'âge de six ans par une famille belge de quatre enfants.

Quand on vous dit que le cinéma d’animation est le lieu de toutes les libertés et expérimentations ! Ici, c’est une quête personnelle qui tire profit d’un mélange de plusieurs techniques d’animation et de prises de vues réelles pour différencier la vie quotidienne du garçon (commentaires en off à la 1e personne), ses rêveries (esquisses au crayon) et la quête du Jung bien réel qui remonte le fil de son passé. L’émotion passe, autant que l’humour et la vérité des personnages confrontés aux questionnements identitaires liés à l’adoption.

Adaptation d’une bande dessinée disponible à la MD77
Site officiel du film : très bien fait, sous forme de parcours, plein d’infos (musique, scènes coupées, esquisses, making of, dossier pédagogique, extraits, etc)

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Le voyage de Monsieur Crulic

Anca Damian – Roumanie, Pologne – 2012 – 1h13 mn – diverses techniques

L’histoire vraie de Daniel Crulic, un Roumain mort de façon absurde dans une prison polonaise alors qu’il faisait une grève de la faim pour contester son procès injuste.

Audace et talent. Ce sont les mots qui viennent à l’esprit face à ce film courageux et magnifique. Tout ici mérite le détour : la musique à l’accordéon, nostalgique et vivifiante ; l’animation, délicate et diversifiée, qui sert avec justesse le propos. Dessins, peinture, crayon gras, pliages, photos, etc, sont mis au service de choix forts et significatifs : les représentants de l’Institution qui broie aveuglément les innocents n’ont pas de visage et s’expriment en anglais quand Crulic raconte son calvaire en roumain, avec une ironie mordante. Une réussite pour ce premier essai dans l’animation !

Cristal du long métrage Annecy 2012. Sortie en salles le 12 décembre 2012.
Site officiel du film

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Le tableau

Jean-François Laguionie – France, Belgique – 2011 – 1h16mn – ordinateur 2D3D, vues réelles

Trois personnages d'un tableau abandonné s'aventurent hors de la toile pour retrouver leur créateur et le convaincre de finir son œuvre.

L’idée du film est simple et merveilleuse. Les personnages du tableau ne sont pas tous achevés, différentes castes se sont créées, les ref et les pasfini étant rejetés par ceux que l’artiste avait achevés. L’un d’eux part sur les traces de l’artiste, quête initiatique vers le peintre et la couleur. De cette aventure naît une très belle œuvre, tant sur le fond que la forme. Le film est également magnifié par une bande originale qui n’est pas sans rappeler la démarche de Pierre et le loup.

JF Laguionie est déjà bien connu puisqu’il a fait ses armes avec Paul Grimault et a réalisé ensuite Le château des singes et L’île de Black Mor.
DVD déjà disponible à la MD77 !

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Tad, the lost explorer

Enrique Gato – Espagne – 2012 – 1h30 mn – ordinateur 3D

Tad, un ouvrier de la construction qui rêve d’être archéologue, est confondu avec un célèbre scientifique et envoyé en mission pour sauver une cité perdue.

Si le scénario ne réserve pas de surprises immenses, il est efficace et très rythmé, pour le plus grand bonheur des plus jeunes. La BO punchy entraîne immédiatement le spectateur dans l’aventure. La galerie de personnages secondaires est particulièrement soignée et atteint son but comique (bonus : un perroquet muet obligé de s’exprimer par pancartes). Bref, un bon moment familial en perspective !

Trailer en espagnol

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Zarafa

Rémi Bezançon, Jean-Christophe Lie – France, Belgique – 2011 – 1h18 mn – dessin sur papier

Sous un baobab, un vieil homme raconte une histoire aux enfants qui l'entourent : celle de l'amitié indéfectible entre Maki, un enfant de 10 ans, et Zarafa, une girafe orpheline, cadeau du pacha d'Égypte au roi de France, Charles X.

