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  • 05-08-2015
  • Mois du doc 2015

Zoom sur Claudine Bories, Patrice Chagnard et Mariana Otero

En avant pour le Mois du film documentaire 2015 ! 

C'est maintenant un rendez-vous annuel en Seine-et-Marne : pendant deux jours au mois d'avril, les bibliothécaires, professeurs, médiateurs culturels se retrouvent pour deux journées d'immersion dans l'oeuvre des réalisateurs qui seront mis à l'honneur en novembre suivant dans le cadre de la manifestation nationale du Mois du film documentaire.

C'est l'occasion de se plonger dans les filmographies des réalisateurs en compagnie de Marc Gourden et Guy Baudon, doccumentaristes addociens. Ils nous présentent les auteurs, nous guident dans la filmographie de chacun, explorent avec nous les thèmes abordés, aiguisent notre regard aux choix cinématographiques effectués, nous révèlent les coulisses de la confection d'un film documentaire.

Pour ceux qui n'ont pas pu assister à ces deux journées intenses ou qui souhaitent explorer les films présentés, voici un arrêt sur image bienvenu. 

Coup de projecteur sur Mariana Otero 

Sa biographie


Née à Rennes en 1963 de parents peintres (mère bretonne et père d’origine argentine), Mariana Otero suit d’abord des études de Lettres à Paris avant d’entrer à l’IDHEC. Elle découvre le cinéma documentaire aux Ateliers Varan qui lui proposent de filmer des répétitions de théâtre à la prison de Fleury-Mérogis. Petit à petit ce qui devait être un simple travail de captation prend la forme d’un film plus global : ce sera Non Lieux (1991).

Ses films suivants portent encore la marque de son intérêt pour la fiction : dans tous, la frontière entre les deux genres est questionnée. Après la prison, elle s’intéresse à d’autres espaces collectifs. Elle filme pendant une année la vie d’un collège en banlieue parisienne en centrant son regard sur la question de la socialisation et de la transmission de la loi ( La Loi du collège, 1993). Suivra Cette télévision est la vôtre (1997) sur le fonctionnement d’une télévision commerciale portugaise. Avec Histoire d’un secret (2003) elle aborde un sujet a priori plus intime : la mort de sa mère en 1968 à la suite d’un avortement clandestin. Son dernier film est A ciel ouvert (2014), qui suit la vie quotidienne d'enfants psychiquement et socialement inadaptés dans un Institut belge. 

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Sa filmographie 

Pour chaque film suivant, Marc Gourden a tour à tour présenté la démarche de la réalisatrice, remis le film dans son contexte, donné des pistes de réflexion et attiré notre attention sur les éléments à ne pas manquer, puis à approfondir pour préparer le mois du film documentaire de cette année.

A nous de jouer !  

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Non lieux

(75', 1991)

Un regard sur la vie des exclus de la société à travers trois lieux, la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, un HLM de la région parisienne et les baraques d'un terrain vague à la porte de Saint-Ouen. Une réflexion sur l'idée et l'usage de la liberté.

Extraits visionnés en formation :
1- question de la mise en abyme. Mariana Otero filme les répétitions d’une pièce de théâtre posant la question de la fiction, du jeu, par le biais de la thématique de la future libération de détenus.

  • Être attentif à la place de la caméra, à la proximité du filmeur. Caméra en immersion, proche.

2- Scène de tendresse entre un détenu et sa famille : justesse, pudeur.
La caméra passe d’un côté à l’autre, brouille les frontières entre enfermement et liberté.

Thématiques abordées : liberté / enfermement / pièce de théâtre / relations familiales

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La loi du collège


(6 x 26’, 1994)

Chaque jour de l'année scolaire 1992-1993, Mariana Otero a filmé les élèves d'un collège implanté au cœur d'une cité en banlieue parisienne. Dans les salles de cours ou le bureau du principal, pendant les conseils de classe ou les conseils de discipline, la réalisatrice a capté les moments ordinaires, exceptionnels ou dramatiques de la vie d'un collège. Âgés de dix à seize ans, les élèves découvrent avec le collège, ses règles et ses sanctions, un lieu de socialisation. Le film met ainsi en évidence la complexité des rapports que ces jeunes, issus pour la plupart de milieux en difficulté, entretiennent avec l'organisation de la société.

  • Durée du tournage : un an, en immersion avec un preneur de son. 200 h de rushes.
  • Repérages : dans une cinquantaine de collèges en Ile-de-France avant de trouver celui dans lequel le tournage a finalement eu lieu.
  • C’est le premier feuilleton documentaire diffusé sur Arte.
  • NB : le format feuilleton entraine des difficultés de montage pour mêler une multitude de petits épisodes.
  •  Voix off : elle n’était pas imposée mais Mariana Otero la regrette aujourd’hui, regrette de ne pas avoir fait suffisamment confiance au spectateur, de ne pas le laisser faire seul le raccord entre les différentes scènes.
  • Être attentif au travail effectué sur le cadre : il dit des choses sur les personnages. Quand il est large, cela laisse au spectateur la possibilité de faire son propre parcours. Alternance de plans serrés (on est dans le film) / de plans plus larges : on prend du recul sur le film qui se déroule. 

