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Un autre regard sur la rentrée littéraire

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  • 28-11-2013
  • Littérature

Pour mettre en avant les textes les plus aboutis, ceux qui font avancer la littérature et gardent intact le goût de lire, privilégions la littérature étrangère !

Dans un contexte économique toujours difficile, cette rentrée 2013 est encore très prolifique puisque pas moins de 555 nouveaux romans auront paru entre août et octobre ! Parmi eux 357 fictions françaises dont 86 premiers romans. Après les chiffres, des lettres et même des lettres de noblesse puisque nombre de ces titres seront primés cet automne. Voici la sélection d' Hugo Pradelle, critique et membre du comité de rédaction de la Quinzaine littéraire.

Rentrée littéraire étrangère


Les cinq langues les plus traduites dans le monde sont l’anglais, le français, l’allemand, le russe et l’italien. La France est le pays qui publie le plus d’œuvres étrangères de provenances très diverses, très loin devant les Etats-Unis : 1 livre sur 6 et 1 roman sur 3. La part de la traduction est de plus en plus importante chaque année dans le monde, en France elle s’est accrue de près de 50 % en 30 ans (dont 60 % de livres anglais). Cinq maisons d’édition françaises ont particulièrement promu la littérature étrangère : Actes Sud, Christian Bourgois, Maurice Nadeau, Gallimard et Le Seuil.

Une enfance de Jésus

une enfance de jesus

de J. M. Coetzee, traduit de l’anglais (Afrique du Sud) et publié au Seuil.

Voici le grand livre de cette rentrée étrangère ! J. M. Coetzee, prix Nobel 2003 revient au roman et retrouve avec ce texte la veine de ses grandes fables romanesques. « Fable, oui, car la matière du récit donne à lire en même temps un propos politique. Un homme et un petit garçon sont débarqués dans un nouveau pays, chassés du leur par une situation intenable. De ce nouveau pays on ne sait rien non plus , sinon qu’on y parle une sorte d’espagnol et que tous les habitants sont des réfugiés. La terre d’accueil est un immense camp. Alors qu’ils n’ont ni lieu pour dormir, ni grand-chose à manger, l’homme dit au petit garçon qui lui demande s’ils sont obligés de vivre ici, qu’il n’y a nulle part d’autre où aller.
C’est l’effacement de la mémoire qui est au cœur du propos : en entrant dans ce nouveau monde, les réfugiés doivent se débarrasser de tous leurs liens et de tous leurs passé. Ce ne sont ici que des enfants sans parents ou des parents sans enfants, des être sans désir et sans langage., forcés d’apprendre une nouvelle langue qui leur permettra de communiquer entre eux. L’enfance, dans ce roman, n’est pas simplement l’état de l’enfant. Elle est une relation au temps, une disposition de la conscience, la condition de la survie. » Extrait de « Leçon de vide » par Thiphaine Samoyault, Quinzaine littéraire n)1091 septembre 2013.

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Transatlantic

transatlantic

de Colum McCann, traduit de l’anglais (Irlande) et publié chez Belfond.

Voici un des rares auteurs à mener une réflexion sur des questions morales, politiques et sociales. Il met en scène ici un personnage inspiré de la réalité, qui très humainement se confronte à des problèmes posés par les crises économiques en Irlande et aux Etats-Unis. Colum McCann donne à la littérature une fonction morale appréciable et stimulante.

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Dans le silence du vent

dans le silence du vent

de Louise Erdrich, traduit de l’américain et publié chez Albin Michel.

Archétype du grand roman américain ; roman à plusieurs facettes, social, féministe, policier, sentimental, féministe, défendant les Indiens… Un enfant dont la mère est violé mène l’enquête pour la venger et est confronté à l’injustice dont est victime la communauté indienne.

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Compartiment n°6

compartiment n 6

de Rosa Liksom, traduit du finnois et publié chez Gallimard.

Une des très belle surprise que ce premier roman. Roman habité, bien écrit, dont l’intrigue se passe presque uniquement dans un train en Russie, à la fin des années 80, entre deux personnages, l’un Russe et l’autre Finlandaise. Quête existentielle, en même temps qu’explication des relations russo-finnoises.

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L’apocalypse des travailleurs

apocalypse des travailleurs

de Valter Hugo Mae, traduit du portugais et publié chez Métaillié.