Le film, inspiré d’une histoire vraie, n’est pas une découverte du festival puisqu’il est déjà sorti en salle. Il mérite toutefois qu’on en parle car c’est une vraie réussite. Cette belle histoire, présentée sous la forme d’un conte, bercée par de chaudes couleurs, inspire sérénité et douceur. Le dessin et l’animation sont de très belle qualité et l’on pardonnera bien volontiers aux réalisateurs de montrer une vache qui pleure ou encore un papillon sous la neige.
Réalisateurs à suivre, notamment JC Lie à qui l’on doit l’excellent court métrage L’homme à la Gordini et qui a travaillé sur les Triplettes de Belleville ou encore Kirikou.

Bande annonce et teaser
Pour en savoir plus sur l’odyssée de Zarafa
DVD déjà disponible à la MD77 !

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Courts-métrages

7596 frames

Martin Georgiev – Bulgarie – 2012 – 05 mn – ordinateur 3D

Dans un paysage désertique et balayé par les vents, des morceaux de ferraille sont éparpillés et emportés. Ils s’agglomèrent en une sorte de machine vivante qui lutte pour continuer à avancer malgré les obstacles.

Il est des films qui vous parlent sans qu’on sache pourquoi, et qui vous poursuivent en pensée. C’est le cas de celui-ci. Le scénario est plus que minimaliste mais il se dégage de ces 5 minutes une violence, une rudesse, une pénibilité à l’image de celles de la vie. Le choix musical, au bord de l’insupportable, véhicule pourtant le même sentiment d’agressivité obsédante. Une bien sombre métaphore de la vie… qui pousse tout de même à se surpasser pour rester debout !

Très court trailer

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Animation versus animator

Alan Becker – États-Unis – 3 mn - ordinateur

Animation versus animator est une série de courts-métrages drôle à souhait qui interpelle quiconque manipule un ordinateur. Le réalisateur, Alan Becker, prend comme décor un bureau d’ordinateur ou une page de type logiciel bureautique et le transforme en scènes d’actions palpitantes. Quelle imagination !

Côté technique, il s’agit d’une animation par ordinateur en flash. Si la technique est simple, le résultat est étonnant !

Voir cette série et les autres travaux d’Alan Becker sur son site

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Being Bradford Dillman

Emma Burch, Pete Williamson – Grande-Bretagne – 2011 – 11 mn – éléments découpés

Conte teinté d'humour noir à propos d'une mère et sa fille dont l'existence est assombrie par l'alcool, la solitude et une aversion pour les garçons.

Ce premier film est prometteur. Le sujet de l’alcoolisme maternel et des répercussions sur l’imaginaire prolifique d’une enfant est traité avec subtilité et ironie, mais sans concession. Le choix de ne jamais montrer le visage de la mère renforce les horreurs racontées par un alcoolique qui ne se soucie pas des conséquences. La solitude de l’enfant, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de sa propre maison, est également rendue palpable. Pour ne rien gâcher, l’animation est esthétiquement très agréable et le casting de voix remarquable. Des réalisateurs à suivre !

Trailer en anglais

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The Centrifuge Brain Project

Till Novak – Allemagne – 2011 – 07 mn – ordinateur 3D, vues réelles

Depuis les années 70, des scientifiques mènent des expériences sur les manèges les plus bizarres et sur le sentiment de liberté totale qu'ils procurent à leurs utilisateurs.

De prime abord, on croit à un documentaire. On parle sérieusement de science. Très vite on se rend compte toutefois que le scientifique est loufoque à souhait, à faire pâlir un shadok. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme, dit-on, ici elle nous précipite dans un humour sérieusement décalé ! Au delà de la plaisanterie, Till Nowak, artiste vidéaste, propose une très belle animation.

A noter, Till Nowak avait déjà été remarqué avec son premier court-métrage, Delivery, réalisé en 2005, primé entre autres au festival du premier court-métrage de Pontault-Combault.

