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2018 Le cinéma documentaire pour les collèges

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  • 07-03-2018
  • A tout doc collège

Formation autour de quatre films pour les collégiens de Provins et de Donnemarie-Dontilly.

Les quatre films retenus cette année : Sud Eau Nord Déplacer d'Antoine Boutet ; Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet ; Alamar de Pedro Gonzalez-Rubio et La vie adulte de Jean-Baptiste Mees.

Deux collèges dans l’aventure en 2018

Les collèges Lelorgne de Savigny à Provins et le collège du Montois à Donnemarie-Dontilly sont inscrits cette année. Le 30 janvier dernier, la journée est entrée directement dans le vif du sujet, à savoir les présentations critiques des films par Laurence Garret et Nicolas Hans-Martin, documentaristes de l'association Addoc, Pour travailler sur la notion de documentaire ou sa définition par rapport aux autres genres (fiction, reportage, etc) et obtenir une filmographie de titres pour illustrer ce qu'est le documentaire, rendez-vous sur la page de la formation A Tout Doc collèges de l'année dernière.

Quelques repères pour entrer dans les films

Sud Eau Nord Déplacer d'Antoine Boutet (2014)

Sud eau nord deplacer

Le Nan Shui Bei Diao - littéralement Sud Eau Nord Déplacer - est le plus gros projet de transfert d'eau au monde, entre le sud et le nord de la Chine. Sur les traces de ce chantier colossal, le film dresse la cartographie mouvementée d'un territoire d'ingénieur où le ciment bat les plaines, les fleuves quittent leur lit, les déserts deviennent forêts, où peu à peu des voix s'élèvent, réclamant justice et droit à la parole. Tandis que la matière se décompose et que les individus s'alarment, un paysage de science-fiction, contre nature, se recompose.

Voir la bande annonce.

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Les plans fixes bien léchés, presque photographiques, c’est quelque-chose qui m’attire et m’est venu par l’impossibilité de faire autrement. J’étais confronté à une nécessité de recul, parce que l’espace était très vaste, donc j’ai naturellement pris de la distance pour avoir des vues d’ensemble. À cela s’ajoutait la difficulté de parler aux gens, en tant qu’étranger. Ils étaient assez méfiants. J’ai donc préféré rester en retrait. Jusqu’où peut-on aller avec l’image seule pour raconter un projet de ce type ? Mais petit à petit, je suis passé d’un état des lieux du terrain, tel que je le voyais, à des rencontres.

Antoine Boutet

Pistes de travail autour du film

Être sensible aux indications données par les premières minutes du film

  • La scène d'exposition pose les éléments de langage du film dans son entier. On est face à un cinéma exigeant, qui prend son temps, qui demande de lâcher ce qu'on est le temps du film.
  • Les plans sont comme des estampes, chaque plan est une peinture qui se suffit à elle-même.
  • Les éléments sont posés : le paysage, le déplacement, la propagande du régime, les travailleurs dont on sent la précarité rien qu'avec la présence d'un camion et d'une chaise.
  • Présence d'une musique détachée de tout contexte chinois : apporte de la subjectivité, emmène le spectateur dans le voyage du cinéaste.
  • Dans ce projet pharaonique très chinois se joue quelque chose de nous : c'est un miroir des questions écologiques, du monde paysan, du rapport au pouvoir et à la politique.
  • En 8 minutes, on a tous les enjeux du film : la maîtrise d'un territoire immense, le lien avec la mythologie (texte du début de film), la propagande (en anglais, ce qui pose la question du destinataire), l'absurdité du projet avec l'arrosage des arbres dans le désert, l'embarquement dans un voyage (avec un long travelling), le regard de l'étranger (et la question de savoir comment on filme dans un pays dont on ne comprend pas la langue, grâce à d'autres indices comme les gestes, le paysage, etc).
  • Jeu sur la distance pour appréhender le paysage, et sur le rapprochement lorsqu'on filme l'humain et le travail.
  • Sans que le film soit immédiatement militant, le film en train de se faire pose les enjeux politiques.
  • Le visage est le dernier rempart contre l'inhumanité : le cinéma montre des visages, des individus et des histoires singulières et lutte ainsi contre l'habituelle désincarnation des problèmes.
  • Le cinéaste fait preuve d'une grande pudeur en ne montrant pas les larmes des habitants ou la démolition de leurs maisons : ses images touchent à l'universel.
  • Le titre du film multiplie les hypothèses : même s'il s'agit d'une pure traduction de la langue chinoise qui ne se conjugue pas, on peut trouver plusieurs sens à cette série de mots accolés.
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Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet (2015)

spartacus cassandra


Spartacus, jeune Rom de treize ans, et sa sœur Cassandra, dix ans, sont recueillis dans le chapiteau-squat de Camille, une drôle de fée trapéziste qui prend soin d'eux, leur offre un toit et leur montre le chemin de l'école. Mais le cœur des enfants est déchiré entre l'avenir qui s'offre à eux et leurs parents, qui vivent encore dans la rue.

