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Histoires à partager

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  • 12-05-2011
  • Jeunesse
  • Par Contributeur Médiathèque

Voici quelques échappées dans l’univers poétique de très beaux textes illustrés.

Histoires à partager

Le grand voyage

le grand voyage

Le grand voyage /Anna Castagnoli, Gabriel Pacheco (ill.). OQO éditions, 2010. Prix Isaac Diaz Pardo du livre illustré 2009.

Un petit garçon imagine un grand voyage. Un grand voyage à bord d’un bateau. Un bateau capable de voler comme un avion, d’aller sous l’eau et sur la terre. Un bateau particulier pour un voyage singulier.

Dans cette histoire, le rêve du petit garçon est au cœur de l’aventure ; une aventure pour toucher les nuages, visiter le pays des pingouins, sauver les lions et les éléphants, traverser des régions en guerre, rejoindre le bout du monde et rentrer tel un héros… Mais qui est donc ce petit bonhomme, chapeau haut-de-forme et lunettes rondes qui apparaît de façon récurrente au fil de l’histoire ?

Le texte d’ Anna Castagnoli à la fois simple et poétique est magnifiquement servi par les illustrations de Gabriel Pacheco. Jamais redondantes, elles évoquent l’univers onirique de ce petit garçon : l’absence de perspective, des décors comme en apesanteur, des couleurs incertaines dans les tons beige/marron accentuent la sensation de rêve et d’évasion. Et tout au long du livre, des éléments disséminés rappellent le voyage : une valise, des avions de papier, une longue vue, un avion improbable…

Créées en 2005 en Espagne et 2007 en France, les éditions OQO proposent un catalogue axé sur la littérature jeunesse. Selon sa fondatrice : « Le pari est de créer un espace de création pour auteurs et illustrateurs qui offrent aux jeunes lecteurs la possibilité de développer leur créativité. Notre objectif est d’éduquer le regard des enfants à travers différentes propositions plastiques dans l’illustration ». Pari réussi !

Ln.

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Un petit nuage

un petit nuage

Un petit nuage / Patrick Tillard, Barroux (ill.). Kilowatt, 2010.

Yoël, petit garçon juif polonais est raflé avec son père et d’autres habitants de son village. Commence alors une marche forcée. Yoël se sent fort grâce à la présence de son père « Mon père constitue mon seul rempart contre la peur ».
Sentant la fin du périple approcher et l’issue fatale, le père si affectueux et réconfortant désigne alors à Yoël, un nuage, comme lieu de leurs prochaines retrouvailles. Harcelé et violenté par les soldats allemands, le groupe se trouve bientôt au sommet d’une colline, au bord d’une fosse…

Ce texte sobre évoque une réalité, l’extermination des juifs. L’histoire est racontée par le jeune garçon. L’emploi du « je » narratif renforce la dureté et l’inéluctabilité de la situation : « Je cours, je trébuche avec les autres … Je ne veux pas arriver en haut de la colline ». Et cette dernière phrase dite de concert par le père et son fils : « Je t’attends sur le nuage ».

Les illustrations de Barroux au trait noir, épais, peu précis, sans fioritures, représentent les hommes comme des ombres et accentuent l’inhumanité de la situation . Pourtant, que d’expression sur ces visages : la peur, l’angoisse mais aussi l’amour entre ce petit garçon et son père. L’illustrateur utilise peu de couleurs, du beige/marron pour la terre, du bleu pour le ciel et le rouge vif, agressif qui ponctue le récit d’une violence grandissante : le sang, les bombes et les hurlements des soldats.

On pense au film « La vie est belle » de Roberto Benigni. Quelques points de repères historiques à la fin de l’album permettent au jeune lecteur de comprendre l’Histoire. Malgré de nombreux ouvrages pour la jeunesse sur cette période sombre, cet album est une belle réussite émanant d’une petit maison d’édition lancée en 2007 par Galia Tapiero et Barroux.

Ln.

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La lettre des oiseaux

la lettre des oiseaux


La lettre des oiseaux / Agnès Bertron-Martin, Aurélie Blanz (ill.). Nathan, 2009.