Encore une très bonne surprise de cette rentrée littéraire étrangère. Un vrai très bon écrivain, c’est intelligent et bien écrit. L’histoire assez déprimante d’une femme de ménage et d’une péripatéticienne qui se nouent d’amitié. Entre drôlerie et tragédie...

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Une rançon

de David Malouf, traduit de l’anglais (Australie) et publié chez Albin Michel.

Célébration de la fiction et des histoires racontées, à partir d’un épisode d’un chef d’œuvre antique « L’IIliade », Priam réclamant à Achille le corps de son fils Hector. Dans un Anglais sobre et dépouillé, à la hauteur de son sujet, l’Australien retrace le tourment de Priam...

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Absolution

absolution

De Patrick Flanery, traduit de l’américain et publié chez Robert Laffont.

Une célèbre écrivaine rencontre un jeune universitaire chargée d’écrire sa biographie… Littérature et Afrique du Sud post-apartheid au menu.

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La Lucarne

la lucarne

de José Saramago, traduit du portugais et publié au Seuil.

Premier roman de Saramago, rédigé en 1953, non publié à l’époque. Roman social, roman réaliste. La vie d’un immeuble avec une galerie de personnages et cette question centrale : « Qu’est-ce que le bonheur ? » .

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Canada

canada

de Richard Ford, traduit de l’américain et publié aux éditions de l’Olivier.

L’histoire d'un gamin de 16 ans dont les parents, sans raison apparente, commettent un hold-up dans le Montana des années 60... Richard Ford est talentueux et connaît très bien les ficelles de la bonne littérature !

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Confitéor

confiteor

de Jaume Cabré, traduit du catalan et publié chez Actes Sud.

Le grand roman romanesque de cette rentrée ! Une somme de plus de 800 pages qui va du XIVe au XXIe siècle entre l'Espagne, l'Allemagne, Paris et Rome, foisonnant de personnages, d’intrigues, pour traduire les mouvements et les tragédies du monde… .

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Histoire de l’argent

histoire de l argent

d’Alan Pauls, traduit de l’espagnol (Argentine) et publié chez Bourgois.

Troisième opus d’une trilogie : « Histoire des larmes », « Histoire des cheveux ». Grand texte sur la crise économique qui a sévi en Argentine au XXième siècle. Autobiographie intelligente, utilisant beaucoup l’ironie, pour décrire avec densité les strates d’une vie à la fois intime et collective. Entre l’essai et le roman.

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Le Corps humain

Le corps humain

de Paolo Giordano, traduit de l’italien et publié au Seuil.

Pas un « roman de guerre » mais plutôt un subtil roman d’initiation par un jeune écrivain italien très talentueux. L’histoire : de jeunes hommes se trouvent confrontés à la guerre en Afghanistan où ils vont faire leurs premières armes…

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Comme les amours

Comme les amours

de Javier Marias, traduit de l’espagnol et publié chez Gallimard.

L’auteur prend ici la figure du Colonel Chabert, éminent personnage balzacien, comme une métaphore. C’est l’histoire d’une jeune femme éditrice qui se retrouve seule, son mari n’est plus là. L’auteur introduit la fiction comme élément de jugement de la vie réelle. Le livre finit par dire que la mécanique du désir fonctionne exactement comme la lecture. Une langue foisonnante, une littérature ample à la façon d’Antonio Munoz Molina.

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Bleu corbeau

bleu corbeau

d’ Adriana Lisboa, traduit du portugais (Brésil) et publié chez Métaillié.

Récit initiatique où une jeune fille, pour retrouver son père, quitte son pays. Elle fait raconter à d’autres leurs souvenirs pour reconstituer sa propre histoire, faite pour eux aussi de vies en lambeaux . Récit bien construit dans une langue imagée.

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Dis-leur qu’ils ne sont que des cadavres

dis leur qu'ils ne sont que des cadavres

de Jordi Soler, traduit de l’espagnol (Mexique) et publié chez Belfond.

Un attaché culturel fait un voyage en Irlande avec un poète alcoolique sur les traces d'Antonin Artaud. On passe par sa figure tutélaire pour comprendre quelque chose de la littérature et exprimer sa puissance magique, aux limites de la folie. Récit extravagant, entre drôlerie et tragédie…

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Quelque chose est là dehors

Quelque chose est là dehors

de Richard Bausch, traduit de l’américain et publié chez Gallimard.