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Spartacus & Cassandra a donc, naturellement, pris la forme d’un conte. D’un conte qui serait aussi un anti-conte ou un conte inversé : il ne s’agirait pas pour eux de sauver leurs parents, tâche qu’ils tentaient déjà d’accomplir, mais de se sauver eux-mêmes. (...) Camille les accompagne comme une (..) marraine dont la présence reste relativement mystérieuse tout au long du film. On ne saura jamais véritablement d’où elle vient ni ce que sont ses intentions profondes. C’est toujours à travers les questionnements des enfants, leurs inquiétudes, leur amour, qu’elle nous apparaît. Cet angle mort, ce point aveugle, était absolument nécessaire à la construction du conte : au fond, ce sont les enfants qui décident du sort de Camille et de la place qu’elle va prendre dans leur vie. Ils peuvent à tout moment, faire le choix de ne pas la suivre, de refuser son aide. Comme dans les contes, la fée - ou plus souvent la sorcière - est un personnage ambigu, dont les protagonistes se méfient car elle peut les faire tomber dans un malheur plus grand s’ils échouent à l’épreuve qu’elle propose.

Ioanis Nuguet

Pistes de travail autour du film

Remarques suscitées par le film

  • Le film commence avec les voix off des enfants, une sorte de journal de leur vie en accéléré, avec des séquences d'archives et des photos. Le film se place résolument à la hauteur des enfants qui ont écrit les textes (à la demande du réalisateur) et se racontent avec leurs mots.
  • La voix off nourrit la narration, c'est le fil rouge du film (lien avec le film Moi, un Noir de Jean Rouch, où le protagoniste raconte le film qui défile en introduisant humour et distance)
  • L'aventure du film est l'affrontement de deux mondes qui prennent les enfants en tenaille et les considèrent comme des êtres à part entière, confrontés à un choix cornélien.
  • Dans la première scène qui montre les enfants face au juge, le cinéaste prend le parti de ne jamais montrer le visage du juge pour en faire une autorité désincarnée, symbole de la violence institutionnelle.
  • Cette violence est restituée en fin de film par Spartacus à travers le morceau écrit par le garçon qui trouve des paroles fortes et adultes pour chanter sa situation et celle des Roms.
  • Cette fin est une relecture de tout ce qui est contenu dans le film.
  • Le film alterne les scènes difficiles (l'opposition des deux mondes, les pleurs des parents, la maturité des enfants obligés d'être adultes avant l'heure, la certitude qu'ils ne s'en sortiront que par eux-mêmes) et des moments plus oniriques (la parenthèse enchantée à la campagne avec Camille, des moments de complicité, le droit d'être à nouveau des enfants insouciants).
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Alamar de Pedro Gonzalez-Rubio (2010)

alamar


Jorge et Roberta viennent de deux mondes différents. Elle est Italienne, il est Maya, et de leur amour est né un petit garçon, Natan, à Rome. Jorge est retourné vivre au Mexique, et Natan a très envie de rejoindre son père pour passer les vacances avec lui. Ensemble, ils rejoignent Matraca, le père de Jorge qui vit dans une maison sur pilotis, dort dans un hamac et vit de la pêche. Ensemble, le grand-père, le père et le fils traquent la langouste et les poissons exotiques. Natan apprend alors à écailler le poisson, s'initie à la lutte, découvre de nouvelles plantes, de nouvelles espèces animales et une nouvelle façon de vivre, bien loin de tout ce qu'il a pu connaître en Europe.

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Blanquita l'oiseau a été un vrai don du ciel.(...) Jorge l'a tout de suite mise à l'aise. La patience qu'il a avec Blanquita rappelle celle dont il fait preuve avec son fils. Evidemment, rien de tout cela n'était écrit. Le scénario se résumait à quelques grandes lignes, et beaucoup de choses se sont jouées au moment du tournage grâce à l'improvisation et aussi, tout simplement, à ce qui arrive. Un peu plus tôt dans le film, Jorge et Natan avaient fait la connaissance de Blanquita. Il y avait très peu de chance qu'elle revienne. Quand c'est arrivé, je savais que je devais filmer, absolument.

