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En attendant «Premières pages»

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  • 26-10-2010
  • Petite enfance

Les bibliothécaires vous proposent leurs derniers coups de cœur d'albums pour les tout-petits.

Les coups de coeur des bibliothécaires


A la mer de Isabelle Gil

A la mer

Isabelle GIL, Ecole des loisirs, 2010 coll. Loulou & Cie.

Le héros de cette histoire, un ours en guimauve, habite en bord de mer. Pourvu de deux yeux qui ne sont pas sans rappeler ceux des poissons, il est savamment mis en scène par le talent photographique d’Isabelle Gil et constitue un imagier original sur le thème de la mer. Sur la plage, dans les rochers, à la pêche, avec son ami John le poisson lune , ce personnage en chocolat régalera les plus jeunes et leurs parents. Après nous avoir enchantés en 2008 avec ces même nounours en guimauve dans un album sur la numération, la photographe Isabelle Gil plonge ici dans le milieu marin.

Ln.

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C'est à moi d'abord : Soon-Hee Jeong

C’est à moi, d’abord

SOON-HEE Jeong. Didier jeunesse, 2010.

Cet album aborde le thème de la fratrie au travers d’une histoire de dispute entre deux sœurs. Chaque fois que la grande sœur souhaite lire un livre, dessiner ou construire une maison avec des cubes, sa petite sœur lui rétorque un « Non, c’est à moi » ferme et définitif. Mais heureusement, ce conflit finira dans une joyeuse partie de jeux d’eau.

Dès la couverture le ton est donné avec cette petite fille au regard malicieux qui serre fort entre ses mains livre, crayons, cubes et autres jouets…

Cette jeune auteure coréenne décrit avec délicatesse et réalisme le monde de l’enfant grâce à une mise en page simple et efficace : les illustrations pleine page sur fond blanc, sans décor, renforcent l’opposition entre les deux enfants ; page de droite la petite sœur, espiègle et peu partageuse fait face à sa grande sœur plus calme et réfléchie.

Pourtant cette impression de conflit est atténuée par des dessins crayonnés dans les tons pastels violine et beige. Les visages très expressifs, tout en rondeur, rappellent les mimiques enfantines : je boude, je tire la langue …

Le texte simple et efficace, sur le principe de la randonnée (« non, c’est à moi » ) agrémenté de quelques onomatopées, rythme avec efficacité les illustrations.
La typographie participe aussi du récit : tons violines, grosseur et choix des caractères en correspondance avec le discours...

Un album pour les petits à partager en famille et qui rappellera à tous des épisodes vécus.

Ln.

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A quoi ca rime ? Shibuya Junko

A quoi ça rime ?

Junko SHIBUYA. Autrement jeunesse, 2010.

Une question « A quoi ça rime ?» et de multiples réponses : main/nain, seau/eau, nuage/orage. Et toujours ce nain malin qui se promène tout au long du livre ; espiègle, joyeux, il sert de fil conducteur, mis en scène avec bonheur au gré des rimes. Le final inattendu où « roi » rime avec « moi » permet à l’enfant de se voir dans un miroir et pourquoi pas de se prendre pour le roi !

Rien n’est laissé au hasard dans cet album d’une richesse incroyable tant au niveau de l’illustration que des rimes choisies. Même le titre n’est pas anodin : « A quoi ça rime ? » fait référence aux rimes qui jalonnent l’album, mais le sens littéral questionne sur le choix des mots : la neige est beige, le seau contient de l’eau, le nuage annonce l’orage.

Ce travail sur les rimes et les sons s’enrichit d’illustrations simples et pourtant tellement riches ; découpages, aplat de couleur pleine page, double page... Une construction réfléchie qui rythme le propos tout au long de l’album : en page de gauche, un aplat de couleur chaque fois différent pour la question récurrente « A quoi ca rime ? ». En page de droite un découpage épuré illustre la première rime. Puis une illustration double page met en scène les rimes proposées.

Après avoir étudié le design et l’architecture , Junko Shibuya , jeune illustratrice d’origine japonaise devient l’élève de Komagata et Paul Kox. On comprend mieux pourquoi son univers rappelle tant celui du célèbre illustrateur japonais.

A quoi ça rime ?

A découvrir un album drôle, sensible, et qui apporte son lot de découvertes à chaque lecture.

Ln.

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Premiers printemps : Anne Crozas

Premiers printemps

Anne CRAUSAZ. MeMo, 2010

Une petite fille traverse l’année en observant l’impact des saisons sur la nature, tout en constatant l’effet que produit le changement de climat sur son corps.

Quand on lit cet album, la première chose qui captive, c’est la fluidité de l’histoire, passage d’une saison à l’autre sans changement brusque : lente transformation des arbres, changement de faune et de flore, variations des vêtements de la petite fille, héroïne sans prénom de l’album. Par tous les temps, la petite conserve sa mine réjouie, parfois rêveuse, c’est le visage ravi de quelqu’un qui découvre de nouvelles sensations, de nouveaux paysages, de nouveaux goûts.

Un sentiment de sérénité, provoqué par l’appel à la mémoire sensorielle, attrape le lecteur dès la première page pour ne plus le quitter, renforcé par la sensibilité et la délicatesse de l’illustration. Le côté rassurant de l’immuabilité du cycle des saisons abonde aussi dans ce sens, ainsi que l’objet livre : couverture cartonnée, grammage épais du papier, douceur des couleurs et du trait, précision et réalisme minimaliste du dessin.