    Thématiques abordées : Jeunesse / Exclusion / Premiers rapports avec la loi / Lieu de socialisation / Respect / Relations adultes-enfants / Inégalités sociales

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Cette télévision est la vôtre

(61’, 1997)

Pendant plusieurs mois, la caméra de Mariana Otero a porté un regard sans détour sur la réalité d'une chaîne commerciale. Des réunions de programmation à la vente d'espaces publicitaires, de l'analyse de l'audience aux conférences de rédaction, de la production de variétés aux « telenovelas », la réalisatrice met en évidence l'efficacité et la logique d'une chaîne commerciale. Le film est construit, comme une leçon de choses à l'issue de laquelle le téléspectateur en sait un peu plus sur la place qui lui est dévolue.

  • Durée du tournage : deux mois et demi de tournage (équipe de deux personnes). Immersion impossible aujourd'hui.

Extrait visionné en formation : le rendez-vous avec le responsable ou « la force de vente ». Cet extrait montre la force et la dramaturgie du montage.

Thématiques abordées : Médias / Gestion / Place du téléspectateur

Voir le film en entier (en VO non sous-titrée)

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Histoire d'un secret


(90’, 2003)

« Quand j'ai eu quatre ans et demi, ma mère a disparu. Notre famille nous a dit, à ma sœur comme à moi, qu'elle était partie pour travailler à Paris. Un an et demi plus tard, notre grand-mère nous apprenait la vérité : elle était morte d'une opération de l'appendicite. Par la suite, durant notre enfance et notre jeunesse, notre père ne nous parla pas de notre mère, sauf pour nous répéter qu'elle avait été une peintre et une femme extraordinaire. Il avait enfermé ses tableaux dans un placard et rangé les photos dans un tiroir qu'il nous était interdit d'ouvrir. Si j'ai parfois désobéi, je n'ai jamais vraiment manifesté une grande curiosité pour celle qui avait été ma mère et dont je ne reconnaissais même pas le visage sur les photos. Il y a sept ans, notre père se décida enfin à nous parler de notre mère. Ce fut pour nous révéler les circonstances réelles de son décès. Ce secret que mon père avait porté seul pendant 25 ans l'avait empêché de nous raconter sa vie et de nous montrer son œuvre. En rompant ce tabou, il nous rendait notre mère. Mais le silence et le mensonge avaient effacé de ma mémoire jusqu’au souvenir même de sa disparition. J'ai éprouvé alors la nécessité de retrouver celle qui m'avait été doublement arrachée par la mort et par le secret. »

  • Travail cinématographique : lumière en clair-obscur, auto-mise en scène, scénario pensé au départ avec une voix off ensuite abandonnée.
  • Placement pudique et juste de la caméra : Hélène Louvart à l’image suit le scénario et fait d’excellents choix.
  • Une des grandes questions cinématographiques soulevées par le film a trait à l’écriture du film documentaire, à la manière de mener puis restituer l’enquête au spectateur. Comment varier les manières de filmer les rencontres tout en leur donnant un sens ? (cf les rencontres entre Mariana et son père, Mariana et sa sœur, etc).
  • Mise en place d’une véritable dramaturgie du secret (où, quand et comment le révéler ?), de grandes questions de construction du film : comment rendre cette histoire universelle sans faire écran à sa mère et sans que sa mère fasse écran aux autres femmes ?
  • La parole est rendue possible par la caméra et la mise en scène : les membres de la famille sont filmés chez eux mais dans un décor légèrement modifié pour les besoins du film.
  • Le scénario d’ Histoire d’un secret a été publié dans Le Style dans le cinéma documentaire. Réflexions sur le style, Addoc, L’Harmattan, 2006. A ce sujet, voir le dossier Le documentaire, avec ou sans scénario, réuni par Laetitia Mikles et publié dans Positif 585, novembre 2009.

