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Le monde en débats

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  • 13-02-2017
  • Médiathèque numérique ARTE

Le cinéma n’est pas seulement une industrie du divertissement. C’est aussi une invitation à s’ouvrir, s’interroger, se confronter, à débattre pour finalement faire bouger le monde.

Quand le cinéma invite au débat il n’y a pas de tabou, on peut aborder tous les sujets, en rire ou en pleurer, et entendre des voix plurielles.
Au grill de cette sélection, le poids des traditions, le choc de l’intégrisme, la place faite aux femmes, aux homosexuels, et de passionnants débats en perspective !

La sociologue et l’ourson / Etienne Chaillou et Mathias Théry
France - 2016 - 1h18 mn

Médiathèque numérique ARTE

De septembre 2012 à mai 2013, la France s'enflamme sur le projet de loi du Mariage pour tous. Pendant ces neuf mois de gestation législative, Ia sociologue Irène Théry raconte à son fils les enjeux du débat. De ces récits nait un cinéma d’ours en peluches, de jouets, de bouts de cartons.
Portrait intime et feuilleton national, ce film nous fait redécouvrir ce que nous pensions tous connaître : la famille.

Comment ne pas aimer le cinéma documentaire quand on voit de tels films ? La sociologue et l’ourson est évidemment passionnant sur le fond, en revenant sur la genèse de cette loi, en nous interrogeant sur ce qu’est la famille aujourd’hui. Et passionnant aussi sur la forme, avec l’idée de transformer les personnages en peluches, que l’on soit sociologue, politique, partisan ou détracteur du projet de loi.
Cela crée la distance nécessaire pour aborder ce sujet qui a divisé la France et généré de violents débats au sein de la classe politique et du peuple. Ou quand la légèreté aide à la compréhension du monde !


La chambre vide / Jasna Krajinovic
Belgique, France - 2016 - 58 mn

Mediatheque numerique ARTE

Sabri, 19 ans, a subitement quitté sa confortable vie bruxelloise pour faire le djihad en Syrie. Il y meurt quatre mois plus tard. Sa famille, seule face à cette absence soudaine et incompréhensible, décide de ne pas se taire. Son histoire croise celles d’autres parents qui s’unissent, et luttent contre l’endoctrinement des jeunes par les réseaux djihadistes.

Jasna Krajinovic, sensible à la question de la jeunesse, de la guerre et de l’endoctrinement, signe ici un film émouvant et galvanisant en montrant en parallèle l’intimité de ces familles détruites et leur combat pour se faire entendre et éviter que d’autres ne vivent le même désespoir. Car leur message nous concerne tous : si les Etats luttent tant bien que mal contre le terrorisme, ils ne se penchent jamais sur la question fondamentale de l’embrigadement et de la radicalisation.
La douleur de ces familles repose sur la non-reconnaissance de la mort de leurs enfants -empêchant tout travail de deuil-, et sur la culpabilité des parents quand leurs enfants passent pour des monstres.

Ce film propose un éclairage totalement différent de ce que les médias nous montrent habituellement : ces jeunes, fragiles et ordinaires, sont aussi des victimes. Et c’est dans ces situations que le documentaire est précieux, lui qui prend le temps de poser respirations et silences propices à la prise de recul d’où nait la pensée. Précieux par le regard qui interroge sans cesse le monde et l’altérité, et permet la parole et l’écoute.

Hors jeu / Jafar Panahi
Iran - 2006 - 1h28 mn

Un garçon étrangement calme est assis dans un bus rempli de supporters déchaînés en route pour un match de foot. En réalité, ce garçon effacé est une fille déguisée. En Iran, les femmes aussi aiment le foot mais elles ne sont pas autorisées à entrer dans les stades. Avant que le match ne commence, elle est arrêtée et confiée à la brigade des mœurs. Mais la jeune fille refuse d'abandonner et essaie de voir le match par tous les moyens.

Hors jeu fait partie de ces films qui rendent poreuses les frontières entre fiction et documentaire. Fidèle peintre de la société iranienne, Jafar Panahi plante sa caméra dans le grand stade de Téhéran le jour où l’Iran joue sa qualification en coupe du monde. Ses images prises sur le vif restituent parfaitement l’ambiance du match. Le début du film fait même monter le suspense (parviendra-t-elle à entrer ?) avant de réussir le tour de force de nous faire vivre un match de foot sans qu’on en voie une seule image à l’écran, en cantonnant le spectateur avec les jeunes filles interdites de spectacle.
C’est là que tout le talent de Panahi se dévoile, entre comédie et dénonciation d’une idéologie d’un autre âge à laquelle les soldats chargés de faire respecter la loi ne croient pas eux-mêmes. Voilà un aperçu assez édifiant de la schizophrénie qui peut régner un soir de victoire à Téhéran, où des filles vibrent pour un pays qui leur refuse les droits les plus élémentaires.

Les insoumises / Eric Guéret
France, Inde, Mali, Thaïlande, Turquie - 2013 - 1h44 mn

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Au nom de la tradition, des milliers de femmes sont chaque jour privées de leurs droits ou violentées. Certaines ont décidé de se rebeller et d'agir pour renverser cette tendance tragique.
En Inde, Ranjana refuse l'élimination des filles, tandis qu'au Mali, Kadidia lutte contre l'excision. En Thaïlande, d'autres femmes se mobilisent contre l'esclavage sexuel; en Turquie, contre les crimes d'honneur; en France, contre les violences conjugales. Des combats essentiels menés par des " Insoumises" à qui ce documentaire rend hommage et donne la parole.

Le ton est donné dès les premières secondes du film quand sont égrainés des chiffres, tristes statistiques sur les femmes violées, tuées, excisées, fœtus tués. Ces violences ont lieu partout dans le monde mais le film rappelle qu’en France aussi trop de femmes sont maltraitées, voire meurent sous les coups. Les femmes subissent, mais elles réagissent aussi et luttent. Et c’est bien la force de ce film que de montrer ces Insoumises qui font de leur vie un combat contre ces violences, quitte à bousculer hommes et traditions.
Autre force du film, il a l’intelligence de ne pas tomber dans l’opposition homme-femme et rappelle que les choses sont plus complexes. A voir et à méditer !


L’humour à mort / Daniel et Emmanuel Leconte
France - 2015 - 01h30 mn

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Le 7 janvier 2015, l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo est victime d'une attaque terroriste qui coûte la vie à douze personnes dont les plus grands dessinateurs de presse français, Cabu, Wolinski, Charb, Tignous et Honoré. Le lendemain, une policière est tuée dans la rue. Le 9 janvier, une nouvelle attaque vise des juifs de France. Quatre otages sont assassinés. Ce film est un hommage à toutes ces victimes.

Le film établit un récit chronologique, implacable, glaçant, de ces jours de janvier qui ont changé la France. Il remonte au procès des caricatures, en 2007, heureusement gagné par Charlie Hebdo, et donne la parole aux survivants et témoins des attentats. Dessinateurs, rédacteurs, co-gérant du journal, témoignent, partagés entre la douleur, la culpabilité parfois, et la volonté de ne pas se laisser abattre, portés un besoin vital de refaire un numéro et par un formidable élan populaire. Un besoin de se rassurer aussi, illustré par cette phrase de Camus, « La mort n’est pas la fin, c’est passer la vie à quelqu’un d’autre ».

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