Pedro Gonzalez-Rubio

Pistes de travail autour du film

Être sensible aux indications données par les premières et les dernières minutes du film

  • Postulat de départ posé grâce à des photos et archives familiales : entrée dans l'intimité de la famille.
  • La succession de plans suivant le réveil du garçon montre en peu de temps la belle relation qu'il entretient avec sa mère.
  • La longueur du voyage effectué avec le père est signifiée par de longs plans silencieux et contemplatifs, des gestes tendres et protecteurs du père envers son fils malade en mer. Les plans s'étirant pendant le voyage induisent un nouveau rapport au temps et à la nature.
  • Le titre du film mis en scène dans l'ouverture de la fenêtre laisse présager du fait que le film est une fenêtre ouverte sur le monde.
  • Le père et le fils construisent ensemble le décor du film et des vacances : la séparation est bien un passage, mais pas forcément triste.
  • La caméra, très proche, est douce, intense et respectueuse mais jamais intrusive.
  • La mise en scène très présente lance des pistes du côté de la fiction. Les personnages et les décors très esthétiques présupposent que la rencontre s'est faite bien en amont.
  • Le cinéaste, mexicain comme le père de Natan, adhère à la cosmogonie, la magie du monde, des éléments, des ancêtres et restitue cette philosophie de vie dans son film.
  • Même si ce monde n'est peuplé que d'hommes, la grâce et la délicatesse du père donnent une touche féminine manquante. Même si le film est empli de douceur, de bienveillance et met la nature en valeur, il questionne le monde contemporain sans tomber dans un veine dénonciatrice pour autant. Le retour à la vie "moderne", emmené par la bouteille à la mer longuement préparée, n'occasionne pas de jugement de valeur sur la supériorité d'un monde sur l'autre.
  • Le texte explicatif en fin de documentaire ouvre sur les problèmes écologiques et les trois âges de la vie (grand-père, père, fils). Le film questionne le monde de demain.
  • La beauté du dernier plan et la voix hors champ du grand-père font entrer l’inquiétude pour l'avenir dans le film. La bouteille à la mer (appel à l'aide) et la bulle de savon qui explose insistent sur la fragilité de l'équilibre naturel.
  • Le film montre le côté éphémère de l'enfance et attire l'attention sur les choses auxquelles être attentifs avant qu'on ne les perde.
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La vie adulte de Jean-Baptiste Mees (2016)

vie adulte

Anthony habite une petite ville portuaire au bord de la méditerranée. À l’école il apprend à réparer des bateaux, et avec ses copains il vit mille aventures et petites histoires. Le problème d’Anthony, c’est qu’il parle trop, qu’il bouge trop, qu’il se bat trop aussi. À l’approche de ses 18 ans et de l’examen du CAP, ses professeurs lui demandent de grandir, de devenir adulte. "Changer, c’est difficile" leur rétorque‐il. Pourtant, cet été le jeune homme a découvert quelque chose à propos de lui‐même : sous l’eau, il est différent.

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Le désir d’Anthony incarnait quelque chose de très fort pour moi: Au delà d’un projet professionnel concret, il avait trouvé quelque chose qui l’apaisait, qui correspondait à sa nature profonde. Plus encore, il porte en lui (...) la possibilité de quelque chose de l’ordre de l’aventure et du merveilleux dans la vie adulte. Les étapes initiatiques de l’apprentissage de la plongée ont guidé la réalisation du film et j’ai cherché à saisir le caractère extraordinaire de ce qui s’ouvrait à Anthony alors qu’il avait 17 ans.

Jean-Baptiste Mees

Pistes de travail autour du film

  •  Découvrez le script du film tel qu'il a été rédigé par Jean-Baptiste Mees à la recherche de financements pendant la phase d’écriture. On y retrouve les motivations, points de vue et sentiments de ce jeune réalisateur.
Être sensible aux indications données par les premières minutes du film

  • L'élément liquide est immédiatement introduit par le traitement de l'image et du son dans la boite de nuit : la musique est entendue comme au travers de l'eau)
  •  Le personnage principal est identifié comme appartenant à un groupe dont il sera difficile de le détacher.
  •  la question du point de vue choisi par le réalisateur se pose rapidement : lorsque le groupe est filmé, ce n'est pas toujours depuis le point du vue du personnage principal. Un de ses amis est également suivi pendant un temps. Le film a été écrit après le repérage de l'institut : le personnage principal peut être n'importe lequel des garçons puisqu'on entre rarement dans son intimité.
  • La séquence de la classe s'interrogeant sur ce qui fait qu'on est adulte ne permet pas de délimiter les enjeux formels. La gêne du spectateur pourrait venir du fait que les personnages sont très conscients de la caméra mais sans réussir à en faire quelque chose. C'est l'occasion pour le spectateur de se questionner sur ce qui fait cinéma. Un plan réussi nécessite qu'on sait ce qu'on regarde et d'où on le regarde, de quel point de vue on se place.
  • Le film est un peu plus pauvre que les précédents d'un point de vue cinématographique, c'est une autre réalité de ce qu'est le cinéma documentaire d'aujourd'hui.
  • La relation entre filmeur et filmé est construite que dans un film comme 17 ans de Didier Nion par exemple. La relation est ici en trin de se construire, on sent que la rencontre est moins poussée que dans d'autres documentaires.
  • Tous les passages qui évoquent la relation d'Anthony avec l'eau (expliquée par lui-même en off) sont l'occasion d'un traitement sonore particulier.
  • Le rendez-vous est manqué alors que tous les ingrédients étaient présents. Un réalisateur à suivre malgré tout après ce premier film mitigé.
Être sensible aux indications données par les premières minutes du film
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Aller plus loin...