« Le projet scénaristique de Mariana Otero est si finement structuré qu'il compose presque un pré-montage imaginaire du film. La version filmée correspond presque point par point et « littéralement » à sa version papier. Ce pré-découpage, précis et détaillé, ainsi que la mise en scène préméditée des situations à filmer donnent à ce documentaire une allure fictionnelle. Mariana Otero explique sa démarche : « J'ai écrit comment j'imaginais le film. C'était très simple, je n'ai écrit que ce que je voyais. Tout en sachant, bien sûr, que des tas de choses arriveraient autrement, que j'allais vivre une expérience, et que le film serait le documentaire de cette expérience-là [...]. Je pense qu'un scénario (qu'il soit de fiction ou documentaire), doit donner la musique, le ton du film » (op. cit., p. 119). »

Thématiques abordées : secret / dévoilement du secret / absence / mort / deuil / souvenirs d’enfance / enquête / mise en scène / utilisation du décor / lien personnel-universel / relations de famille / peinture / avortement / tabou social / loi / place des femmes dans la société

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« Il fallait, avec le montage, faire comprendre la folie de manière à la fois sensitive, émotive et intellectuelle, en construisant une forme de dramaturgie avec les enfants qui devait intégrer un aller-retour constant enter le quotidien et les réunions. Il fallait éviter le systématisme et garder toujours l'émotion liée aux personnages ? L'écueil aurait été de devenir didactique : le film devait rester une expérience et non pas une leçon. »


« Tout le travail du film, y compris dans le travail de l'écriture, ça a été : comment mettre quand même une distance, comment rétablir une distance ? » 

Mariana Otero


Analyse détaillée du début du film :

1- (04’34) La voiture s’arrête devant une maison. Une femme sort de la voiture et rentre dans la maison (à distance du spectateur).
Le spectateur est en attente de savoir qui est cette femme, de voir son visage, de savoir ce qu’elle vient faire dans cette maison.
Quelques plans à l’intérieur, quelques phrases musicales ponctuelles.
La femme retire des murs des tableaux de différents formats. Il y a peu de lumière dans cette maison, aucune autre présence visible : serait-ce un cambriolage ? fiction !

2- La voiture a repris la route, puis s’arrête à nouveau devant une maison. De l’extérieur, on voit la jeune femme être accueillie par un couple. Le geste de l’oncle qui tend les bras avec ostentation.
(0549) Ellipse, nous sommes dans la cuisine, une discussion est déjà engagée. Premiers mots après 6 minutes de film (ce qui est beaucoup, d’autant que le spectateur est toujours dans cette attente d’identifier le visage de la femme que l’on suit jusque-là.)
La séquence est organisée autour de la discussion entre la réalisatrice et sa tante (l’oncle va peu à peu prendre sa place : il va et vient dans le couloir, la pipe à la bouche ; ce qui était déjà décrit dans le scénario car Mariana connait son oncle). La caméra filme les deux personnes et laisse encore la réalisatrice hors champ ou dans le flou du premier plan.
La tante explique comment elle a appris le décès de sa sœur (suite à une appendicite), la réaction de « mémère » au catéchisme. Ce serait la grand-mère qui a pris la décision de ne rien dire aux enfants. Rétrospectivement, la tante s’interroge sur cette décision qui s’est transformée « en habitude » (dit l’oncle).
À l’extérieur de la maison, on aperçoit Mariana qui porte un tableau. (10’40) Elle a repris la route alors qu’il fait nuit, ce qui renforce l’atmosphère fictionnelle de l’enquête.
Ellipse, nous sommes dans un jardin. La réalisatrice et sa sœur en plan d’ensemble (ont-elles des micros HF ?) Elles sont revenues dans un lieu où elles ont passé des vacances durant leur enfance.
Éloignement pour le spectateur.
Isabelle évoque le moment où elle a appris ou compris la mort de sa mère. « Pourquoi n’avons-nous pas posé de questions ? »

Analyse du film par le Blog documentaire

Bande annonce

Présentation du film par la réalisatrice

Entre nos mains


(87’, 2010)

Pour faire face à la faillite de leur entreprise qui fabrique et commercialise de la lingerie féminine, des salariés - majoritairement des femmes - tentent de la reprendre sous forme de coopérative. Au fur et à mesure que leur projet prend forme, ils se heurtent à leur patron mais aussi à la réalité du « marché ». L’entreprise devient alors un petit théâtre où se joue sur un ton espiègle, entre soutien-gorge et culottes, des questions fondamentales, économiques et sociales.

Le film vu par la réalisatrice

Le film vu par les salariés

Le film du point de vue économique

Note d'intention du film

Thématiques abordées : Filmer l’entreprise / Nouvelle organisation, renaissance / Naissance d’un collectif / Choix de montage / Lien avec la fiction (mise en scène finale)

Pour aller plus loin dans l'analyse de ce film, voir le retour de la formation A Tout Doc collège de février 2015. 

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A ciel ouvert


(110’, 2014)

Alysson appréhende son corps avec peine. Amina ne trouve plus les mots. Ce sont des enfants psychiquement et socialement inadaptés qui ont besoin d’un suivi particulier. Au Courtil, les adultes travaillent et vivent avec eux de manière originale. Sans jamais rien leur imposer, ils essaient de comprendre l’énigme que représente chaque enfant et inventent avec eux, au cas par cas, des solutions qui les aideront à vivre apaisés. À ciel ouvert livre une odyssée lumineuse au cœur de la folie de ces enfants et d’un lieu hors du commun.