Trailer (en anglais)

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Chinti

Natalia Mirzoyan – Russie – 2012 – 09 mn – animation de poudres, ordinateur 2D

Une petite fourmi et son grand rêve.

Et si toutes les fourmis n’étaient pas travailleuses ? En tout cas, l’une d’elles ne veut pas faire comme les autres. Elle vit près d'un rivage et se prend de passion pour une représentation du Taj-Mahal sur un timbre-poste. Elle passera sa vie à l'adorer en essayant de le reproduire avec les moyens qui sont les siens, branchettes, boue. Cette sorte de facteur-cheval est pour la réalisatrice le prétexte à un très joli travail sur la matière, avec cette animation en poudre au rendu étonnant.

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Fresh guacamole

PES – États-Unis – 2012 – 02 mn – animation d’objets

Apprenons à faire du guacamole !

Ce titre n’est qu’un prétexte pour faire un zoom sur l’œuvre de cet animateur américain d’une trentaine d’années, qui détourne les objets du quotidien dans des films souvent très courts mais d’une efficacité redoutable, en stop-motion. Découvert en 2002 lorsque Roof Sex a gagné le prix du meilleur premier film à Annecy, il fait depuis la joie des festivals avec son inventivité sans pareille. Un plaisir pour les yeux Voir aussi : Western Spaghetti, Roof sex, The Deep, KaBoom !, etc

Son site officiel
Pes commente 3 de ses films
Blog autour de l’animation de PES

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Lay bare

Paul Bush – Grande-Bretagne – 2012 – 6 mn – photos

Portrait composite du corps humain, basé sur des photographies en gros plans de différents corps.

Le principe est simple : faire s’enchaîner très vite des photographies de parties du corps de centaines de personnes afin de donner l’illusion d’un mouvement. Le résultat est surprenant et démontre une fois encore à quel point le cinéma d’animation peut investir tous les sujets. Pour parfaire le côté expérimental du film, Andy Cowton a composé une musique inhabituelle à base de souffles et de respirations. Surprenante elle aussi, mais qui se marie parfaitement à la sensualité qui affleure.

Site officiel du réalisateur

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The maker

Christopher Kezelos – Australie, États-Unis, Grande-Bretagne – 2011 – 5 mn 17s – marionnettes

Une étrange créature se lance dans une course contre la montre pour achever sa plus belle et plus importante création.

Au premier abord, cette étrange créature intrigue. Des oreilles de lapin, des yeux exorbités, des dents façon Têtes à claques… Le film tout entier est original et l’on se laisse surprendre par la fin, symbole d’un éternel recommencement. Sans dialogue ni commentaire, le film capte notre attention et montre la quête d’une vie le temps d’un air de Stravinsky. A ne pas manquer !

Teaser sur le site du film

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One minute puberty

Alexander Gellner – Allemagne – 2011 – 1 mn 40 s – ordinateur 2D

La puberté d'un garçon racontée en une minute.

Le court-métrage par excellence, une idée simple (évoquer la puberté), du rythme (rendu par de très beaux enchaînements de dessins) et au final une grande efficacité saupoudrée d’humour. Aucun artifice n’est nécessaire, juste une bande-son, sans dialogue, ni commentaire, ni couleur. Et pourtant une grande réussite ; tout y passe, de l’évolution du corps à l’attrait pour les filles en passant par le rejet des parents.

Voir le film

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Second hand

Isaac King – Canada – 2011 – 08 mn – animation d’objets, dessin sur cellulos, marionnettes, ordinateur 2D

En anglais, le terme « second hand » - ou « seconde main » - désigne la trotteuse d'une montre ainsi que les articles d'occasion. Préféreriez-vous épargner du temps ou des objets ?