Tiré d’un conte classique russe, cet album raconte la vie d’un facteur : Vania distribue du courrier dans tout le village sauf dans l’isba maudite. Lui non plus ne reçoit jamais de lettre, alors il décide d’installer une boite aux lettres devant sa maison. Un jour, ce n’est pas du courrier qu’il découvre dans sa besace mais un oiseau blessé qui tient sous son aile un pli pour la maison damnée. Consciencieux et malgré une nature hostile, il glisse la lettre dans la boite de l’isba abandonnée, délivrant ainsi une jeune fille prisonnière d’un sorcier jaloux.

Un conte à lire à haute voix pour la poésie et la musicalité du texte, et à admirer pour les illustrations. Chacune est un véritable tableau.

Aurélie Blanz utilise la peinture par petites touches, à la manière des impressionnistes : des pleines pages où dominent des tons chauds, allant du jaune au violine, alternent avec des illustrations aux couleurs blafardes, synonymes de froid, d’isolement et de solitude. Et partout les oiseaux, symboles de liberté … Un hymne à l’amour et à la liberté retrouvée.

Ln.

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La grande dame et le petit garçon

La grande dame

La grande dame et le petit garçon / Geert De Kockere . Kaatje Vermeire (ill). Rouergue, 2010.

Un petit garçon, effrayé et fasciné par une grande dame l’imagine comme une ogresse mangeant les enfants. Il la rencontre au hasard, sur le chemin de l’école ou de l’épicerie jusqu’au jour où elle lui donne une carte représentant un chat. Une autre fois il l’aide à ramasser des oranges tombées de son sac et reçoit en cadeau une autre carte.

A la manière d’un conte, Geert de Kockere nous raconte une histoire d’amitié intergénérationnelle. Avec beaucoup de poésie et de simplicité, il rend compte de l’imagination des enfants dans leur relation avec des personnes âgées.

Cet imaginaire enfantin est formidablement traduit par le travail graphique de Kaatje Vermeire. La vielle dame est dessinée de façon disproportionné par rapport à l’enfant et aux décors afin de renforcer la notion de peur que ressent l’enfant. Plusieurs techniques cohabitent : collage de matières, papiers et tissus, gravure sur fond de papier bistre.
La première partie du livre est très sombre, avec une prédominance de tons marron et noirs mais dès que l’enfant et la vieille dame se sont apprivoisés, les couleurs apparaissent : diffuses mais bien réelles, comme l’amitié qui lie désormais la grande dame et le petit garçon.

Kaatje Vermeire , élève de Carl Cneut signe ici son premier album en tant qu’illustratrice. Depuis, elle a illustré un autre album sur le thème de la vieillesse : Marie et les choses de la vie.

Ln.

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L’histoire du petit tailleur

le petit tailleur

L’histoire du petit tailleur / Musique de livret Tibor Harsanyi d’après le conte des frères Grimm, Marianne Le Vexier (ill). Valhermeil, 2010.

Ce livre cd est le fruit d’une collaboration entre la plasticienne Marianne Le Vexier, le Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy Pontoise, la conteuse Coco Felgeirolles et les musiciens de l’orchestre-Studio de Cergy-Pontoise.

Tout le monde connaît l’histoire de ce petit tailleur et son fameux « 7 d’un coup ».
L'histoire contée par Coco Felgeirolles alterne avec des passages musicaux prolongeant le récit. Quant aux illustrations, c’est sur fond noir que Marianne Le Vexier appose ses gravures. La mise en page soignée donne du dynamisme à la narration grâce à un jeu autour de la dimension et la forme des illustrations : rondes, ovales, carrées, pleines pages sans cadre, les gravures apportent du rythme au même titre que la musique. Espiègle, enjouée, évocatrice à la manière de Paul Dukas dans « l’apprenti sorcier » ou Serge Prokofiev dans « Pierre et le loup », elle accompagne avec réussite ce conte traditionnel.

Ln.

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Les silences des pierres

les silences des pierres

Les silences des pierres / Philippe Barbeau, Marion Janin (ill.). Editions du poisson soluble, 2010.

