Zoom sur
Accueillir les publics déficients visuels
- Retour
- 18-05-2011
- Handicap
Compte-rendu de la formation du 12 mai 2011. Au programme : collections et outils adaptés, médiation et partenariats.
Dès notre arrivée à la Médiathèque du Val d’Europe, la présence à l'entrée d'un agent nous indiquant la salle de formation nous garantit un accès rapide et sans stress à la salle de projection équipée de sièges avec accoudoirs-tablettes permettant de prendre des notes. Un power-point sur un écran grâce au vidéo projecteur contribue à enrichir un exposé clair et accessible.
- De la théorie ...
- ... À la pratique
De la théorie ...
Les publics déficients visuels
Le premier volet nous présente les données statistiques et techniques sur les publics aveugles et malvoyants, malgré tout, méconnus. Luc Maumet nous les présente sous une grande variété de profils faisant disparaître les classements réducteurs et les préjugés dont nous avons coutume et donnant une juste ampleur de cette réalité humaine.
- 65 000 personnes aveugles
- 1 200 000 personnes très malvoyantes
- 600 000 malvoyants légers
Par ailleurs, il est difficile d'évaluer la part des personnes âgées qui ne savent ou n'osent accéder aux équipements culturels adaptés n'étant reconnues ni par leur entourage ni par elles-mêmes comme handicapées.
Retour au menu
Les documents et les sites adaptés
Nous faisons ensuite un tour d'horizon des documents et des ressources accessibles :
- documents sonores
- livres en gros caractères
- livres en braille
- livres tactiles et en relief qui sont une transition intéressante vers le braille et peuvent aussi aider les personnes déficientes visuelles à se représenter certaines formes (par exemple, les atlas en relief permettent de connaître l'emplacement ou le contour des pays) ou même à accéder à la bande dessinée (la stylisation en relief des décors et des personnages peut créer un "code graphique" permettant de "lire" la bande-dessinée).
- vidéos avec audio-description (description de ce qui ne peut être vu par le "spectateur" déficient visuel)
- livres au format DAISY (Digital Accessible Information System)
Pour ce qui concerne les sites Internet, ils ne sont pas tous accessibles. Luc Maumet nous donne deux adresses web proposant des normes et des outils d'évaluation :
Beaucoup d'efforts restent à faire dans ces domaines.
De manière générale, l’édition adaptée reste aujourd’hui très restreinte en nombre de titres et en variété de domaines disponibles, mais des perspectives de développement existent néanmoins, notamment grâce à un contexte législatif favorable. L’exception « handicap » à la loi DADvSI (sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information) permet ainsi à certaines structures agréées d’obtenir les fichiers numériques des éditeurs, et d’adapter ainsi tout type d’ouvrage sur les supports évoqués précédemment, ouvrant ainsi la possibilité pour les personnes déficientes visuelles d’accéder à terme, en théorie, à l’ensemble de la production éditoriale.
De plus, la loi sur la franchise postale complète l’intérêt de cette exception «handicap» au droit d’auteur, en permettant l’envoi gratuit des livres sonores et en braille dans toute la France, favorisant ainsi leur diffusion.
Retour au menu
Les outils
Nous arrivons logiquement aux matériels qui facilitent l'accès à l'écrit :
- lecteurs au format DAISY qui apportent un confort de lecture du document proche de celui du livre imprimé pour les lecteurs voyants (vitesse de lecture modifiable, dépose de signets, repérage du point d'arrêt de lecture). Ils sont actuellement proposés au prix de 340 euros.
- synthèse vocale permettant grâce au logiciel "Jaws" d'avoir un accès sonore au texte affiché à l'écran de l'ordinateur.
- périphérique de braille éphémère pour un accès en alphabet braille.