Un court-métrage plein d’humour autour de deux modes de vie diamétralement opposés entre voisins : les uns rigides, efficaces, nets, carrés ; les autres nonchalants et recycleurs invétérés. Chacun va finalement aider l’autre à vivre mieux. Ce mélange de dessins et de papiers pliés illustre nos vies modernes dans nos obsessions face au temps et aux objets.

Ce film a reçu le prix du public au festival d’Annecy 2012.
Voir le film
Site du réalisateur

Tchaïkovsky. Elegija

Barry J.C Purves – Russie, Biélorussie – 2011 – 13 mn – marionnettes, ordinateur 2D

Adaptation de la vie de l'illustre compositeur russe.

Barry J.C Purves est un maître de l’animation de marionnettes, maintes fois récompensé. Une fois encore il offre un film splendide. L’animation de la marionnette est superbe. Il faut voir notamment le travail sur les mains de Tchaïkosky, sur les ombres. Le film jouit d’une double narration, avec en plus de la marionnette de Tchaïkosky, la projection d’images sur les murs, instants de vie commentés par le musicien lui-même. Il en résulte un film très esthétique.

Une courte vidéo montre le travail titanesque que représente une animation en stop motion (image par image). Impressionnant !
Voir aussi le site de Barry Purves

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Una furtiva lagrima

Carlo Vogele – Luxembourg – 2011 – 04 mn - Pixilation

Un poisson chante son ultime voyage depuis le rayon de la poissonnerie jusque dans la poêle.

Tout le film repose sur l’interprétation de « Una furtiva lagrima » d’Enrico Caruso. La complainte se marie merveilleusement à la situation du poisson, et tout l’humour provient de l’adéquation entre la bande son et l’expression du poisson en route vers sa mort. Un réjouissant court-métrage en stop motion !

Site du film avec extraits et explications sur la réalisation du film, en anglais

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Des moments difficiles


Parce que l’animation n’est pas que synonyme de légèreté, nous avons retenu une sélection de films graves et sans concession, cinéma témoin ou révélateur du monde dans ce qu’il a de plus inhumain.

Audition

Udo Prinsen – Pays-Bas – 2011 – 07 mn – ordinateur 2D

Un père et son fils sont détenus dans un camp de la mort. Le père, un joueur de trompette, passe une audition pour entrer dans l'orchestre du camp.

Le film pourrait se résumer en trois mots : joue ou crève. Il est à la fois magnifique et terrible. Il brille par sa réalisation, sa trame narrative, ses trouvailles (par exemple les visages matérialisés par des empreintes digitales). Il nous anéantit, aussi, quand on comprend l’enjeu de l’audition. Impossible d’en dire plus sans déflorer le film, il faut le voir. Mention spéciale pour la musique de Eric Vloeimans, magnifique.

Voir le trailer

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Herstory

Jun-Ki Kim – Corée du Sud – 2011 – 11 mn – ordinateur 2D-3D

L'histoire d'une jeune fille, Chung Seo-Woon, qui a été emmenée sur l'île de Java pour être « femme de réconfort » pendant la Seconde Guerre mondiale.

Chung Seo-Woon voulait du travail et elle en a eu… pour satisfaire les militaires japonais qui ont défilé sur son corps. Comme souvent, la prostitution n’est pas un choix mais un piège. Droguée à l’opium, elle n’a pu que subir. Aujourd’hui âgée, elle est la narratrice du film et raconte sa vie au camp et comment elle en fut sauvée. Le réalisateur lève le voile sur l’une des horreurs de la guerre… de toutes les guerres ?

Voir l’interview du réalisateur pendant le p’tit déj du court du vendredi 08 juin (à partir de 3mn15)

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Seven Minutes in the Warsaw Ghetto

Johan Oettinger – Danemark – 2012 – 08 mn - Marionnettes

Histoire d'un petit garçon qui se retrouve au milieu de la cruauté de la Shoah. Inspiré d'un fait réel.