Bande-annonce

La relation filmeur / filmé par Mariana Otero

Entretien entre Mariana Otero et le directeur du Courtil

Site du film

Thématiques abordées : Folie et ses questions éthiques / Découverte de la psychanalyse / Relation avec les enfants / Relation filmeur-filmé
Éthique et folie : quelle relation ? Quelle conscience de soi, de l'autre, du fait d'être filmé, de ce que représente l'acte d'être filmé ?

NB : les débats suite à ce film sont souvent très fournis, la thématique provoque encore plus de réactions qu’habituellement.

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Focus : filmer la folie

San Clemente, Raymond Depardon

(98', 1980)

Film en entier mais non sous-titré : pour les premières minutes du film sans dialogue.
Création d’une attente du spectateur. Découverte au fur et à mesure de l’avancée dans les pièces, même s’il n’y a aucun commentaire.
Sentiment d’effraction malgré les autorisations obtenues pour filmer.

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La moindre des choses, Nicolas Philibert 

Nicolas Philibert :

« J’ai à cœur de dire que le cinéma -et le documentaire- échappe, doit pouvoir échapper au journalisme et dire que l’Art au fond n’a rien à voir avec la communication, c’est de nature différente » 

(105', 1996)

Bande annonce
Film en entier : extrait du portrait : 50’40 - 55’41
Séquence du portrait dans le « club ». Du chaos au silence, de la confusion à la concentration. Le long travail de montage de la séquence. Qui est qui ?

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Vivre tout simplement, Guy Baudon 

(74', 1998)

Blog de Guy Baudon

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Coup de projecteur sur Claudine Bories  

Sa carrière solo


Née à Paris dans une famille ouvrière, Claudine Bories a d’abord été comédienne. Elle joue Brecht, Gatti, O’Casey, Molière, etc, à Paris et en banlieue. En 1978, elle réalise son premier film, Femmes d’Aubervilliers, suivi de Juliette du côté des hommes qui est sélectionné au Festival de Cannes 1981. À partir de cette date, elle quitte le métier de comédienne pour se consacrer à la réalisation. Elle porte un intérêt tout particulier à l’Auteur : tous les thèmes ont déjà été traités, seule importe la manière de le faire.

Elle réalise de nombreux films documentaires ( Monsieur contre Madame, Les femmes des douze frontières, etc.) et un long métrage de fiction La fille du magicien. Entre 1992 et 2002, elle dirige « Périphérie », un centre de création consacré au cinéma documentaire. Elle y crée les « Rencontres du cinéma documentaire ». En 1994 elle est vice-présidente de l’association ADDOC, un lieu important de réflexion des documentaristes français. C’est là qu’elle rencontre Patrice Chagnard. À partir de 1995 ils collaborent aux films l’un de l’autre. Et nos rêves est leur première co-réalisation pour le cinéma, bientôt suivie par Les arrivants et Les règles du jeu




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Sa filmographie 

Pour les films de Claudine et Patrice, Guy Baudon a pris le parti de nous montrer les cinq premières minutes de chaque film afin que nous puissions voir ce qui est donné au spectateur, ressentir les thèmes et les grandes perspectives du film à venir.

Un exercice passionnant pour qui cherche à étudier une œuvre dans sa globalité !

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Juliette du côté des hommes

(52', 1981)

« J’ai toujours eu envie d’en savoir plus sur les hommes, qu’ils me parlent de leur pays à eux, de « comment c’est d’être un homme ». Curiosité de petite fille sans doute. Mais aussi désir de femme, désir de s’approcher toujours plus, jusqu’à l’impossible fusion. Juliette du côté des hommes est le film de cette curiosité, de ce désir-là. Des hommes qui me plaisent me disent leur histoire, ma parlent de leurs désirs. Et moi qui les écoute et les regarde, je raconte avec ces paroles et ces images, mon désir d’eux. Entre un marathon et des motards, une partie de chasse et une partie de cartes, une valse qui chaloupe et un tango qui balance, il y a du masculin qui passe. Il y a - pour moi - l’Autre. » (Claudine Bories)

  • C’est son premier documentaire long métrage, sélectionné à Cannes, lauréat du grand prix du Cinéma du Réel.
  • Désir de montrer une histoire vraie --> qu’est-ce qu’une histoire vraie au cinéma ?
  • Clichés détournés (commence avec des hommes dans une casse/voiture/bricolage) puis ces mêmes hommes se livrent de manière assez féminine. Montre un cliché puis prend du recul.
  • La cinéaste part avec son désir. Côté sécurisant pour le spectateur. Maîtrise, posé, création d’un suspense : dramaturgie.

