imprimer (nouvelle fenêtre)

Chantal Colomb

Poésie, essai, critique littéraire, traduction de l'allemand.



© Clara Billat

La vie

Études de Lettres modernes, de philosophie, d’allemand et de psychanalyse (Sorbonne Paris IV, Paris X, Strasbourg, Montpellier). Agrégée de Lettres modernes, docteur en Littératures comparées, Master d’allemand. Maîtrise de psychanalyse. Chant soliste, 1er Prix de la Fondation Bellan, niveau supérieur, 1992.

Carrière professionnelle en lycée, à l’université Paris X (1994-2001), Paris 3 (2006-2007) et à l’Université de Trèves (Allemagne, 2007-2009). Enseignement du français et de l’allemand, de la poésie européenne.

Critique littéraire pour les revues Prétexte (1995-2000) et Europe (depuis 2003).

Extrait

Dom , un mot grave pour voix de basse, écho au bel canto du duomo . Ici on accède au sacré par une porte tournante comme dans les hôtels chics de Paris. Mais le visiteur bourgeois a tout à redouter du lieu. Une vanité sculptée le menace. Qu’il retourne sur ses pas ou bien il affrontera la mort. Rien de caressant ni de doux ici : der Tod est de marbre glacé qui vous attend l’index gauche pointé, sinistre. Il ou elle, qui peut savoir ? Son corps n’est plus qu’un squelette drapé d’un long manteau de femme ou de moine. La faux dans sa dextre, il vous attend. De son regard vide, que voit ce spectre sans sexe ? Un dieu qui vous appelle, un néant qui vous guette ? Un chant grégorien vous invite à la dernière prière. Vous qui êtes entré innocent sortirez coupable et mourrez à vous-même avant d’avoir atteint le seuil. Nul livre, fût-ce la sainte Bible, ne vous sauvera du trépas. Der Tod chante de sa voix de basse ou de contralto le requiem que vous n’entendrez pas, que déjà vous n’entendez plus. Il est trop tard, toujours trop tard. Das Ende circule dans vos veines au sang noir et la mort déjà séduit votre esprit. Homme ou femme qu’importe, son ombre vous pénètre, son corps de pierre vous étreint et vous laisse médusé. Qui êtes-vous, touriste naïf qui avez franchi cette porte sans savoir qu’elle ne s’ouvrirait plus ? Der Tod vous enlace et seul désormais, possédé par son amour infini, vous entrez dans l’éternel. Ici on ne joue pas, ici on ne rêve pas. On est de rien et d’ombre, on marche vers les profondeurs. On ne se retourne pas. Wir gehen, wir gehen et chaque jour son bras nous serre un peu plus fort. La mort, der Tod , notre ange gardien.

Errances tréviroises, Recours au poème éditeur, 2014.
, Recours au poème éditeur, 2014.

En quelques livres

      • Quai Mallarmé, Colomiers, Encres Vives, 1993, poésie.
      • Roger Munier et la « topologie de l’être », L’Harmattan, 2004, essai.
      • Portrait d’un artiste inconnu, L’Harmattan, 2014, récit.
      Direction d’ouvrages

      • En collaboration avec Jean-Baptiste Para, Europe, Bernard Noël, n° 981-982, janvier-février 2011.
      • Cahier Roger Munier, Recours au poème éditeur, livre numérique, avril 2015.
      Site Internet (en collaboration avec Soheil Azzam) : rogermunier.com

Propositions d'interventions

Conférences. Présentation de poètes contemporains.