L’animation n’est pas que de la rigolade, on peut aussi y montrer des images extrêmement fortes et dérangeantes, qui vous occupent l’esprit longtemps après la séance. C’est le cas avec ce film. Le visage de la marionnette de l’enfant est lisse et brillant, d’une grande beauté. Comme tout enfant, il dessine. Mais sa beauté n’a d’égale que la cruauté de la situation. Nul besoin de dialogue ni commentaire, les images, en noir et blanc, se suffisent à elles-mêmes. Un film douloureux mais sans doute nécessaire.

Le film a reçu une mention spéciale du jury courts-métrages.
Voir le trailer

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Tunnel

Maryam Kashkoolinia – Iran – 2012 – 08 mn – animation de poudres

A Gaza, un enfant a faim, et son père risque sa vie dans un tunnel pour lui rapporter de quoi manger.

Voici un très beau film, tant par le message que par la technique. Le chemin du retour par le même tunnel qui commence à s’ébouler, avec un mouton vivant et parfois récalcitrant, a même un petit côté plein de suspense. La technique est particulièrement bien choisie, puisqu’il s’agit d’une animation de poudres (fait suffisamment rare pour être souligné) qui apporte une vraie poésie au propos. Le son est également très travaillé, ce qui renforce la tension ambiante.

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Petits plaisirs


Qu’ils soient courts ou longs, grivois ou cyniques, les films de cette sélection osent tout, et ça fait du bien !

Bob

Jacob Frey, Harry Fast – Allemagne – 2009 – 04 mn – ordinateur 3D

Un hamster tombe sous le charme d’une congénère et se lance à sa poursuite. Il traverse tous les continents, arrivera-t-il à la rattraper ?

Rythme et surprises caractérisent ce film créé pour notre bonne humeur. L’animation est utilisée pour nous donner peu à peu les éléments nécessaires au ressort comique de l’histoire. Les cadrages choisis et les mouvements de caméra montrent le désir d’exploiter le logiciel qui a permis de concevoir ce film d’étude très réussi qui a fait une belle carrière en festivals. Sacrée surprise que cette rencontre avec Bob !

Voir le film sur le site du réalisateur

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Daisy rid

Rohitash Rao and Giovanni Scarfini

Qui n’a jamais effeuillé une Marguerite en pensant à son amoureux(se) ? Je l’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…

Les réalisateurs se sont amusés à détourner cette ritournelle. Pour notre plus grand plaisir ils en ont fait un film d’horreur. Attention c’est un peu trash, mais tellement drôle !

Voir le film

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Flairs "Truckers Delight"

Jérémie Perin – France – 2009 – 04 mn

Un désert, un camionneur en manque, une blonde sexy en décapotable, des bonus qui donnent d’étonnants superpouvoirs… Nous voici lancés dans une course-poursuite érotico-scatologique délirante qui peut choquer les âmes sensibles.

Attention, c’est du lourd ! Ce court-métrage jubilatoire, projeté dans la sélection Spike & Mike (provocateurs patentés !), est en réalité le clip du morceau Truckers Delight de l’artiste électro Flairs. Jérémie Perin s’est inspiré de Duel de Spielberg, et des jeux vidéo des années 90, pour le plus grand bonheur des gamers de tout poil. Et tout y est d’une qualité d’exécution exceptionnelle : animation au design 8bits pixellisé à outrance, imagination débridée jusqu’au final… tout sauf politiquement correct !

Le succès de ce clip est tel qu’il existe aujourd’hui un jeu Iphone Truckers Delight
Voir le film
Voir son premier clip, Better than Prince, réalisé par Jonas & François
Le CD Sweet symphony, de Flairs, est disponible à la MD77

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For sock’s sake

Carlo Vogele – France – 2008 – 05 mn – animation d’objets

Une chaussette s’échappe de la corde à linge pour aller en boîte. Ses compagnons de « cordée » partent à sa recherche.