Marion.

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La pomme rouge : Kazuo Iwamura

La pomme rouge

Kazuo IWAMURA .Ecole des loisirs, 2010

Natchan est une petite fille japonaise, très autonome, qui parcourt la campagne à la recherche d’un coin tranquille pour déguster sa belle pomme rouge. Elle trouve l’endroit idéal : le sommet d’une colline inhabitée et verdoyante. Quand, tout à coup…

Quel bonheur de retrouver le dessin de Kazuo Iwamura, qui nous a si souvent émerveillés depuis plus de trente ans, avec les nombreux albums consacrés à la famille souris (La famille souris et la mare aux libellules ; Le petit déjeuner de la famille Souris, etc.) ou encore la collection La rivière enchantée aux éditions Cerf, qui dépeint le quotidien d’une famille d’écureuils.

Dans La pomme rouge, l’auteur / illustrateur revisite trois éléments récurrents de son œuvre : la couleur rouge, la nature, les animaux.

Cependant, bien que l’on reconnaisse immédiatement l’arrondi de ses dessins, et la force des expressions des personnages, le choix de la technique et des couleurs tranchent singulièrement avec ses précédents titres. Ici, pas de peinture mais un dessin au crayon de papier, parfois écrasé au doigt pour signifier les ombres et les volumes. Aucune couleur pour le fond, seulement le blanc cassé du papier épais. La seule couleur utilisée, qui du coup tranche vivement, est le rouge de la pomme, le rouge vermillon de l’objet de toutes les convoitises. C’est le même rouge qui fait son apparition en fin d’album dans le ciel, au couché du soleil.

Cette économie de moyens rend l’œil plus attentif aux expressions des personnages et à leurs mouvements. Hors, le mouvement est au cœur de l’album, dans une descente vertigineuse de la colline par l’écureuil, le lapin, et Natchan, à la poursuite de la pomme. On ne peut qu’admirer le travail sur la mise en page et le montage de cet album, la chute est comme chorégraphiée : la pomme, puis l’écureuil, puis le lapin, puis Natchan, font le même mouvement de roulade dans l’air, exactement au même endroit de la page de droite, donnant un rythme effréné à cette chute qui semble sans fin.

On ne racontera pas la fin mais s’il fallait résumer en quelques lignes La pomme rouge, il faudrait parler d’une histoire d’amitié, de générosité où tous les personnages débordent de gentillesse et où, de ce fait, on ne voit aucune incongruité à ce qu’un animal réputé dangereux et vorace côtoie de petits mammifères dont il fait d’habitude ses repas, sans être le moins du monde tenté de les dévorer. Sans doute l’attrait de la pomme rouge est-il plus fort que tout.

Marion.

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Le ballon de Zébulon : Alice Brière-Haquet

Le ballon de Zébulon

Alice BRIERE-HAQUET, Olivier Phipponneau (ill.). Editions Philippe Auzou, 2010.

Zébulon a un ballon rouge un peu doudou qu’il emporte toujours partout. Un soir, dans la forêt, le ballon s’envole, laissant Zébulon tout seul dans le noir. Il le cherche désespérément en affrontant la nuit. Tour à tour il rencontre une chouette, deux colombes, trois escargots… qui vont l’aider à affronter ses peurs et ses angoisses.

A partir d’un sujet (la perte d’un ballon) , d’une couleur (le rouge) , Alice Brière-Hauquet et Olivier Phipponneau développent une formidable histoire sous la forme d’un conte en randonnée. En effet, à la manière d’une comptine, l’auteure utilise la répétition (« Petit Zébulon, arrête de pleurer, ton ballon, on va le chercher. Un de perdu, dix de retrouvés ») et les rimes : (« c’est la vieille chouette qui toujours guette ») pour donner du mouvement à cette histoire.

La couleur rouge dynamise l’illustration en noir et blanc réalisée avec la technique de gravure sur bois et sert de fil conducteur à la narration. Ce petit personnage, Zébulon, voit une tâche rouge et croit apercevoir son ballon. De page en page, la couleur rouge représente les yeux de la chouette, le bouton d’une pivoine…

Une délicieuse histoire pour grandir et apprendre à compter, mise en scène dans un album magnifique : beau format à l’italienne, couverture cartonnée brochée tissus et papier épais.

Margot.

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Petites et grosses bêtes : Dorothée Charles

Petites et Grosses Bêtes

Dorothée CHARLES. Editions Musée des arts décoratifs, 2010

Un chat qui fait le gros dos à un agneau, un ours à collier qui suit une grenouille, un flamant rose qui regarde un cochon…

Petites et grosses bêtes se retrouvent nez à nez formant des couples insolites.

Un bel imagier photographique mettant en scène face à face sur une double page deux jouets représentant des animaux « petits et gros ». La mise en page originale des photographies notamment l’explosion des cadres nous interpelle sur la fonction d’un imagier. Les jouets sont issus des collections du Musée des Arts Décoratifs de Paris. Cet ouvrage a été publié à l’occasion de l’exposition »Petites et Grosses bêtes », présentée du 17 juin au 17 octobre 2010 dans la Galerie des jouets du Musée des Arts Décoratifs.

A la fin de cet ouvrage, chaque jouet est référencé comme dans un catalogue d’exposition. Ce merveilleux livre s’adresse aux enfants (imagier) et aux parents (catalogue d’exposition).

Margot.

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