Thématiques abordées : Identité / Différence / Découverte de l’altérité / Sincérité / Psychologie / Rapports hommes-femmes / Portraits

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Portrait imaginaire de Gabriel Bories

(58’, 1983)

Ouvrier anarchiste en 1936, Gabriel Bories avait fait de la prison, le Rif marocain, le bagne pour enfants. Un itinéraire mystérieux, renforcé par une ressemblance troublante avec Jean Gabin.

  • Gabriel Bories meurt trois ans avant que le film ne voie le jour.
  • Difficulté : faire un film sur une personne qu’on connait très bien.
  • L’« imaginaire » du titre implique de se faire une image de quelqu’un, de reconstruire le réel.
  • Importance des images d’archives (tiennent une place importante dans le film, ce n’est pas une simple mention) : liens entre la grande et la petite histoire.
  • Question de la mise en scène (présence du jeune acteur qui court dans la forêt au début du film).
  • Lien avec d’autres films : Les 400 coups, L’enfant sauvage de Truffaut pour le portrait imaginaire.
  • Question de la place du spectateur : il devient acteur, co-créateur du film. Grande part d’interprétation.
  • Le réel est ce qui échappe, ce qui n’est pas filmable, pas montré ou montrable.

Thématiques abordées : Histoire universelle et familiale / Affrontement de l’image et de la réalité

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Monsieur contre Madame

(92’, 1999)

« Madame » et « Monsieur » se sont aimés. Et puis, on ne sait comment, leur vie est devenue un enfer. Ils ont décidé de se séparer. « Je garde l'enfant, a-t-elle dit, il est à moi. » « C'est le mien, a-t-il répliqué, je le veux... » Le recours à la loi s'est imposé. Un juge a délivré l'ordonnance provisoire qui les a envoyés ici, à « Aadef Médiation », un « lieu neutre » pour couples séparés au rez-de-chaussée d'une tour. Ici s'exercera le « droit de visite » légal à l'enfant. Quand Madame et Monsieur arrivent, ils sont perdus et ne parviennent même plus à se parler. Des médiateurs les accueillent. Avec eux, ils vont tenter de briser le mur d'incompréhension et de haine qui les sépare. « Madame » et « Monsieur », c'est ainsi que les médiateurs désignent les parents qui viennent à Aadef. Les noms de famille ne sont jamais prononcés.

  • Certificat du mérite au festival de San Francisco
  • Préparation du film : 8 mois sur place sans caméra pour observer.
  • Écriture du film sous forme de pièce de théâtre.
  • Véritable travail sur la personne filmée, comme en fiction.
  • Début du film : grande importance du son : entrée en matière uniquement par le biais de la parole, pendant le générique.
  • Question fondamentale de la place de la caméra dans ce contexte de violence familiale.
  • Choix cinématographiques :
    - la grande pudeur passe par des cadres fixes, qui prennent leur temps, et des plans de coupe dans les couloirs pour marquer une « pause » entre deux épisodes difficiles. Claudine Bories est attentive au spectateur : respirations, moments de repos entre deux séquences difficiles. Importance de l’espace et du temps.

    - place de la caméra : où mettre la caméra pour qu’il se passe quelque chose dans le champ?
    La question du voyeurisme se pose forcément.

    - choix de la voix-off (citation littéraire au début : dénote un vrai sens du film, donne de la hauteur).

  • Question du point de vue : de l’homme, du médiateur, de la femme.

Thématiques abordées : Relations familiales / Enfance / Portrait / Divorce / Justice

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Les femmes des 12 frontières

(72', 2003)

Elles viennent du Kosovo, de Bosnie, de Croatie, de Serbie, de Macédoine. Elles sont féministes et pacifistes. Jeunes et vieilles, blondes et brunes. Hier elles se faisaient la guerre. Aujourd'hui, ensemble, elles franchissent les frontières de leurs nouveaux pays. Elles ont la gaieté de celles qui ont dépassé la peur, la fantaisie de celles qui réinventent la vie, la force des pionnières. « Road-movie » au féminin d'un groupe de rebelles qui vont parcourir 3.000 kilomètres sur les routes défoncées des Balkans. Voyage étonnant, voyage bouleversant au cœur d'un pays dont la beauté échappe au temps.

  • Le film s’invente au fur et à mesure que se déroule le voyage (suspense).
  • Sorte de road-movie dans le huis clos du car.
  • Portrait du groupe face aux singularités qui le composent.
  • Importance de la parole.
  • Question de la langue : comment filmer une langue qu’on ne parle pas soi-même ?

Thématiques abordées : Portraits de femmes / Collectivité-singularité / Engagement / Conflits des Balkans / Cultures, Langues / Voyage

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Coup de projecteur sur Patrice Chagnard 

Sa carrière solo

Né à Grenoble, Patrice Chagnard gagne Paris à dix-neuf ans, où il décroche une licence de philosophie. Il réalise un court métrage sur un beatnik la même année, puis voyage en Orient et Asie de 1969 à 1973, porté par la vague hippie.