Encore un film plein d’humour, et pas que pour les enfants ! L’animation d’objets est très réussie et donne aux habits des attitudes humaines jubilatoires. Cinq minutes suffisent au réalisateur pour multiplier les clins d’œil autour de la bande dessinée et des jeux vidéo, tout en portant attention à chaque détail et personnage, même secondaire. Attention à la chemise exhibitionniste !

Carlo Vogele a été formé à l’école de Gobelins avant d’entrer chez Pixar.
Blog de Carlo Vogele, avec tous ses films à visionner

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Maakies : Dinky the Crow gets a job

Tony Millionaire – 04 mn

Dinky the crow est un corbeau, alcoolique notoire. Son créateur, Tony Millionaire, cartoonist (dont on peut apprécier les BD Sock monkey et Oncle Gabby) l’a d’abord fait vivre en comic strip, sous le nom de Maakies. Puis il en a fait le héros d’une série télévisée américaine. L’épisode présenté à Annecy est particulièrement drôle et subversif. Ne pas chercher les qualités esthétiques de l’animation (flash), la vérité est ailleurs !

Pour en savoir plus

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Ronal le Barbare

Thorbjorn Christoffersen, Kresten Vestberg Andersen, Philip Einstein Lipski – Danemark – 2011 – 01h30 mn – ordinateur 3D

Jeune barbare mince et gringalet, Ronal se retrouve dans l'obligation de sauver les habitants de son village, qui ont été capturés par le seigneur Volcazar. Il se lance alors dans une grande aventure pour affronter l'ennemi avec l'aide d’un barde obsédé, d’une guerrière bombasse et d’un guide lutin maniéré.

Amateurs de poésie et de légèreté, passez votre chemin ! Ronal est un film déluré à l’humour gras et bas de plafond, sur fond de heavy metal, de poils qui dépassent et de gros plans sur des strings en peau de bête. Une fois qu’on s’est fait à l’idée qu’il n’y aurait décidément pas de place pour le bon goût, on passe un moment divertissant devant ce délire de potes dévergondés et provocateurs. Et c’est toute la force de ce film : se lâcher sans se prendre la tête. Quand on vous dit que tout est permis en animation !

Trailer
La critique du blog du cinéma

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Tram

Michaela Pavlatova – France – 2012 – 07 mn – ordinateur 2D

Comme chaque matin, les hommes, gris et sérieux, prennent le tramway pour se rendre au travail. Ce jour-là pourtant, au rythme des tickets introduits dans le composteur, le véhicule s’érotise et le désir de la conductrice transforme la réalité en un délire surréaliste et phallique.

Quand on vous dit que l’animation ne s’adresse pas qu’aux enfants ! C’est justement parce que le dessin parait enfantin que les choses peuvent être montrées sans ambages, mais sans grossièreté non plus. On rit au fur et à mesure que le désir monte et que la conductrice s’enflamme. Les couleurs choisies ont leur importance : tout est dans les tons gris, sauf la conductrice, les tickets de tram et… certains attributs masculins. Le film joue sur la répétition des gestes et des situations. Même la musique y participe. Un film sautillant, comme on aimerait en voir plus souvent !

Ce film a été réalisé dans le cadre de Sexpériences, un film composé d’univers et de courts-métrages très différents, réalisés par des femmes.
Interview de la réalisatrice
Site officiel de la réalisatrice

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Le salon des refusés


Certains films nous enchantent et nous transportent, ils méritent tous les honneurs. Mais beaucoup d’autres sont dignes d’intérêt, même s’il leur manque quelque chose pour emporter une totale adhésion. Quelques-uns de ces films prennent place dans ce salon des refusés. Ils sont souvent portés par une animation de grande qualité et méritent à ce titre qu’on s’y intéresse.

Aalterate

Christobal de Oliveira – France, Pays-Bas – 2011 – 10 mn – ordinateur 3D

Un corps de femme flotte dans un espace immaculé. On comprend ensuite qu’elle est dans le coma suite à un accident dont des images surgissent. Parallèlement à cette remontée dans le temps, le corps évolue au cours du coma.

