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Où est la lune ? Texte de Jung Chang-Hoon; ill. de Jang Ho.
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- 03-11-2010
- Sciences
Un documentaire jeunesse coréen d'un pays où le calendrier lunaire fut longtemps utilisé.
Où est la lune ?
Philippe Picquier, qui a fait de sa passion pour l’Asie la spécificité de sa maison d’édition, se distingue encore en éditant ce beau documentaire jeunesse coréen.
Jung Chang-hoon, astronome et journaliste coréen qui se consacre maintenant à l’écriture de romans scientifiques, raconte très simplement la genèse de cet ouvrage destiné à un public jeune (à partir de 5 ans) : « Un soir, mon fils me demanda d’aller avec lui observer la lune (…) Après le dîner, nous nous sommes rendus dans un parc du quartier. Mais nous avons eu beau scruter le ciel, nous n’avons pas aperçu la moindre petite lune. Mon fils m’a regardé d’un œil interrogateur. Il n’avait jamais imaginé qu’il pouvait y avoir une nuit sans lune. »
Cette histoire familiale intime est transposée par le biais du personnage principal du livre, une fillette en polo rayé, accompagnée par moment de son père et de son chat, et qui observe la lune croitre et décroitre selon son rythme naturel. La portée scientifique du documentaire n’est donc jamais délivrée de façon brute, le lecteur est personnalisé symboliquement dans cette fillette, qui est à l’âge des apprentissages, de la curiosité, des questionnements incessants.
L’auteur invite ainsi le lecteur à une promenade nocturne, prétexte à une contemplation de la lune. Les principaux thèmes abordés dans l’ouvrage sont les rythmes de la lune, le lien avec les marées, et quelques anecdotes sur la lune, cette fois sous une forme plus strictement documentaire.
Le vocabulaire est simple et précis, le ton pédagogique, didactique, il s’agit de poser les connaissances de base, et le rythme est assez lent pour laisser le lecteur s’imprégner du rythme lunaire, en complémentarité parfaite avec la poésie et la délicatesse des illustrations de Jang Ho. Le documentaire est d’ailleurs uniquement illustré par l’univers pictural de cet artiste, qui utilise le panel de couleurs du registre de la nuit, avec des images sans cerne, des effets de matière vaporeux, flous. Ces illustrations sont très douces, la lune y est centrale, parfois elle prend toute la page, dans un halo blanc lumineux.
La force de cet ouvrage est de créer une passerelle invisible entre le documentaire scientifique et la poésie de la contemplation, de réussir à recréer l’émerveillement enfantin ressenti face à la lune. Le documentaire distille également de manière très subtile, presque invisible, une réflexion philosophique sur la place de l’homme dans la nature : l’omniprésence contemplative et réflexive de la fillette dans le documentaire plaçant l’homme à la fois au-dessus et au milieu de la nature.
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