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Sara

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  • 25-10-2011
  • Univers d'auteur

L’œuvre de Sara est mise en lumière dans une nouvelle exposition acquise par la Médiathèque départementale. A cette occasion, découvrez son univers artistique.

« La déchirure est la faille par laquelle se précipite tout ce qui dans notre être aspire à dire quelque chose d’inexprimé. »
Sara.

Les mondes de Sara présentés par la galerie « L’Art à la page »

De la fragilité de la matière ...

"Sara est une artiste qui suggère et raconte dans le silence et l’austérité du papier. Pas de parole le plus souvent.

La force de l’image en papier déchiré y supplée. Visages, profils, silhouettes, faces, dos, pleines pages, angles coupés, loin, proche… Peu de couleurs – beige/noir, gris/noir, rouge/noir – pour laisser toute sa place à la sensibilité du papier, au « tremblement de sa déchirure".

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... aux histoires intimes

"Fragilité de la matière, comme confondue avec le propos ; car au fil de ses albums, défilent toute une série de vies humaines et animales : Il est question de solitudes habitées (Mon chien et moi, A Quai), de rencontres aux allures clandestines (A travers la ville, Le rat musicien, Vagabonde), de périls surmontés(Eléphants), d’affections contenues (C’est mon Papa), d’amours qui s’attendent (Je suis amoureux), qui se trouvent (Le loup, Joséphine au restaurant), d’engagements (Révolution, Enchaîné), de mort (Du temps), de naissance (Volcan, Je suis né bonhomme).

Que l’on soit dans l’univers de ses tableaux, de ses films ou de ses albums ; dans ses décors de ville, de port ou de forêt, l’œuvre de Sara tourne autour de ce questionnement essentiel : la relation à l’autre et à soi-même. Comment s’effectue la rencontre ? comment dialoguer ? quelle est la nature réelle de L’Etre Humain ? de l’Animal ?

La réponse se profile parfois, mais le plus souvent reste en suspens, comme un miroir tendu au lecteur . A chacun d’y répondre."

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Analyse d’albums

Astrophysique

Astrophysique

Avec Astrophysique , Sara signe un album très différent de sa veine habituelle. Trois couleurs seulement, le bleu, le blanc et le noir pour dire la création de l’univers, dans un style graphique très épuré, presque minimaliste, qui donne toute sa force au texte scandé par la formule biblique : « le premier jour… », « le deuxième jour… », jusqu’au sixième.

L’album est très bien construit, avec le texte sur fond bleu page de gauche et le dessin réduit à un tracé à l’encre sur fond blanc page de droite. Le message est philosophique. L’Univers se manifeste d’abord par une spirale, celle du temps, qui prend de la vitesse, comme emportée à travers l’espace par sa propre force, sans pouvoir s’arrêter jusqu’à exploser, page noire.
Alors, cette puissance, source de vie, décide de « prendre son temps », choisit la lenteur pour se stabiliser et devenir créatrice à son tour : « ffff… ! ffff… ! Et voilà comment est né l’escargot. ».

Quelle chute ! Deux niveaux de lecture, l’un très prosaïque pour les plus petits, l’autre plus métaphysique. Hé oui ! L’univers tout entier est dans l’escargot, comme dans toute vie.

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Du temps

Du temps

Sur un fond noir, la silhouette blanche d’un homme poussant une brouette se détache. Son chien est mort et il va l’enterrer. Il a besoin de temps, le temps de la tristesse, de l’oubli. Laissant derrière lui la balle de son animal, il s’éloigne. Sur un fond blanc, la silhouette noire de l’homme se penche et retrouve la balle. Il la jette, mais un chien la ramasse et lui ramène. L’homme peut sourire enfin.

Cet album sans texte fait planer l’ombre de la mort, du deuil et du temps. La balle jaune, seul objet en couleur de l’album, est le symbole de ce temps d’avant, mais fait aussi la transition vers le temps d’après. La tristesse et la peine sont présentes puis disparaissent pour laisser la place à l’espoir du renouveau.
Le papier déchiré de Sara donne avec une économie de moyens toute la place à l’émotion. Elle évoque par la puissance de l’image et avec beaucoup de subtilité une histoire forte et grave.
Et quand le temps a fait son travail, les couleurs du livre se répondent en miroir, le noir devient blanc, le blanc devient noir, comme un passage initiatique, une transformation nécessaire.

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Ma balle perdue

Balle perdu

Une balle tombe à l’eau. Ballotée par les vagues, elle devient bateau, qui en coulant se transforme en poisson, pour devenir voiture sur le sable. Quand vient l’heure de dormir, le bout de papier rouge rejoint le grand soleil couchant et disparaît.

Dans cet album, Sara joue avec le lecteur et lui montre avec jubilation le pouvoir de la création artistique et de l’imagination. Un simple morceau de papier rouge peut tout être, tout raconter. Les couleurs sont vives et chatoyantes, sur un papier mat sans reflet. L’histoire est racontée à la première personne, mais qui est le narrateur ?
Un enfant qui joue, ou l’auteure elle-même ?
Car même le texte est prétexte au jeu sur les mots, avec l’usage d’un vocabulaire au champ lexical réduit aux mots en « aille » et qui finit sur un glossaire, comme pour ne pas finir le jeu.
En véritable militante de l’image, comme elle aime à se définir, Sara sublime ses illustrations en montrant au lecteur comment « penser par lui-même sur ces images. Le lecteur est aussi auteur. Il est auteur de son regard. »
C’est donc lui qui décidera si le papier est bateau ou poisson. Quel pouvoir...

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Nouveautés à découvrir : Le rêve, Le vent

Le rêve

« Le héros est un petit enfant nommé Arzel. Il aime écouter ses sensations, celles qu’il éprouve quand le vent d’automne souffle ; ou lorsqu’il laisse aller son imaginaire et rêve à un voyage au-dessus des nuages.

J’ai fait ces images à partir du texte d’Édith de Cornulier-Lucinière qui met les sensations sur le devant de la scène.

Comme les Métamorphoses d’Ovide et Enchaîné de Valérie Dayre, Le vent et Le rêve sont des textes qui décrivent quelque chose de la vie du corps, de ses plaisirs, de ses souffrances, de la douceur qu’il éprouve. C’est exactement ce qu’aiment mes images en papier déchiré. »
Sara.

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