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Double projection du Pays des Sourds de Nicolas Philibert

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  • 17-05-2011
  • A Tout Doc collège

Les collèges de Pontault-Combault et de Souppes-sur-Loing organisent une projection-débat du Pays des Sourds les 9 et 14 juin.

Autour du Pays des Sourds

Les rendez-vous de juin

jaquette le pays des sourds

Pour clore les cycles A Tout Doc collèges qui ont lieu aux mois de mai et juin à Pontault-Combault et Souppes-sur-Loing, les deux collèges ont arrêté leurs dates de projection.

La classe de 4e du collège Jean Moulin de Pontault-Combault invite une autre classe à participer à la projection-débat du 9 juin à 20h au cinéma Apollo, en présence de Nicolas Philibert (sous réserve).

Le 14 juin à 20h, le collège Émile Chevalier de Souppes-sur-Loing organise une séance tout public au foyer rural autour de ce même film de Nicolas Philibert. Deux occasions de voyager au Pays des Sourds !

Entretien avec Nicolas Philibert

Comment est né le projet de ce film ?
Au début des années 1980, j'ai été contacté pour collaborer à la création de cassettes vidéo sur l'enseignement de la langue des signes. À cette occasion, je me suis inscrit à un cours qui m'a permis de découvrir une langue très riche, capable d'exprimer toutes les nuances de la pensée, très loin de la gestuelle simiesque qu'on imagine. Si le projet pédagogique est tombé à l'eau, l'envie m'est restée de faire un film sur les sourds.

Quels principes vous êtes-vous fixés avant le tournage ?
Le premier, implicite, était d'aller à la rencontre non pas des spécialistes de la surdité, mais des sourds eux-mêmes, sans a priori aucun. Le second était de ne pas recourir à un interprète. Les sourds ont été très sensibles au fait que je connaisse les rudiments de leur langue. Cela m'a ouvert toutes les portes, car c'est la langue maternelle du film.

Paradoxalement, ce film comporte beaucoup d'interviews...
En cours de route, je me suis rendu compte qu'il fallait davantage nourrir le contenu par des histoires personnelles relatées par les sourds eux-mêmes, mais sans jamais faire pencher le propos dans la compassion. À la voice over qui aurait été complètement antinomique, j'ai naturellement préféré les sous-titres afin que les spectateurs aillent d'eux-mêmes vers cette langue. C'est également pourquoi je n'ai pas voulu ajouter un commentaire, mais simplement laisser parler les images, sans enfermer celles-ci dans un discours trop directif et pédagogique.

La frontière entre sourds et entendants vous paraît-elle définitivement infranchissable ?
Rares sont chez nous ceux qui apprennent leur langue. Aux États-Unis, quand un enfant sourd intègre une classe, tous les autres élèves apprennent la langue des signes. En France, la plupart des parents d'enfants sourds ne l'apprennent pas, et même certains enseignants d'enfants sourds ne la connaissent pas.

Vous avez suivi au long du film huit élèves d'une même classe. Pourquoi avoir choisi celle-là ?
Je ne voulais pas montrer une classe trop « pilote », ni d'autres, que j'ai visitées, où les enseignants donnaient l'impression d'un renoncement. J'ai donc choisi celle-ci où, sous des apparences un peu paternalistes et rigides, j'ai constaté un profond respect des enfants et beaucoup d'exigences pour les tirer vers le haut.

Comment les sourds ont-ils reçu ce film ?
En général, ils s'en sont emparés : c'est le premier film à prendre fait et cause pour leur langue et leur culture. Il a décidé certains sourds à se regrouper en associations et permis à d'autres de lever leurs inhibitions et de « signer » en public, ce qu'ils n'avaient jamais osé faire auparavant. En revanche, certains se sont montrés plus réservés sur les scènes d'apprentissage à l'école : elles réveillaient trop de mauvais souvenirs en eux...
Propos recueillis par Isabelle Sébert et Loïc Joffredo pour la revue Téléscope (novembre 1996)

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