A partir de 1977, il s'illustre dans le documentaire pour la télévision, et se distingue en filmant le combat de paysans opprimés dans le monde, avec les brésiliens de Quelque chose de l’arbre, du fleuve et du cri du peuple (1980) et Km 104 ou le destin des Parecis (1980), les africains du Lieu du combat et d' Images maffa (1983) au Nord-Cameroun, ou les bangladeshis de La souffrance des autres.

Il s'imprègne aussi de spiritualisme oriental entre 1983 et 1991, et en nourrit ses projets Zen, le souffle nu et Swamiji, un voyage intérieur (1983), puis crée en 1992 l'association des cinéastes documentaristes ADDOC avec des documentaristes, dont il va être le premier président. Il a également participé à la rédaction de Cinéma documentaire. Manières de faire, formes de pensée (collectif Addoc).

Il continue de réaliser, et voit certains de ses films sortir en salles, comme Le convoi (1995), voyage de trois hommes partis livrer de la nourriture en Arménie pour l'association humanitaire Equilibre, Dans un camion rouge (2005), portrait de pompiers volontaires à Vizille dans l'Isère, et Les arrivants (2009), plongée dans la CAFDA (Coordination pour l'Accueil des Familles Demandeuses d'Asile), entre employées de la structure d'urgence et demandeurs d'asiles. Les règles du jeu suit des coachs d’un cabinet de placement et des jeunes de 18 à 21 ans qui cherchent du travail et doivent apprendre les nouvelles règles du jeu d’un marché du travail qui les rejette.

Ces deux derniers films sont coréalisés avec Claudine Bories, dont Patrice Chagnard est aussi le partenaire sur Et nos rêves (2007), et il signe notamment Impression, musée d'Alger (2003), présenté dans plusieurs festivals, tout comme plusieurs de ses autres films. 

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Sa filmographie

Là encore, le visionnage des premières minutes des films apporte une foule d'indices sur ce que pourrait être le film dans son entier, et dessine le portrait en creux du réalisateur.

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Swamiji, le voyage intérieur

(90', 1984)

Sous la forme de récit autobiographique, combinant les textes d'Henri Le Saux, souvent d'une grande beauté, et le souvenir de ses proches, l'itinéraire de ce moine bénédictin converti à l'hindouisme. Parti en Inde en 1948 pour y fonder un ashram, lieu de dialogue et de confrontation de la mystique chrétienne et des différentes traditions spirituelles de l'Inde, il choisit de se retirer dans la solitude, aux sources du Gange, dans l'Himalaya, et de mener là, jusqu'à sa mort, en 1973, l'existence d'un moine errant hindou, d'un sadou.

  • Ce film appartient à la série des « films spirituels » de Patrice Chagnard.
  • Voyage de la culture monastique occidentale vers la culture hindoue.
  • Construction du film en 3 parties : l’écart – l’errance – l’éveil.
  • Longs plans : rythme contemplatif, installation dans le décor.
  • Film sur un absent qui n’a laissé qu’un journal (sur le modèle du Che)

« Tu ne peux pas emprunter le sentier avant d’être devenu toi-même le sentier » proverbe hindou.

Thématiques abordées : Religions (christianisme, hindouisme) / Spiritualité / Portrait / Parcours / Ecrivain / Enquête à partir d’un journal et de témoignages / Exil / Inde 

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Le convoi

(90', 1995)

L'odyssée de trois hommes qui acheminent de la nourriture vers l'Arménie pour l'association humanitaire « Équilibre ». Seuls au volant de leurs 38 tonnes, Amine, 30 ans, le chef du convoi, Papy, 62 ans, ancien chef d'entreprise mis prématurément à la retraite, et Jérôme, 20 ans, à peine sorti d'une adolescence tumultueuse, doivent affronter les multiples difficultés que leur posent les troubles politiques, les rigueurs du climat et le mauvais état des routes. Au fil des obstacles à franchir, le visage de chacun se révèle, avec sa part d'ombre, de dérive, de secret. « Les plus beaux paysages du monde ou l'image des plus grandes détresses n'ont de sens que s'ils se reflètent dans le regard, sur le visage d'un homme et prennent chair dans son histoire. »

  • Équipe composée de trois personnes : réalisateur, ingénieur du son, cadreur.
  • Huis clos, vivent dans leur cabine.
  • Vrai suspense sur la fin du voyage, vraies surprises pendant le tournage.
  • Une sorte de western moderne.
  • Importance de la musique qui relance le film plusieurs fois.
  • Les communications radio donnent une présence aux deux autres, à la fois proches et lointains.

Thématiques abordées : Portrait / Mission humanitaire / Huis clos / Voyage / Arménie

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Jérusalem

(43', 1999)

Un voyage dans la ville sainte, au cœur de l'humain. Patrice Chagnard filme le désir de paix à Jérusalem. Il filme le sentiment religieux, qui est ici partout présent, dans sa religiosité crispée et intolérante comme dans sa foi la plus touchante. Ici, croyant ou non, personne ne peut se dire étranger à la folie inscrite dans la pierre et écrite dans le Livre.