- télé-agrandisseurs, loupes électroniques, scanners permettant de saisir un texte qui pourra être "lu" aussi grâce au logiciel "Jaws"
... À la pratique
Le parcours accessible de la Médiathèque du Val d'Europe
L'accessibilité commence par l'espace urbain et le cadre bâti. Muriel Laurent, directrice du réseau des médiathèques du Val d'Europe , nous fait découvrir le parcours d'accessibilité de l’établissement en commençant par l'extérieur où une borne, boucle magnétique, nous indique vocalement notre situation et nous dirige vers l'intérieur du bâtiment. Là se trouve un plan de la médiathèque avec des informations sonores, tactiles, visuelles en gros caractères, tandis qu’une bande de guidage podo-tactile nous conduit à l'espace " Louis Braille" animé par Olivia Pfortner, bibliothécaire aveugle. Elle nous présente tout le matériel précédemment évoqué par Luc Maumet.
Retour au menuLa médiation en bibliothèque
Il ne faut pas négliger, malgré ces équipements qui facilitent le parcours d'une personne malvoyante dans l'espace public, le manque de formation dont nous faisons tous preuve et qui nuit à notre communication et donc aux possibilités de mixité des publics. Luc Maumet nous présente à ce propos une vidéo extraite d'un film "Un regard pour deux" présentant les "bons usages " en matière de guidage d'une personne malvoyante, que l'on peut demander à l'Association Valentin Haüy.
Comment peut-on mettre en œuvre cette "mixité" des public?
Il s’agit de permettre la rencontre entre les publics : la bibliothèque comme lieu de socialisation a un rôle à jouer du point de vue de l’inclusion des personnes handicapées. Il ne s’agit pas uniquement de travailler sur la sensibilisation au handicap – même si le mélange des publics peut couvrir cet aspect – mais aussi simplement de favoriser le lien social entre tous.
L’essentiel pour les bibliothèques consiste dans le travail de médiation de toutes les ressources qu’elle propose.
Luc Maumet rappelle à ce titre qu’au-delà même de l’offre spécifique, chaque bibliothèque dispose de ressources adaptées aux publics déficients visuels, dont elle n’a pourtant pas forcément conscience mais qu’elle peut aisément mettre en avant : collections de textes lus et de livres en gros caractères, bien sûr, mais aussi CD, et un large panel d’animations auxquelles les personnes déficientes visuelles peuvent tout à fait accéder (concerts, conférences…).
Le travail de communication est donc crucial : l’offre sans médiation risque de ne pas rencontrer son public, car celui-ci n’est pas d’emblée acquis à la bibliothèque où il peut penser qu’il n’y a « rien pour lui ». L’enjeu est donc de se rendre accessible en mettant l’accent sur une communication ciblée (via les services en ligne, des outils de communications adaptés à la déficience visuelle, les réseaux des associations…).
Retour au menuLes partenariats
Pour finir, cette journée de formation a mis l’accent sur le rôle essentiel des partenariats, et l’occasion a été donnée aux participants de mieux cerner les interlocuteurs vers lesquels les bibliothèques peuvent se tourner pour bénéficier d’une expertise en matière d’accueil des publics déficients visuels.
Tout d’abord, Luc Maumet a rappelé que l’Association Valentin Haüy peut travailler en étroite collaboration avec les bibliothèques, aussi bien en matière de collections (prêt de DVD en audio-description, prêt ou achat de livres au format Daisy…) que de conseils (ce dont témoignent les formations dispensées dans des structures diverses).
D’autre part, d’autres structures peuvent se faire le relai de demandes ou de besoins des bibliothèques (par exemple, l’INJA : Institut National des Jeunes Aveugles , qui tient à jour la Banque de Données de l’Edition Adaptée, peut permettre de mieux réorienter les usagers dans leurs recherches documentaires).
Enfin, le rôle crucial de l’usager déficient visuel a été rappelé : son expertise peut être bénéfique à toute réflexion sur un service d’accueil de ces publics, tant en matière de conseils que de communication.
Retour au menuVoir aussi
Sur ce site
-
Bibliothèques et handicaps
Zoom sur
-
Handicap
Collections thématiques
Sur le catalogue
-
Handicap visuel
Sélections
Sur Internet
Télécharger
- Sélection Handicap visuel (67 Ko)