La vie qui continue, envahissante, pendant la période de coma, est très bien rendue par la pousse d’une végétation rampante autour de ce corps en sommeil qui ressemble de plus en plus à un insecte. Le tout est renforcé par une bande-son humide, faite de crissements mi-végétaux mi-animaux. Les images liées à l’accident sont belles et poétiques et évoquent un monde inconnu. On ne comprend pas tout, on peut être légèrement mal à l’aise mais le voyage est envoutant et techniquement impeccable.

Voir le film

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Bydlo

Patrick Bouchard – Canada – 2012 – 09 mn – pâte à modeler

Interprétation de "Tableaux d'une exposition" de Moussorgsky, inspirée par le mouvement lent et maladroit d'un bœuf poussant une charrue lourdement chargée.

On se sent parfois désarmé culturellement face à un film. C’est le cas ici, mais ça n’empêche pas d’en apprécier l’animation. Il faut voir notamment le bœuf qui renaît de la terre et disparaît en fin de film en elle, le tout en pâte à modeler, magistral !

Voir le défi que représente une telle animation

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Le Grand Ailleurs et le petit ici

Michèle Lemieux – Canada – 2012 – 15 mn – écran d’épingles

Un homme est pris d'un vertige lorsqu'il réalise soudainement sa condition humaine. Michèle Lemieux pose un regard espiègle sur les interrogations de cet "homme sans qualités", qui rejoignent l'éternelle quête de sens de l'humanité.

L’histoire est difficile à suivre et à accrocher. C’est bien dommage car la prouesse technique est là, Michèle Lemieux anime merveilleusement l’écran d’épingles et le film est porté par une musique remarquable de Robert Marcel Lepage.

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Œdipus

Paul Driessen – Canada, Pays-Bas – 2011 – 13mn – dessin sur papier

Pour le jeune laitier Œdipe, les femmes sont une énigme. Pourquoi, alors qu'elle est enfin débarrassée de son mari encombrant, sa maîtresse prend-elle la clé des champs sans aucune explication ? Voici la parodie tragi-comique d'un mythe classique.

Paul Driessen est un maître de l’animation canadienne. Il revisite ici le célèbre mythe d’Œdipe, avec un procédé original puisque l’histoire remonte le temps avec des graphismes en marche arrière. Pas facile à décrire… mais intéressant à voir !

Voir un extrait (en anglais)

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Oh Willy...

Emma de Swaef, Marc James Roels – Belgique, France, Pays-Bas – 2011 – 17 mn - marionnettes

À la mort de sa mère, Willy retourne dans la communauté de naturistes au sein de laquelle il a grandi. Rendu mélancolique par ses souvenirs, il décide de fuir dans la nature, et trouve la protection maternelle d'une grosse bête velue.

Le choix de la matière des marionnettes, en feutrine, est vraiment étonnant et permet une multitude de possibilités très expressives et humoristiques, alliées à une grande douceur. L’absence de dialogue rend la relation mère-fils d’autant plus forte et profonde. Seul bémol de ce petit film sympathique : la relation entretenue par Willy avec le yéti maternant, qui peut flirter avec le glauque...

Critique sur Format court
Site officiel d’Emma de Swaef

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Tsukumo – Possessions

Syuhei Morita – Japon – 2012 – 14 mn – dessin sur cellulos, ordinateur 2D/3D

Une nuit, au 18e siècle, un homme se perd au creux des montagnes et tombe sur un petit sanctuaire. Dès l'instant où il y pénètre, l'endroit se métamorphose en un lieu d'un autre monde.

Drôle d’histoire et drôle d’univers que ceux qui nous sont présentés ici. Mais le film est une vraie réussite esthétique, caractéristique s’il en est du cinéma d’animation japonais. Outre la beauté qui s’en dégage, le film reproduit nombre de mouvements de caméra.

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