Un peu de vocabulaire

Le cinéma documentaire est avant tout... du cinéma !

Plan : unité narrative
Séquence : une suite de plans
Montage : l'écriture, le langage du cinéma

Le cœur du documentaire est la relation entre le filmeur et le filmé : chaque film en parle, à sa manière.

Un film est un mélange de narration (quelle histoire on veut raconter) et de dramaturgie (comment on la raconte), par des choix de cadre, de musique, de distance, etc

Le cinéma documentaire change les personnes qui sont filmées, par la possibilité qui leur est offerte de s'exprimer, et aussi celles qui filment, qui sortent transformées de l'expérience comme on est transformés par une rencontre.

Le cinéaste doit tenir sa place de cinéaste face aux personnes qu'il filme. Il doit montrer ce qu'il doit, pas obéir aux personnes qu'il filme. Garder sa place permet aux choses d'advenir car le film en train de se faire rend les choses possibles.

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Conseils pour travailler autour des films

Séquencer les extraits en racontant le film : regarder les 5-8 premières minutes des films pour en montrer les enjeux.

passer 2 ou 3 autres extraits pour illustrer le déroulement de l'histoire et montrer comment se déploie la narration : l'occasion est créée pour échanger, discuter.

Visionner le début ensemble est important pour déclencher des envies et travailler sur les attentes du spectateur. Visionner le film dans son entier (longtemps) après permet de travailler sur l'écart entre les attentes et le film. Laisser passer du temps entre le première présentation et le visionnage laisse le temps au film de travailler et d'infuser dans l'esprit des élèves.

C'est l'occasion de revenir sur ce que c'est d'être un spectateur et d'avoir des attentes (déçues ou non) face à un film. Cela créé de l'activité et éloigne la passivité de la réception du spectateur.

Le film documentaire est un bon médium d'écriture : le spectateur est là aussi actif. Travailler sur les attentes déçues, c'est raviver sa capacité à rêver, interroger chacun sur son rapport intime et personnel au sujet évoqué.

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Animer un débat après une projection

Se faire confiance et faire confiance au public ! Tout spectateur, même sans connaissance cinématographique, a ressenti quelque chose face à un film. Chacun est libre de ses interprétations, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse en cinéma. Le débat qui suit le visionnage d'un film ou la rencontre avec son réalisateur est davantage un lien entre le spectateur et le film. Si le film est bon, il est porteur de toutes les questions, et de toutes les solutions en même temps. Plus il est riche, plus les interprétations possibles sont nombreuses. La seule mission du médiateur est de veiller à ce que le débat porte aussi sur la forme, et ne soit pas ramené au seul fond.

Pour parler d'un film, il faut donc faire confiance à ses sensations de spectateur, à son état du moment. Pour être à l'aise, il est préférable d'avoir vu le film plusieurs fois, et de l'apprécier : on parle toujours mieux des films qu'on aime. Pour lancer un débat on peut mémoriser les premières images du film. Aucun choix n'étant anodin, se demander pourquoi un film qui commence sur tel type d'images peut enclencher une réflexion. On peut également mémoriser les séquences qu'on a appréciées pour pouvoir les retranscrire au public et partager des impressions. On peut préparer la séance en réfléchissant aux liens qui existent souvent entre les premières et les dernières images du film. Créer des passerelles avec d'autres films qu'on connaît bien et qu'on apprécie peut se révéler intéressant. Et parfois, les scènes les plus difficiles à appréhender se révèlent porteuses de sens et d'intérêt et suscitent les débats les plus riches.

A vous de jouer !

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Pourquoi A Tout doc dans un collège ?



L’enjeu est de développer chez les jeunes l’analyse et la critique de l’image et de les sensibiliser au cinéma documentaire à partir de 4 films sélectionnés par Addoc et la MD77 . Le dispositif s'adresse à 4 classes par collège. Il se décline en 3 temps :

  • 1 jour de formation pour les enseignants et bibliothécaires porteurs du projet
  • 1 temps d’immersion dans le film et d'analyse d’images avec un documentariste
  • 1 rencontre finale avec le réalisateur.