  • Film réalisé pour la série « voyages voyages » : un réalisateur seul avec une caméra numérique dans un pays qu’il ne connait pas. Il confesse avoir eu peur à Jérusalem (ville occupée, caméra mal vue)
    Dans la même série : Katmandou, Des sources du Gange à Bénarès, Istanbul
  • Choix de la voix off qui commente tout (la sienne, calme et grave) et change en fonction des événements.
  • Choix du « je » : son point de vue à lui, témoignage personnel qui n’engage que lui

Voir aussi Août d’Avi Mograbi pour une autre vision de Jerusalem.

Thématiques abordées : Israël / Jérusalem / Identité culturelle / Religion / Conflit israélo-arabe / Voyage

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Impressions musée d’Alger

(52', 2003)

Le musée des Beaux-Arts d’Alger présente une collection d’œuvres d’Art occidental de très grande qualité rassemblées par les Français du temps des colonies et restituées à l’Algérie par les accords d’Évian. Patrice Chagnard nous convie à une promenade impressionniste dans ce très beau musée et nous fait partager les impressions des visiteurs.

  • Importance des regards, des champs-contre-champs : qui regarde qui ?
  • Mise en scène assumée Interprétation des visiteurs (séquence avec les sœurs jumelles)
  • Point négatif du film : choix de la voice over (le film est doublé et non sous-titré).

Thématiques abordées : Patrimoine / Peinture / Beaux-Arts / Algérie / Histoire coloniale

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Dans un camion rouge

(96', 2005)

Charlotte travaille en intérim, José est caissier dans un casino et Patrice agent funéraire. Jean-Marc anime des karaokés, Sarah est chômeuse et Momo va au lycée. Ils habitent Vizille, une petite ville des Alpes françaises. Ils ont en commun la jeunesse, le goût de l’action et l’envie d’aider. Ils sont pompiers volontaires. Les départs précipités au milieu de la nuit, les bouffées de stress et d’adrénaline, la fatigue, les sauvetages réussis et ceux qui ne le sont pas... Que cherchent-ils à travers ces émotions fortes, ces images qui les poursuivent jusque dans leurs rêves ? Dans leurs camions rouges, au rythme des nuits blanches, des petits matins, des fausses alertes et des grandes détresses, ils se confrontent aux mystères de la vie et de la mort.

  • Décalage entre les images d’anciennes interventions de pompiers et celle qui se déclenche sous nos yeux dès le début du film.
  • Place faite à l’image sans commentaire.
  • Les premiers mots sont prononcés deux minutes après le début du film
  • Travail de montage dans la succession des actions effectuées rapidement mais sans précipitation.
  • Choix cinématographiques :
    - prendre son temps malgré la nécessaire rapidité des personnages : longs plans fixes sur les visages, plans de coupe et utilisation du hors champ.

    - filmer le réel d’une intervention dans toute sa violence intrusive tout en gardant un grand respect des victimes (placement de la caméra, captation des gestes professionnels et parfois doux, prendre le temps de capter les moments d’attente suspendus.

Thématiques abordées : Travail des pompiers / Volontariat / Valeurs / Jeunesse / Voyeurisme / Violence et beauté des situations

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Le duo réuni

Et nos rêves

(85', 2007)

Cinq amis se retrouvent à la campagne pour quelques jours. Chacun à sa façon, ils ont cru à la révolution communiste. Entre une partie de pêche et une dégustation de Chablis, ils s’interrogent sur leurs rêves passés. Des images d’ailleurs viennent troubler cette partie de campagne : images d’un voyage en Russie qu’ont fait les cinéastes en 2001, d’un vieux film de propagande d’Eisenstein, des répétitions d’une comédie musicale sur l’argent. À travers ces récits qui s’entrecroisent, le film questionne les liens entre le rêve et la réalité, le politique et la vie, et dresse le portrait doux-amer d’une génération qui refuse de désespérer.

  • Première co-réalisation : participe aussi de la démarche de liberté recherchée pour ce film et sa thématique.
  • Film dédié à Eisenstein et Renoir.
  • Film de conviction et de désir : importance (nécessité) du rêve et du désir d’utopie même s’ils sont irréalisables.
  • Pas de scénario au départ : ont gardé la liberté d’une forme qui s’approcherait le plus de leur désir. Volonté d’aborder des sujets graves (l’utopie communiste, le désir d’un monde nouveau, l’Histoire) mais sous une forme modeste et intime. Élaboration d’un objet complexe, plus poétique que politique, plus cinématographique que didactique.
  • Démarche de liberté dans le tournage et le montage, sur le modèle de ce qu’est l’improvisation de jazz.
  • Cette démarche explique le rapprochement de matières hétérogènes : conversations et confidences entre amis, images rapportées d’un voyage en Russie, chansons d’un spectacle, etc.
  • Obligation de rigueur et d’éthique pour ne pas virer au voyeurisme.
  • La présence de Claudine Bories comme personnage à l’écran rétablit une sorte d’égalité avec ses amis, ou une justesse nécessaire.