Richard Baush au même titre qu’Alice Munro ou Raymond Carver s’inscrit dans la grande tradition des grands nouvellistes nord-américains. Ce recueil ou chaque nouvelle s’impose comme une histoire à part entière aborde avec subtilité et acuité les thématiques de la trahison, de la fragilité des relations humaines, des choix de vie…

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La Cravate

la cravate


de Milena Michiko Flasar, traduit de l’allemand et publié aux éditions de l’Olivier.

Une petite révélation dans cette rentrée littéraire étrangère. Confrontation au Japon de deux univers culturels opposés, celui d’un homme de 60 ans et celui d’un adolescent vivant reclus dans sa chambre. Pourtant, va se créer un lien d’amitié, venu de la fragilité des situations et de l’écoute mutuelle. Phrases brèves et écriture poétique ajoutent au charme à ce texte. .

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Un destin d’exception

un-destin d exception


de Richard Yates, traduit de l’américain et publié chez Robert Laffont.

D’un auteur majeur aux Etats-Unis mais malheureusement méconnu en Europe voici relatées les relations étouffantes d’une mère et de son fils. Ce fils fait l’expérience de la liberté au moment de la mobilisation pour la guerre de 40. Portrait désenchanté des individus et de la société américaine. Un texte très fort…

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Un américain, un vrai

un americain un vrai


de Henry Roth, traduit de l’américain et publié aux éditions de l’Olivier.

Un des titres phares de cette rentrée littéraire étrangère : le cinquième volume de la série romanesque autobiographique d’Henry Roth, intitulée « A la merci d’un courant violent ». Originaire des pays de l’Est, il ne raconte pas seulement son exil mais l’histoire de l’Amérique. Dans la lignée de Steinbeck et ayant inspiré sans doute Kérouac, voici l’un des plus grands romanciers américains.

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Adieu, mon livre !

adieu mon livre


de Kensaburô Oe, traduit du japonais et publié chez Philippe Picquier.

Un vieil écrivain dans sa fin de vie se fait filmer par un ami. Un testament littéraire où sont convoqués, Beckett, Mishima, T.S. Eliot… Traversée émouvante d’un siècle de littérature et d’histoire tragique du Japon.

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Petite sélection française...

Titres phares :

La sélection proposée par Hugo Pradelle est très resserrée ! Vous pourrez l'enrichir par quelques romans français primés cette année, dont le très bon Goncourt attribué à Pierre Lemaitre pour Au revoir là-haut.

Retrouvez les articles concernant ces deux romans dans la Quinzaine Littéraire n°1090, du 1er au 15 septembre 2013.

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Prix littéraires 2013


Le Grand prix du roman de l’Académie Française ouvre la saison des principaux prix littéraires. Il est suivi des Prix Page des libraires, Femina, Médicis, puis des Prix Goncourt et Renaudot. Suivent le Prix Décembre, le Prix de Flore, et enfin l’Interallié. Pour aller encore plus loin, rendez-vous sur Prix-Littéraires.net.

Grand Prix du roman de L’Académie française

plonger


Plonger, Christophe Ono-dit-Biot chez Gallimard.

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Prix Page/América

l autre cote des docks


L’Autre côté des docks, d’Ivy Pochoda chez Liana Levi.

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Prix Goncourt

au revoir la-haut


Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre chez Albin Michel.

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Prix Renaudot

naissance


Naissance, de Yann Moix chez Grasset.

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Prix Décembre

la reforme de l opera de pekin


La Réforme de l’Opéra de Pékin, de Maël Renouard chez Payot/Rivages.

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Prix Femina

la saison de l ombre


La Saison de l’ombre, de Léonora Miano chez Grasset.

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Prix Médicis

il faut beaucoup aimer les hommes


Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq publié chez P.O.L.

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Prix Goncourt des Lycéens

le quatrième mur


Le Quatrième mur, de Sorj Chalandon publié chez Grasset.

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Prix Goncourt du premier roman

Un homme efface


Un homme effacé, d' Alexandre Postel chez Gallimard.

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Prix de Flore

tout cela n a rien a voir avec moi


Tout cela n’a rien à voir avec moi, de Monica Sabolo chez Lattès.

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Prix Interallié

Moment d'un couple


Moment d'un couple, de Nelly Alard chez Gallimard.

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Prix Nobel de littérature

alice munro

Attribué à l’écrivaine américaine Alice Munro pour l’ensemble de son œuvre.

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