Au bord de la mer « Méditerranée », dans une ville joyeuse aux maisons blanches et grises, se dresse fièrement une grande maison très particulière. L’échoppe du coiffeur occupe le rez-de-chaussée, le joueur de oud habite au premier étage. Des enfants de l’est et l’ouest s’y retrouvent pour jouer et rire. Deux amis inséparables, Amine et Karim, viennent admirer et écouter les airs de cet instrument jusqu’au jour où la guerre éclate… Ils se séparent, les années meurtrières s’écoulent. Les plantes envahissent la rue, dessinant une ligne verte comme une frontière, une blessure marquée par la guerre.
Seul le coiffeur continue à travailler comme avant dans l’espoir de retrouver la paix et les habitants enfin réunis.

Philippe Barbeau , nous démontre, grâce à la force paisible des mots, que tout peut basculer dans la terreur du jour au lendemain. Dans un univers très méditerranéen, il évoque un épisode dramatique de l’histoire du Liban : « une ligne verte qui fracturait la ville ». A la manière d’un conteur, le coiffeur raconte l’histoire de sa ville divisée, rendant ainsi vivant un récit sombre.
L’auteur met en évidence le caractère immuable des pierres et des matériaux, signe de mémoire et d’empreintes même au plus fort de la guerre ; « Les pierres ont parfois des silences qui apaisent, qui enchantent, qui séparent, qui protègent, qui désolent … »

Marion Janin , nous propose des illustrations extraordinaires, délicates et émouvantes. Un magnifique album aux traits précis et réalistes. Les couleurs dominantes sont le blanc et le gris. L’illustratrice ajoute de la couleur pour accentuer et mettre en valeur les détails des maisons, des habitants, de la guerre.
Ce texte poétique aux illustrations sensibles se termine sur une note d’espoir : la guerre finit et tous les habitants sont à nouveau réunis.

Margot.

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Alice au Pays des Merveilles

Alice aux pays des merveilles

Alice au Pays des Merveilles / Lewis Carroll, Rébecca Dautremer (ill.). Gautier- Languereau, 2010.

« Alice commençait à se sentir fatiguée de rester assise sur l’herbe à ne rien faire. A côté d’elle, sa sœur lisait un stupide livre sans images ni dialogues. Quelle drôle d’idée ! pensait Alice. Peut-on vraiment s’amuser à lire un livre où il n’y a ni images, ni dialogues ? » (extrait texte intégral du texte de Lewis Carroll).
Tout à coup, elle aperçoit un lapin blanc habillé, qui parle. Intriguée, elle décide de le suivre lorsqu’il pénètre dans un terrier. Elle tombe dans un grand puits et se retrouve dans un long couloir avec des portes fermées. Alice découvre une clé en or, ouvre une petite porte et découvre un pays magique et merveilleux.

Après l’album « Le petit poucet », Rébecca Dautremer revient avec un conte merveilleux et intemporel. Pour cette nouvelle parution, la maison d’édition Gautier-Languerau a souhaité garder le texte original et intégral. L’album se compose de 12 chapitres, de portraits, de planches couleurs et de 20 dessins crayonnés en noir et blanc.
L’illustratrice, nous surprend dès la première de couverture : on aperçoit une Alice aux cheveux bruns, avec une frange, au regard rêveur. Rébecca Dautremer reste fidèle à l’auteur : elle dessine Alice Lidell, le personnage d’Alice aux Pays des Merveilles, photographiée par Lewis Carroll. Vous retrouverez ce cliché à la fin de l’ouvrage.
Les personnages peu sympathiques évoluent dans une atmosphère humide : « oiseaux aux plumes détrempées ou animaux à la fourrure aplatie, tout le monde ruisselait (... )».
Comme pour ses précédents albums, le rouge prédomine mais ici elle enrichit sa palette et propose les couleurs verte, jaune. Ce choix donne vie aux personnages et aux scènes.
Un album d’exception, aux illustrations intenses et détaillées qu’on ne se lasse pas d’admirer !

Margot.

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