« Que reste-t-il de vivant pour chacun, de cet idéal d’un « monde meilleur » auquel il a cru ? Et comment vivent-ils la confrontation de cet idéal de leur jeunesse avec leur réalité d’aujourd’hui ? Le véritable propos du film se situe dans une autre dimension, plus complexe, plus insaisissable, plus poétique que politique. »

Thématiques abordées : Communisme / Engagement / Utopie / Mémoire / Portrait / Vie quotidienne

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Les arrivants


(110', 2010)

Caroline et Colette sont assistantes sociales. À longueur de journées, elles reçoivent des familles qui viennent demander l’asile en France. Chaque jour il en arrive de nouvelles - avec ou sans bagages, avec ou sans passeport, dans des charters ou dans des camions bâchés. Un matin c’est Zahra, une jeune Erythréenne enceinte de huit mois ; un autre jour, les Kanesha, une famille du Sri Lanka avec ses deux enfants ; puis ce sera les Moulou, un couple d’Erythrée et son bébé ; et encore les Wong qui arrivent tout droit de Mongolie. Dans leurs regards épuisés, on peut lire à la fois une peur immense et une détermination sans faille. Ils viennent de si loin et ils attendent tant ! Comment répondre au flot débordant de toutes ces détresses, de tous ces besoins ? Avec ces familles, c’est le monde entier qui débarque dans la vie de Caroline et Colette, et dans la nôtre. Un monde chaotique et violent, bouleversant.

  • Grand sujet de société.
  • Premier volet d’un projet de longue durée (continué avec Les règles du jeu) : filmer au plus près ce qui arrive à des personnes confrontées à nos grands problèmes de société.
  • Contexte politique en arrière plan, l’humain est le véritable sujet du film.
  • Le spectateur découvre des bribes de vies en même temps que les assistantes sociales.
  • Éléments tragi-comiques (recherche d’interprètes)
  • Pas de militantisme, mais montre la vérité complexe de l’immigration qui nous confronte à notre capacité d’accueil en tant que société et qu’individu.
  • Chacun est renvoyé dans la situation des assistantes sociales. Film interroge intimement notre rapport à l’autre, au lointain, à l’étranger.
  • Mise en place d’un véritable suspense, de l’action, des rebondissements propres à la fiction.

Bande annonce

Extrait

Dossier de presse

Thématiques abordées : Réfugiés / Parcours administratif / Notion d’accueil / Confrontation à l’altérité / Conflits mondiaux / Exil

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Les règles du jeu


(106', 2014)

Lolita n'aime pas sourire. Kévin ne sait pas se vendre. Hamid n'aime pas les chefs. Thierry parle wesh. Ils ont vingt ans. Ils sont sans diplôme. Ils cherchent du travail. Pendant six mois, les coachs d'un cabinet de placement vont leur enseigner le comportement et le langage qu'il faut avoir aujourd'hui pour décrocher un emploi. A travers cet apprentissage, le film révèle l'absurdité de ces nouvelles règles du jeu.

  • Durée du tournage : plusieurs jours par semaine pendant huit mois : 130 h de rushes (conséquent pour un film documentaire).
  • Difficulté au moment du montage pour équilibrer les temps de parole entre les jeunes et les conseillers.
  • Le titre fait hommage à La règle du jeu de Renoir.
  • Choix cinématographiques : souvent des gros plans sur les visages en raison de la taille des bureaux en open space : besoin d’isoler les personnages.
  • Place de la caméra : permet la liberté du spectateur.
  • Questions abordées lors de la rencontre avec les réalisateurs suite à la projection des Règles du jeu :

    - grand intérêt pour la complexité de caractère des jeunes : quelque chose résiste en eux, ils s’obstinent à ne pas changer, et c’est précisément ce qui les condamne.
    - le cinéma est le choix (difficile) de ce qu’on ne montre pas. Choix d’exclure du film tout ce qui fait partie de la vie personnelle des jeunes, l’intérêt étant de les voir dans ce lieu où on les a déplacés, un lieu qu’ils ne fréquentent pas habituellement.
    - Travailler équivaut à trouver sa place dans le monde, ce qui est précisément refusé à ces jeunes. Le cinéma est ici marqueur de cette question, garde une trace.

Bande annonce

Les réalisateurs présentent Les règles du jeu et passent le test de l'ACID

Les règles du jeu, mode d'emploi

Thématiques abordées : (Recherche de) travail / Chômage / Emploi / Formation / Jeunesse

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