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Jérôme Pellissier

Essai, roman.

Portrait noir et blanc de Jérôme PELISSIER
© Olivier Pasquiers

La vie

Écrivain, formateur et chercheur en psychogérontologie, Jérôme Pellissier est né en 1970 et a fait des études de lettres, de linguistique et de psychologie. Depuis quelques années, il mène de front plusieurs activités.

En tant qu’écrivain, après un roman en 2002, il a écrit plusieurs essais, certains qui portent surtout sur la manière dont notre société considère les vieux et sur les relations entre les générations, d'autres qui sont davantage consacrés aux questions de prendre soin (notamment des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer).

Son dernier ouvrage est une pièce de théâtre, éditée en 2014 et jouée depuis, dont les personnages principaux sont Jean Jaurès et Charles Péguy. A travers ces personnages historiques, c'est bien une question actuelle qui est posée : celle du combat pour une société qui ne reposerait pas sur la concurrence et l'exploitation.

Extrait

Ève :

(Jetant un journal sur son bureau) Ah, je ne peux plus les compter, les colonnes et les pages, dans Le Figaro ou Le Temps, quand il y a un flic ou un patron blessé... Mais sur les ouvriers et les mineurs – c’est tous les jours, qu’il en meurt au travail – ah, pour ceux-là, pas un mot. (...) Ça me rappelle Clemenceau. (Rageuse) : Clemenceau qui à la chambre s’était permis de vous faire la leçon : « La violence grossière des ouvriers ne vous frappe pas, Monsieur Jaurès » ! Comment vous lui aviez répondu !...

Jaurès :

(Jouant le jeu, comme s’il répondait à Clemenceau)
Oui, monsieur Clemenceau, la violence, c’est chose grossière, palpable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vu, il est retenu. Un acte de brutalité, il est constaté, traîné devant les juges. Oui, monsieur Clemenceau. Le propre de l’action ouvrière, lorsqu’elle s’exagère, lorsqu’elle s’exaspère, c’est de procéder, en effet, par la brutalité visible et saisissable des actes. Ah ! Le patronat n’a pas besoin, lui, pour être violent, de le paraître. Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, calmement, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui leur résistent seront chassés. Cela ne fait pas de bruit ; c’est le travail meurtrier et silencieux de cette machine qui, dans son engrenage, a pris l’homme criant, et qui ne grince même pas quand elle le broie. Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît au grand jour, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, se dérobe et s’évanouit dans une sorte d’obscurité.

Rallumer tous les soleils : Jaurès ou la nécessité du combat
, Éditions de l'Amandier, 2014.

Les livres

    • Les Insensés, Éditions Joëlle Losfeld, 2002. Roman.
    • La nuit, tous les vieux sont gris, Éditions Bibliophane, 2003. Essai.
    • Humanitude, en collaboration avec Yves Gineste, Éditions Armand Colin, 2007. Essai.
    • La guerre des âges, Éditions Armand Colin, 2007. Essai.
    • Ces troubles qui nous troublent, Éditions Érès, 2010. Essai.
    • Le temps ne fait rien à l'affaire, Éditions de l'Aube, 2012. Essai.
    • Rallumer tous les soleils : Jaurès ou la nécessité du combat, Éditions de l'Amandier, 2014. Théâtre.

Propositions d’interventions

Conférences, formations, interventions sur les sujets en rapport avec ses écrits : Jean Jaurès, théâtre et politique, Jaurès et Péguy ; relations entre les générations, âgisme, vieillesse, jeunesse et société, etc.

coordonnées

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